‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 9 sur 364 · Pensées, ï · texte numérisé non relu

Pensées, ï

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mirer. C'est pour avoir vu à côté de lui et compris avec amour le plus beau modèle de la vie parfaite que Marc-Aurèle fui ce qu'il a été.

lYemls garde de te cëssriser, de déteindre ; cela arrive. Conserve-toi simple, hoa, pur, grave, ennemi du faste, ami de la justice, religieux, bienveillani, humain, ferme dans la pratique des devoirs. Fais tous les eiïorts pour demeurer tel que la philosoptiîe a voulu te rendre : révère les dieux, veille à la conservation des hommes. La vie est courte; le seul fruit de In vie terrestre, c'est de maintenir son ftme dans une disposition sainte, de faire des actions utiles à la société. Agis toujours comme un disciple d'Anlonin; rappelle-toi sa constance dans l'accomplissement des prescriptions de la raison, l'égalité de son humeur dans toutes les situations, sa sainteté, la sérénité de son visage, sa douceur extrême, son mépris pour la value gloire, son application à pénétrer le sens des choses; comment 11 ne laissa jamais rien passer avant de l'avoir bien examiné, bien compris; comment il supportait les reprnclies injustes sans récriminer ; comment il ne faisait rien avec précipitation; comment il n'écoutait pas les délateurs; comment il étudiait avec soin les caractères et les actions; ni médisant, ni méticuleux, ni soupçonneux, ni sophiste; se contentant de si peu dans l'tiabitation, le coucher, les vêtements, la nourriture, le service ; laborieux, patient, sobre, à ce point qu'il pouvait s'occuper jusqu'au soir de la même affaire sans avoir besoin de sortir pour ses nécessités, sinon à l'heure accoutumée. Et cette amitié toujours constante, égale, et cette bonté à supporter la contradiction, et cette ie à recevoir un avis meilleur que le sien, et cette piété ins superstiiionl... Pense à cela, pour que la dernière

[AnlOlJ MARC-AURÈLE. la

heure te trouve, comme lui, avec la conscience du bien accompli *.

La conséquence de cette philosophie auslère aurait pu être la roideur et la dureté. C'est ici que la bonté rare de la nature de Marc-Aurèle éclate dans tout son jour. Sa sévérité n'est que pour lui. Le fruit de cette grande tension d'âme, c'est une bienveillance infinie. Toute sa vie fut une étude à rendre le bien pour le mal. Après quelque triste expérience de la perversité humaine, il ne trouve, le soir, à noter que ce qui suit : a Si tu le peux, corrige-les ; dans le cas contraire, souviens-toi que c'est pour l'exercer envers eux que t'a été donnée la bienveillance. Les dieux eux-mêmes sont bienveillants pour ces êtres ; ils les aident (tant leur bonté est grande!) à se donner santé, richesse et gloire. Il t'est permis de faire comme les dieux*. » Un autre jour, les hommes furent bien méchants, car voici ce qu'il écrivit sur ses tablettes; a Tel est l'ordre de la nature : des gens de cette sorte doivent, de toute nécessité, agir ainsi. Vouloir qu'il en soit autrement^ c'est vouloir que le figuier ne produise pas de figues. Souviens-toi, en un mot, de ceci : Dans un temps bien court, toi et lui, vou:i

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