‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 52 sur 364 · Jbid., I · texte numérisé non relu

Jbid., I

4. Il s'agil d'Âpion Plislonice, le célèbre enoemi des juifs. HoméL, IV, 7; v, î, J7.

êO ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 163]

égarée, qui sera un jour récompensée par la connaissance de la vérité. Simon et Pierre disputent do métaphysique ; Clément et Âpion disputent de morale. Une touchante nuance de sympathie et de pitié pour les errants répand le charme sur ces pages, qu'on sent écrites par quelqu'un qui a traversé les angoisses du scepticisme et sait mieux que personne ce qu'on peut souffrir et acquérir de mérites en cherchant la vérité. Clément, comme Justin de Néapolis, a essayé de toutes les philosophies ; les hauts problèmes de l'immortalité de l'&me, des récompenses et des peines futures, de la Providence, des rapports de l'homme avec Dieu l'obsèdent; aucune école ne Ta satisfait ; il va, en désespoir de cause, se jeter dans les plus grossières superstitions, quand la voix du Christ arrive à lui. Il trouve, dans la doctrine qu'on lui donne pour celle du Christ, la réponse à tous ses doutes ; il est chrétien.

Le système de réfutation du paganisme qui fera la base de l'argumentation de tous les Pères se trouve déjà complet dans pseudo-Clément. Le sens primitif de la mythologie était perdu chez tout le monde; les vieux mythes physiques, devenus des historiettes messéantes, n'offraient plus aucun aliment pour les âmes. 11 était facile de montrer que les dieux de l'Olympe ont donné de très mauvais

(Ad 163] MARC-AURÈLB, 81

exemples et qu'en les imitant on serait un scélérat*, Apion cherche vainement à s'échapper par les explications symboliques. Clément établit sans peine l'absolue impuissance du polythéisme à produire une Kiorale sérieuse'. Clément a d'invincibles besoins de cœur : honnête, pieux, candide, il veut une religion qui satisfasse sa vive sensibilité. Un moment les deux adversaires se rappellent des souvenirs de jeunesse, dont ils se font maintenant des armes de combat. Apion avait été autrefois l'hôte du père de Clément. Voyant un jour ce dernier triste et malade des tourments qu'il se donnait pour chercher le vrai, Apion, qui avait des prétentions médicales, lui demanda ce qu'il avait: « Le mal des jeunes!... j'ai mal à l'âme », lui répondit Clément. Apion crut qu'il s'agissait d'amour, lui fit les ouvertures les plus inconvenantes et composa pour lui une pièce de littérature erotique, que Clément fait intervenir dans le débat avec plus de malice que d'à propos •.

La philosophie du livre est le déisme considéré comme un fruit de la révélation, non de la raison. L'auteur parle de Dieu, de sa nature, de ses atlri-

4 . Les païens eux-mêmes le sentaient bien. Pbilostrate, Vie^ den sophistes, II, i, 45.

t. HomélieSy iv et v.

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