Voir ci-dessus, p
«. Voir Eusèbe, //. E„ VK, 36.
MARG-AORÈLB. Mt
dans sa main ; une foule de gens vivaient de ses faveurs. Paul était un homme brillant, peu mystique, mondain, on grand seigneur profane, cherchant à rendre le christianisme acceptable aux gens du monde et à Pautorité. Les piétistes, comme on devait s*y attendre, le trouvèrent hérétique et le firent destituer. Paul résista et refusa d'abandonner la maison épiscopale. Voilà par où sont prises les sectes les plus allières; elles possèdent, or qui peut régler une question de propriété ou de jouissance, si ce n'est l'autorité civile? La question fut déférée h l'empereur, qui était pour le moment à Antioche, et Ton vit ce spectacle original d'un souverain infidèle et persécuteur chargé de décider qui était le véritable évêque. Aurélien montra, dans cette circonstance, un bon sens laïque assez remarquable. Il se fit apporter la correspondance des deux évêques, nota celui qui était en relation avec Rome et l'Italie, et conclut que celuilà était Févêque d' Antioche.
Le raisonnement théologique que fit, dans cette circonstance, Aurélien prêterait à bien des objections; mais un fait devenait évident, c'est que le christianisme ne pouvait plus vivre sans Tempire, et que l'empire, d'un autre côté, n'avait rien de mieux à faire que d'adopter le christianisme comme sa religion. Le monde voulait ime religion de congrégations,
Oat ORIGINES DU CHRISTIANISME.
d'églises ou de synagogues, de chapelles, une religion où l'essence du culte fût la réunion, l'associatioa, la fraternité. l.e christianisme remplissait toutes ces conditions. Son culte admirable, sa morale pure, son clergé savamment organisé, lui assuraient l'avenir.
Plusieurs fois, au m* siècle, cette nécessité historique faillit se réaliser. Cela se vit surtout au temps de ces empereurs syriens, que leur qualité d'étrangers et la bassesse de leur origine mettaient k l'abri des préjugés, et qui, malgré leurs vices, inaugurent une largeur d'idées et une tolérance inconnues jusque-l&. La même chose se revit sous Philippe l'Arabe ', en Orient sous Zénobie, et, en général, sous les empereurs que leur origine mettait en dehors du patriotisme romain.
La lutte redoubla de rage quand les grands réformateurs, Dioctétien et Maximien, crurent pouvoir donner à l'empire une nouvelle vie. L'Église triompha par ses martyrs; l'orgueil romain plia; Gonstantio vit
1. Sur le christiantsme de Philippe et de sa femme Otaoilia Severa, voir Tlllemont, Emp., III, p. !6t et suiv., i9i et suîv. : De Witte, Du chritt. de quelquet emper., p. 7 et suiv.; Aabé, Bévue archéol., sept. 18S0. Notez surtout Deoys d'Alei., dans Eus., W. É.,VII,\, 3; xLi, 9. Sur Salonine, voir De Wjlte, tfttd., p. 13 et suiv. ; Notice si<r Cacedoni, p. 33. Ce qui rend croyables 'es liens de Philippe avec l'Église, c'est que le chrlstiaaisme «tait 44* répandu dut* le Uaurao, ta pairie.
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la force inlérieure de TEglise, les populations de l'Asie Mineure, de la Syrie, de la Thrace, de la Macédoine, en un mot de la partie orientale de Tempire, déjà plus qu'à demi chrétiennes. Sa mère, qui avait été servante d'auberge à Nicomédie, fit miroiter à ses yeux un empire d'Orient, ayant son centre vers Nicée, et dont le nerf serait la faveur des évoques et de ces multitudes de pauvres matricules à l'Eglise, qui, dans les grandes villes, faisaient l'opinion. Constantin inaugura ce qu'on appelle <c la paix de l'Église », et ce qui fut en réalité la domination de l'Église. Au point de vue de l'Occident, cela nous étonne ; car les chrétiens n'étaient encore, en Occident, qu'une faible minorité; en Orient, la politique de Constantin fut non seulement naturelle, mais commandée.
La réaction de Julien fut un caprice sans portée. Après la lutte, vint l'union intime et l'amour. Théodose inaugure l'empire chrétien, c'est-à-dire la chose que l'Église, dans sa longue vie, a le plus aimée, un empire théocratique, dont l'Église est le cadre essentiel, et qui, même après avoir été détruit par les barbares, reste le rêve éternel de la conscience chrétienne, au moins dans les pays romans. Plusieurs crurent, en effet, qu'avec Théodose le but du christianisme était atteint. L'empire et le christianisme s^dentiGèrent à un tel point Tun avec l'autre que
beaucoup de docteurs conçurent la fin de Tempiie comme la fin du monde, et appliquèrent à cet événement les images apocalyptiques de la catastrophe suprême. L'Eglise orientale, qui ne fut pas gênée dans son développement par les barbares, ne se détacha jamais de cet idéal ; Constantin et Théodose restent ses deux pôles; elle y tient encore, du moins en Russie. Le grand affaiblissecneot social qui est la conséquence nécessaire d'un tel régime se mianifesta bientôt. Dévoré par le monachisme et la théocratie, l'empire d'Orient fut conune une proie offerte à l'islam; le chrétien, en Orient, devint une créature d'ordre inférieur. On arrive de la sorte à ce résultat singulier que les pays qui ont créé le christianisme ont été viclimes de leur œuvre*. La Palestine, la Syrie, l'Egypte, Chypre, l'Asie Mineure, la Macédcrfne, sont aujourd'hui des pays perdus pour la dvilisation et assujettis au joug le plus dur d'une raoe non chrétienne.
Heureusement, les choses se comportèrent en Occident d'une tout autre manière. L'empire chrétien d'Occident périt bientôt. La ville de Rome reçut de Constantin le coup le plus grave qui l'aét jamais frappée. Ce qui réussit avec Constantin, ce fut sans