PREFACE. V
en ces délicates matières à la plus importante apparition religieuse qui ait une place dans rhisloiœ. Depuis ma jeunesse, j'ai préparé ce travail. La rédaction des sept volumes dont il se compose m'a pris vingt ans. L'index général qui parait en même temps que ce volume permettra de se retrouver facilement dans une œuvre qu'il ne dépendait pas de moi de rendre moins complexe et moins chargée de détails. Je remercie la bonté infinie de m'avoir donné le temps et l'ardeur nécessaires pour remplir ce difBcile programme* Puisqu'il peut me rester quelques années de travail, je les consacrerai à compléter par un autre côté le sujet dont j'ai fait le centre de mes réflexions. Pour être strictement logique, j'aurais dû commencer une Histoire des origines du chnstianisme par une histoire du peuple juif. Le christianisme commence au viir siècle avant J.-C, au moment oii les grands prophètes, s'emparant du peuple d'Israël, en font le peuple de Dieu, chargi d'inaugurer dans le monde le culte pur. Jusque-là, le culte d'Israël n'avait pas essentiellement différé de ce culte égoïste, intéressé, qui fut celui de toutes les tribus voisines et que nous révèle l'inscription du roi Mésa, par exemple. Une révolution fut accomplie le jour où un inspiré, n'appartenant pas au sacerdoce, osa dire : « Pouvez-vous croire que Dieu se plaise à la
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fumée dfl vos victimes, à la graisse de vos boucB? Lussez le. tous ces eacrifîcea qui lui donnent la nausée; faites le bien. » Isaïe est en ce sens le premier fondateur du christianisme. Jésus n'a fait au fond que dire, en un langage populaire et charmant, ce que l'on avait dît sept cent cinquante ans avant lui en hébreu classique. Montrer comment la religion d'Israël, qui k l'OTigine n'avait peut-être aucune supériorité sur les cultes d'Ammon ou de Moab, devint une religion morale, et comment l'histoire religieuse du peuple juif a été un progrès constant vers le culte en esprit et en vérité, voilt certes ce qu'il aurait fallu montrer avant d'introduire Jésus sur la scène des faits. Mais la vie est courte et de durée incertaine. J'allai donc au plus pressé; je me Jetai au milieu du sujet, et je commençai par la vie de Jésus, supposant connues les révolutions antérieures de la religion juive. Maintenant qu'il m'a été donné de traitei-, avec tout le soin que je désirais, la partie h. laquelle je tenais le plus, je dois reprendre l'histoire antérieure et y consacrer ce qui me reste encore de tivité.
ET
LA FIN DU MONDE ANTIQUE
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LA FIN DU MONDE ANTIQUE