Luc, IV, 46 et suiv. Comp. Mischna, Jowa, vu
parole aussi accommodée à leur imagination riante*. On l'admirait, on le choyait, on trouvait qu'il parlait bien et que ses raisons étaient convaincantes. Les objections les plus difficiles, il les résolvait avec assurance ; le rhythme presque poétique de ses discours captivait ces populations encore jeunes , que le pédantisme des docteurs n'avait pas desséchées.
L'autorité du jeune maître allait ainsi tous les jours grandissant, et, naturellement, plus on croyait en lui, plus il croyait en lui-même. Son action était fort restreinte. Elle était toute bornée au bassin du lac de Tibériade, et même dans ce bassin, elle avait une région préférée. Le lac a cinq ou six lieues de long sur trois ou quatre de large ; quoique offrant l'apparence d'un ovale assez régulier, il forme, h partir de Tibériade jusqu'à l'entrée du Jourdain , une sorte de golfe , dont la courbe mesure environ trois lieues. Voilà, le champ où la semence de Jésus trouva enfin la terre bien préparée. Parcourons-le pas h pas, en essayant de soulever le manteau de sécheresse et de deuil dont l'a couvert le démon de l'islam.
En sortant de Tibériade , ce sont d'abord des rochers escarpés, une montagne qui semble s'écrouler dans la mer. Puis les montagnes s'écartent; une
I. Matth., VII, 28; xm,54; Marc, i> 22; vi, 4; Luc, iv, 22,31.
VIE DE JÉSUS. *^5
plaine {El-Ghoueir) s'ouvre presque au niveau du lac. C'est un délicieux bosquet de haute verdure, sillonné par d'abondantes eaux qui sortent en partie d'un grand bassin rond, de construction antique {Mn'Medawara). A l'entrée de cette plaine, qui est le pays de Génésareth proprement dit, se trouve le misérable village de Medjdel. A l'autre extrémité de la plaine (toujours en suivant la mer), on rencontre un emplacement de ville [Khan-Minyeh), de trèsbelles eaux (Am-e^Tm), un joli chemin, étroit et profond, taillé dans le roc, que certainement Jésus a souvent suivi, et qui sert de passage entre la plaine de Génésareth et le talus septentrional du lac. A un quart d'heure de là, on traverse une petite rivière d'eau salée {Ain-Tabiga) , sortant de terre par plusieurs larges sources h quelques pas du lac, et s'y jetant au milieu d'un épais fourré de verdure. Enfin, h quarante minutes plus loin, sur la pente aride qui s'étend d'Aïn-Tabiga à l'embouchure du Jourdain, on trouve quelques huttes et un ensemble de ruines assez monumentales, nommés Tell''Hu7n.
Cinq petites villes, dont l'humanité parlera éternellement autant que de tlome et d'A^thènes, étaient, du temps de Jésus, disséminées dans l'espace qui s'étend du village de Medjdel à Tell-Hum. De ces cinq villes, Magdala, Dalmanutha Capharnahum,
la
Bethsaïde, ChorazinS la première seule se laisse retrouver aujourd'hui avec certitude. L'affreux village de Medjdel a sans doute conservé le nom et la place de la bourgade qui donna à Jésus sa plus fidèle amie *. Le site de Dalmanutha ' est tout a lait ignoré*. Il n'est pas impossible que Chorazîn fut un peu dans les terres, du côté du nord ^ Quant à Bethsaïde et Capharnahum, c'est en vérité presque au hasard qu'on les place à Tell-Hum , à Aïn-et- Tin, à Khan-Minyeh, à Aïn-Medawara ^ On dirait