‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 354 sur 1128 · Exode, îii, 46; Nombres, ix · texte numérisé non relu

Exode, îii, 46; Nombres, ix

3. Jean, xix, 29. Comp. Exode, xii, 22; LéviU, iiv, 4, 6, 49, 5t, 52 1 Nombres, xix, 6; Hébr., ix, 19.

t. Comp. Jean, m, 5; I Joh., v, 6.

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ment arrivées, circonstances que l'esprit subtil des disciples put remarquer après coup et où il vit de profondes combinaisons providentielles îjle ne connais rien déplus instructif à cet égard que la comparaison de ce qui concerne le breuvage offert à Jésus avant le crucifiement dans Marc (xv, 23) et dans Matthieu (xxviii, 3Ù). Marc ici, comme presque toujours, est le plus original. D'après son récit, on offre à Jésus, selon l'usage, un vin aromatisé pour l'étourdir. Cela n'a nen de messianique. Chez Matthieu, le vin aromatisé devient du fiel et du vinaigre; on obtient ainsi un prétendu accomplissèment du verset 22 du Ps. lxix. Voilà donc un cas où nous prenons sur le fait le procédé de transformation. Si nous n'avions que le récit de Matthieu, nous serions autorisés à croire que cette circonstance est de pure invention , qu'elle a été créée pour obtenir la réalisation d'un passage supposé relatif au Messie. Mais le récit de Marc prouve bien qu'il y eut dans ce cas un fait réel, qu'on plia aux besoins de l'in-^ terprétation messianique.

§ 10. A l'ensevelissement, Nicodème, personnage propre à notre Évangile, reparaît. On fait observer que ce personnage n'a aucun rôle dans la première histoire apostolique. { Mais sur les douze apôtres, sept ou huit disparaissent com- Slétement après la mort de Jésus^U semble qu'il y eut auprès de Jésus des groupes qui l'acceptèrent à des degrés fort divers, et dont quelques-uns ne figurèrent pas dans l'histoire de l'Église. L'auteur des renseignements qui forment la base de notre Évangile a pu connaître des amis de Jésus restés inconn-\s aux synoptiques , lesquels vécurent dans un monde molûs large. Le personnel évangélique fut très-différent dans les différentes familles chrétiennes. Jacques, frère du Seigneur, homme de première importance pour' saint Paul, n'a qu'un rôle tout à fait secondaire aux

yJU dire des synoptiques et de notre auteur. Marie de Magdala, x

iv-eUoA,^ui' selon les quatre textes, joua un rôle capital à la résurrection, n'est pas mise par saint Paul au nombre des personnes auxquelles Jésus se montra, et, après cette heure solennelle , on ne la voit plus. Il en fut de même pour le bàbisme. Dans les récits, concordants au fond, que nous possédons des origines de cette religion , le personnel diffère assez sensiblement/Chaque témoin a vu le fait par un de ses côtés et a prêté une importance particulière à ceux des fondateurs qu'il a connus^ Observez une nouvelle coïncidence textuelle entre Luc

(xxiii, 53) et Jean (xix, 41).

S [il. Un fait capital sort de la discussion que nous venons d'établir. Notre Évangile, en désaccord très-considérable avec les synoptiques jusqu'à la dernière semaine de Jésus, est pour tout le récit de la Passion en accord général avec eux. On ne saurait dire cependant qu'il leur fasse des emprunts; car, d'un autre côté, il s'écarte notablement d'eux; il ne copie pas du tout leurs expressions. Si l'auteur du quatrième Évangile a lu quelque écrit de la tradition synoptique, ce qui est très-possible, il faut dire au moins qu'il ne l'avait pas sous les yeux quand il écrivait. Que conclure de là? Qu'il avait sa tradition à lui, une tradition parallèle à celle des synoptiques, si bien qu'entre les deux on ne peut se décider que par des raisons intrinsèques. Un écrit artificiel , une sorte d'Évangile a priori écrit au n« siècle, n'aurait pas eu ce caractère. L'auteur eût calqué les synoptiques , comme font les apocryphes , sauf à les amplifier selon son esprit propre. La position de l'écrivain johannique est celle d'un auteur qui n'ignore pas qu'on a déjà écrit sur le sujet qu'il traite , qui approuve bien des choses dans ce que l'on a dit, mais qui croit avoir des ren-

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teignements supérieurs, et les donne sans s'inquiéter des autres. Que l'on compare à cela ce que nous savons de l'Évangile de Marcion. Marcion se nt un Évangile dans des idées analogues à celles que l'on attribue à l'auteur du quatrième Évangile. Mais voyez la différence : Marcion s en tint à une espèce de concordance ou d'extrait fait selon certaines vues. Une composition dans le genre de celle qu'on prête à l'auteur de notre Évangile, si cet auteur vécut au u« siècle et écrivit dans les intentions qu'on suppose, est absolument sans exemple. Ce n'est ni la méthode éclectique et conciliatrice de Tatien et de Marcion, ni l'amplification et le pastiche des Évangiles apocryphes, ni la pleine rêverie arbitraire, sans rien d'historique , de la Piste Sophta. Pour se débarrasser de certaines difficultés dogmatiques, on tombe dans des difficultés d'histoire littéraire tout à fait

sans issue.

