I Cor., XV
3.' Comp. Luc, XXIV, 36 et suiv., à Jean, xx, 19 et suiv. 4. Fragment dans répître de saint Ignace aux Saiymieofi , 3, et dans »aint Jérôme, De viris illustr,, 16,
VIE DE JÉSUS
« Mais comment, direz -vous, tenir pour le récit d'un témoin oculaire un récit qui renferme de manifestes impossibilités? Celui qui, n'admettant pas le miracle, admet l'authenticité du quatrième Évangile, n'est-il pas forcé de regarder comme une imposture F assurance si formelle des V. 30-31? ») Non certes. Saint Paul aussi affirme avoir vu Jésus, et cependant nous ne repoussons ni Tauthenticité de la première épître aux Corinthiens, ni la véracité de saint
Panl.
§ hh. Une singularité de notre Évangile, c'est que Pinsufflation du Saint-Esprit se fait le soir même de la résurrection (XX, 22) *. Luc (AcU, n et suiv.) place cet événement après l'ascension. Mais il est remarquable néanmoins que le verset Jean , xx, 22, a son parallèle en Luc, xxnr, ^9. Seulement, le contour du passage de Luc est rendu indécis, pour ne pas faire contradiction avec le récit des Actes (n, 1 et suiv.). Ici encore, le troisième et le quatrième Évangile communiquent l'un avec l'autre par une espèce de canal
secret.
8 Û5. Avec tous les critiques, je finis la rédaction première du quatrième Évangile à la fin du chapitre xx. Le ch. XXI est une addition, mais une addition presque contemporaine , ou de l'auteur lui-même, ou de ses disciples. Ce chapitre renferme le récit d'une nouvelle apparition de Jésus ressuscité. Ici encore se remarquent des coïncidences importantes avec le troisième Évangile (comp. Jean, xxi, 12-13, à Luc, xxiv, 41-^3), sans parler de certaines ressemblances avec l'Évangile des Hébrjux'.
§ ^6. Suivent des détails assez obscurs (15 et suiv,), mais
1 omp. Jean, vii, 39.
S. aint Jérôme, De vins illustr., 2.
APPENDICE
OÙ l'on sent plus vivement que partout ailleurs l'empreinte de l'école de Jean. La perpétuelle préoccupation des rapports de Jean et de Pierre se retrouve. Toute cette fin ressemble à une suite de notes intimes, qui n'ont de sens que pour celui qui les a écrites ou pour les initiés. L'allusion à la mort de Pierre, le sentiment de rivalité amicale et fraternelle des deux apôtres, la croyance, émise avec réserve, que Jean ne mourrait pas avant d'avoir vu la reapparition de Jésus, tout cela paraît sincère. L'hyperbole de mauvais style du v. 25 ne fait pas disparate en un écrit si inférieur, sous le rapport littéraire, aux synoptiques. Ce verset manque, du reste, dans le Codex Sinmticus. Le v. 24, enfin , semble une signature. Les mots « Et nous savons que son témoignage est vrai .. sont une addition des disciples, ou plutôt portent à croire que les derniers rédacteurs utilisèrent des notes ou des souvenirs de l'apôtre. Ces protestations de véracité se retrouvent presque dans les mêmes termes en deux écrits qui sont de la même main que notre
Évangile*. ,. -, ,r „
§ 47 Ainsi, dans le récit de la vie d'outre-tombe de Jésus, le quatrième Évangile garde sa supériorité. Cette supériorité se reconnaît surtout au parti pris général. Dans l'Evangile de Luc et dans Marc, xvi, 9-20, la vie de Jésus ressuscité a l'air de ne durer qu'un jour. Dans Matthieu, elle semble avoir été courte. Dans les Actes (ch. i), elle dure quarante jours. Dans les trois synoptiques et dans les Actes, elle finit par un adieu ou par une ascension au ciel.(Les choses sont arrangées, dans le quatrième Évangile, d'une manière moins convenue.}La vie d'outre-tombe n'y a pas de limites fixes; elle se prolonge en quelque sorte indéfiniment. J ai montré
t. IJoh., 1,1-4; in Joh., 12.
iSi
fil
VIE DE JESUS
ailleurs' la supériorité de ce système. 11 suffit pour le moment de rappeler qu'il répond bien mieux au passage capi tal de saint Paul, I Cor., xv, 5-8.
Que résulte-t-il de cette longue analyse? l» Que, considéré en lui-même, le récit des circonstances matérielles de la vie de Jésus, comme le fournit le quatrième Évangile, est supérieur pour la vraisemblance au récit des synoptiques; 2» qu'au contraire les discours que le quatrième évangéliste prête à Jésus n'ont, en général, aucun caractère d'authenticité ; S» que l'auteur a sur la vie de Jésus une tradition a lui, très^fférente de celle des synoptiques, sauf en ce qui concerne les derniers jours; 4° que cette tradition cependant fut assez répandue, car Luc, qui n'est pas de l'école d'où sort notre Évangile, a une idée plus ou moins vague de plusieurs des faits que notre auteur connaît et que Matthieu et Marc ignorent; 5°\que l'ouvrage est moins beau que les Évangiles synoptiques, Matthieu et Marc étant des chefs-d'œuvre d'art spontané, Luc offrant une combinaison admirable d'art naïf et de réflexion, tandis que le quatrième Évangile n'offre qu'une série de notes très-mal agencées, où la légende et la tradition, la réflexion et la naïveté se fondent mal; 6° que l'auteur du quatrième Évangile, quel qu'il soit , a écrit pour relever l'autorité d'un des apôtres, pour montrer que cet apôtre avait joué un rôle dans des circonstances où les autres récits ne parlaient pas de lui pour prouver qu'il savait des choses que les autres disciples ne savaient pas; T que l'auteur du quatrième Evangile a écrit dans un état du christianisme plus avancé que les synoptiques, et avec une idée plus exaltée du rôle divin