‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 213 sur 1128 · Papias, dans Eusèbe, Ilist. eccl., III · texte numérisé non relu

Papias, dans Eusèbe, Ilist. eccl., III

3. Marc, vi, 40; v, 15, 17, 33; vi, 49, 50; x, 32. Cf. Matth., viii, 27, 34; ix, 8; xiv, 27; xvii, 6-7; Luc, iv, 36; v, 17; viii, 25, 35, 37; ix, 34. L'Évangile apocryphe dit de Thomas rîsraélite porte ce trait jusqu'à la plus choquante absurdité. Comparez les Miracles de l'enfance, dans Thilo, Cod. apocr. iV. T., p. ex, note.

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VIE DE JÉSUS

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dons-nous-en. Un simple sorcier n'eût pas amené

I X^i'^.une révolution morale comme celle que Jésus a faite.

I V % ^o^Si le thaumaturge eût effacé dans Jésus le moraliste

\/>^^^ le réformateur religieux, il fût sorti de lui une

école de théurgie, et non le christianisme.

Le problème , du reste , se pose de la même manière pour tous les saints et les fondateurs religieux. Des faits, aujourd'hui morbides, tels que Tépilepsie, les visions, ont été autrefds un principe de force et de grandeur. La médecine sait dire le nom de la maladie qui fit la fortune de Mahomet*. Presque jusqu'à nos jours, les hommes qui ont le plus fait pour le bien de leurs semblables (l'excellent Vincent de Paul lui-même ! ) ont été, qu'ils l'aient voulu ou non, thaumaturges. Si l'on part de ce principe que tout personnage historique à qui l'on attribue des actes que nous tenons au xix* siècle pour peu sensés ou charlatanesques a été un fou ou un charlatan, toute critique est faussée. L'école d'Alexandrie fut une noble école, et cependant elle se livra aux pratiques d'une théurgie extravagante. Socrate et Pascal ne furent ^ -^ pas exempts d'hallucinations. Les faits doivent s'ex- "5^ pliquer par des causes qui leur soient proportionnéesi

4. Hysteria musctilaris de Schœnlein. Sprenger, Dos Lchm und die Lehre des Mohammad, I „ . 207 et suiv.

Les faiblesses de l'esprit humain n'engendrent que faiblesse; les grandes choses ont toujours de grandes causes dans la nature de l'homme, bien que souvent elles se produisent avec un corlige de petitesses qui, pour les esprits superficiels, en offusquent la grandeur.

Dans un sens général, il est donc vrai de dire que Jésus ne fut thaumaturge et exorciste que malgré lui. Comme cela arrive toujours dans les grandes carrières divines, il subissait les miracles que l'opinion exigeait, bien plus qu'il ne les faisait. Le miracle est d'ordinaire l'œuvre du public et non de celui à qui on l'attribue. Jésus se fût obstinément refusé à faire des prodiges, que la foule en eût créé pour lui; le plus grand miracle eût été qu'il n'en fît pas; jamais les lois de l'histoire et de la psychologie populaire n'eussent subi une plus forte dérogation. Il n'était pas plus libre que saint Bernard, que saint François d'Assise de modérer l'avidité de la foule et de ses propres disciples pour le merveilleux. Les miracles de Jésus furent une violence que lui fit son siècle, une concession que lui arracha la nécessité passagère. Aussi l'exorciste et le thaumaturge sont tom- ■ bés , Undis que le réformateur religieux vivra éternellement. V^ ^'H^^ ...fe . ^ .-l.^o.t. . { ^v^^ Même ceux qui ne croyaient pas en lui étaient

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frappés de ces actes et cherchaient h en être témoins *. Les païenf, et les gens peu initiés éprouvaient un sentiment de crainte, et cherchaient à réconduire de leur canton * . Plusieurs songeaient peut-être à abuser de son nom pour de» mouvements séditieux \ Mais la direction toute morale et •i:!ullement politique du caractère de Jésus le sauvait de ces entraînements. Son royaume à lui était dans le cercle d'enfants qu'une pareille jeunesse d'imagination et un même avant-goût du ciel avaient groupés et retenaient autour de lui.

4. Matth., XIV, h et suiv.; Marc, vi, U; Luc, ix, 7: xxiii, 8.

"*, Matth., VIII, 34; v, 47; viii, 37.

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