S &2 La concordance de notre Évangile avec les synoptiques, qui frappe dans le récit de la Passion, ne se retrouve guère, au moins avec Matthieu, pour la résurrection et ce qui suit. Mais, ici encore, je crois notre auteur bien plus dans le vrai Selon lui, Marie de Magdala seule va d'abord au tombeau- seule elle est le premier messager de la résurrection. ce qui est en accord avec la finale de l'Évangile de Marc (XVI 9 et suiv.). Sur la nouvelle portée par Marie de Magdala. Pierre et Jean vont au tombeau; nouvelle consonnance et des plus remarquables, même dans l'expression et les petits détails, avec Luc (xxiv, 1.2. 12. 2Ù) et avec la finale de Marc conservée dans le manuscrit L et à la marge de la version philoxénienneS^es deux premiers évangélistes ne parlent

1. ÉdiU GriesbMh-Schultz, I. p. 291. note. Cette conclusion, pour n'être pas la primitive, n'en a pa» moins de la valeur, comn- résumant «ne vieille tradition.

VIE DE JËSCS.

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: Sijii

fiii

pas d'une visite des apôtres au tombeau) Une autorité décisive donne ici Tavantage à la tradition de Luc et de l'écrivain johannique : c'est celle de saint Paul. Selon la première épître aux Corinthiens *, écrite vers l'an 57, et sûrement bien avant les Évangiles de Luc et de Jean, la première apparition de Jésus ressuscité fut pour Géphas. 11 est vrai que cette assertion de Paul coïncide mieux avec le récit de Luc , qui ne nomme que Pierre , qu'avec le récit du quatrième Évangile , d'après lequel Tapôtre bien-aimé aurait accompagné Pierre. Mais les premiers chapitres des Actes nous montrent toujours Pierre et Jean comme des compagnons inséparables. 11 est probable qu'à ce moment décisif ils étaient ensemble, qu'ils furent prévenus ensemble et qu'ils coururent ensemble. La finale de Marc dans le manuscrit L se sert de la formule plus vague : ol irept tov

néTpov *.

Les traits de personnalité naïve qu'offre ici le récit de notre auteur sont presque des signatures. Les adversaires tranchés de l'authenticité du quatrième Évangile s'imposent une tâche difficile en s'obligeant à voir dans ces traits des artifices de faussaire. L'attention de l'auteur à se mettre avec ou avant Pierre dans des circonstances importantes (i, 35 et suiv.; xiii, 23 et suiv.; xviii, 15 et suiv.) est tout à fait remarquable. Qu'on l'explique par le sentiment qu'on voudra, la rédaction de ces passages ne peut guère être postérieure à la mort de Jean. Le récit des premières allées et venues du dimanche matin, assez confus dans les synoptiques, est chez notre auteur d'une netteté parfaite. Oui

i. XT, 5 et 8UÎT.

2. Cette formule peut à la rigueur désigner Pierre seuL Cf. Jcaoi M. 49. et les dictionnaires grecs, à 1» locution ol i^epî.

MM ^ f

c'est ici la tradition originale,^ont les membres brisés ont été arrangés par les trois synoptiques de trois manières différentes, toutes inférieures pour la vraisemblance au système du quatrième Évangile. Remarquez qu'au moment décisif, au dimanche matin, le disciple qui est censé l'auteur ne s'attribue aucune vision particulièrerjUn faussaire, écrivant sans souci de la tradition pour relever un chef d'école, ne se serait pas fait faute, au milieu de ce feu roulant d'apparitions que toute la tradition rapportait à ces premiers jours ', d'en attribuer une au disciple favori, ainsi qu'on le fit pour

Jacques.

Notez encore une coïncidence entre Luc (xxiv, h) et Jean (XX 12-13). Matthieu et Marc n'ont qu'un ange à ce moment-là. Le v. 9 est un trait de lumière.(Les synoptiques sont en dehors de toute crédibilité, quand ils prétendent que Jésus avait prédit sa résurrection.^

§ ii3. L'apparition qui suit, chez notre auteur, c'est-à-dire celle qui a lieu devant les apôtres réunis le dimanche soir, coïncide bien avec l'énumération de Paul^ Mais c'est avec Luc que les concordances deviennent ici frappantes et décisives. Non-seulement l'apparition a lieu à la même date, devant le même public, mais les paroles prononcées par Jésus sont les mêmes ; la circonstance de Jésus montrant ses pieds et ses mains est légèrement transposée , mais elle se reconnaît de part et d'autre, tandis qu'elle manque dans les deux premiers synoptiques'. L'Évangile des Hébreux marche ici d'accord avec le troisième et le quatrième Évangile «.

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