‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 339 sur 1128 · XI · texte numérisé non relu

XI

t. Matth., xxvii, 5.

3. Aci., 1. c; Papias, dans CEcumenius, Enafr, in Aci, Aposi., II, et dans Fr. Munier, Fragîïi. Patrum grœc. (Hafniaî, 1788). fasc. I, p. 17 et suiv.; Théophylacte, In Matth., xxvii, 5.

4. Papias, dans Munter, l. c; Théophylacte, L c. iS. II Sam., xvn, 23.

<L Psaumes lxix et cix.

VIE DE JÉSUS

pesait sur sa tête aboutit-elle à des actes violents, où l'on vit le doigt du ciel.

Le temps des grandes vengeances chrétiennes était, du reste, bien éloigné. La secte nouvelle ne fut pour rien dans la catastrophe que le judaïsme allait bientôt éprouver. La synagogue ne comprit que beaucoup plus tard à quoi l'on s'expose en appliquant des lois d'intolérance. L'empire était certes plus loin encore de soupçonner que son futur destructeur était né. Pendant près de trois cents ans, il suivra sa voie sans se douter qu'à côté de lui croissent des principes destinés à faire subir à l'humanité une complète transformation. A la fois théocratique et démocratique, l'idée jetée par Jésus dans le monde fut, avec l'invasion des Germains, la cause de dissolution la plus active pour l'œuvre des Césars. D'une part, le droit de tous les hommes à participer au royaume de Dieu était proclamé. De l'autre, la religion était désormais en principe séparée de l'Etat. Les droits de la conscience, soustraits à la loi politique, arrivent à constituer un pouvoir nouveau , le « pouvoir spirituel ». Ce pouvoir a menti plus d'une fois à son origine; diu^ant des siècles, les évêques ont été des " princes et le pape a été un roi. L'empire prétendu ' des âmes s'est montré à diverses reprises comme une affreuse tyrannie , employant pour se maintenir

la torture et le bûcher. Mais le jour viendra où la séparation portera ses fruits, où le domaine aes choses de l'esprit cessera de s'appeler un « pouvoir » pour s'appeler une «liberté». Sorti de l'affirmation hardie d'un homme du peuple, éclos devant le peuple, aimé et admiré d'abord du peuple, le christianisme fut empreint d'un caractère originel qui ne s'effacera jamais. Il fut le premier triomphe de la révolution , la victoire du sentiment populaire, l'avènement des simples de cœur, l'inauguration du beau comme le peuple l'entend. Jésus ouvrit ainsi dans les sociétés aristocratiques de l'antiquité la brèche par laquelle

tout passera.

Le pouvoir civil, en effet, bien qu'innocent de la mort de Jésus (il ne fit que contre-signer la sentence, et encore malgré lui), devait en porter lourdement la responsabilité. En présidant à la acène du Calvaire, l'État se porta le coup le plus grave. Une légende pleine d'irrévérences de toute sorte prévalut et fit le tour du monde, légende où les autorités constituées jouent un rôle odieux, où c'est l'accusé qui a raison, où les juges et les gens de police se liguent contre la vérité. Séditieuse au plus haut degré, l'histoire de la Passion, répandue par des millions d'images populaires , montre les aigles romaines sanctionnant le plus inique des supplices, des soldats l'exécutant, un

VIE DE JÉSOS. **'

préfet l'ordonnant. Quel coup pour toutes les puissances établies ! Elles ne s'en sont jamais bien relevées. Comment prendre à l'égard des pauvres gens des airs d'infaillibilité, quand on a sur la conscience la grande méprise de Gethsémani*?

4 Ce sentiment populaire vivait encore en Bretagne au temps de mon enfance. Le gendarme y était considéré, comme ailleun, .c juif, avec une sorte de répulsion pieuse ; car c'est lu. qu. arreU }ésusl

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