Ut At^ret, ch, i-m
APPENDICE
de Jésus, la figure de Jésus étant chez lui plus ro.de plus Mé Siqùe, comme celle d'un éon ou d'une hypostase dwme rSre par sa seule volonté; 8- que , si ses renseigne- Zl2ZL^s sont plus exacts que ceux des jnopUques, sa couleur historique l'est beaucoup moins, en sorte que pouTSr la physionomie générale de Jésus, les Evangiles SÏ-s . malgré leurs lacunes et leurs erreurs, sont en-
core les véritables guides. ,,„•;.„,„ tvan-
mturellement, ces raisons favorables au q«'^"^'"^ ^vf^ Eile seraient singulièrement confirmées, si 1 on pouvait tabl que l'auteur de cet Évangile est l'apôtre Jean, fils de Z bédée. Mais c'est ici une recherche d^in autre ordre. Notie but a été d'examiner le quatrième Evangile en lu - ^ême indépendamment de son auteur. Cette question de rauTeùr du quatrième Évangile est sûrement la plus singuiè^e qu'ily ait en histoire littéraire. Je ne connais aucune questL de critique où les apparences contraires se ba ancent.de la sorte et tiennent l'esprit plus complètement en
suspens. . ,^
U est clair d'abord que l'auteur veut se faire passer pour nn témoin oculaire des faits évangéliques (i, ik ; xix, 35) et pour l'ami préféré de Jésus (xm, 22 et suiv. ; xix, 26 et suiv., comparés à xxi, 2«. 11 ne sert de rien de dire que le chapitre XXI est une addition, puisque cette addition est de Fauteur lui-même ou de son école. Dans deux autres endroits, d'ailleurs (., 35 et suiv.; xvm, 15 et suiv.). on voit clairement que l'auteur aime à parler de lui-même a mots couverts. De deux choses l'une : ou l'auteur du quatrième Évangile est un disciple de Jésus, un disciple intime et de la plus ancienne époque ; ou bien l'auteur a employé, pour se donner de l'autorité, un artifice suivi depuis le commencement du livre jusqu'à la fin, et tendant à faire croira
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VIE DE JÉSUS
qu'il a été un témoin aussi bien placé que possible pour rendre la vérité des faits.
Quel est le disciple de l'autorité duquel l'auteur entenc ainsi se prévaloir? Le titre nous l'indique : c'est « Jean ». Il n'y a pas la moindre raison de supposer que ce titre ait été ajouté contrairement aux intentions de l'auteur réel. Il était sûrement écrit en tête de notre Évangile à la fin du ii* siècle. D'un autre côté, l'histoire évangélique ne présente en dehors de Jean le Baptiste, qu'un seul personnage du nom de Jean. II faut donc choisir entre deux hypothèses : ou reconnaître Jean, fils de Zébédée, pour l'auteur du quatrième Évangile; ou regarder cet Évangile comme un écrit apocryphe composé par un individu qui a voulu le faire passer pour une œuvre de Jean, fils de Zébédée. Il ne s'agit pas ici, en effet, de légendes, œuvres de la foule, dont personne ne porte la responsabilité. Un homme qui, pour donner créance à ce qu'il raconte, trompe le public non-seulement sur son nom, mais encore sur la valeur de son témoignage, n'est pas un légendaire; c'est un faussaire. Tel biographe de François d'Assise, postérieur de cent ou deux cents ans à cet homme extraordinaire, peut raconter les flots de miracles créés par la tradition, sans cesser pour cela d'être l'homme du monde le plus candide et le plus innocent. Mais si ce biographe vient dire: a J'étais son intime; c'est moi qu'il préférait; tout ce que je vais vous dire est vrai, car je l'ai vu, » sans contredit la qualification qui lui convient est tout autre.
Ce faux ne serait pas, du reste, le seul que l'auteur aurait dû commettre. Nous avons trois épîtres qui portent également le nom de l'apôtre Jean. S'il y a quelque chose de probable en fait de critique, c'est que la première au moins de ces épîtres est du même auteur que le quatrième Évangile. On en dirait presque un chapitre détaché.
Le dictionnaire des deux écrits est identique; or, la langue des ouvrages du Nouveau Testament est si pauvre en exprèsions si peu variée, que de telles inductions peuvent être rïï avec une certitude presque absolue. L'auteur de cette énître comme l'auteur de l'Évangile, se donne pour temom ocuS e (. m., ., 1 et suiv., iv, U) de l'histo,r évange- Uaue. Il se présente comme un homme connu, jouissant dans l'Église d'une haute considération. Au prem^r coup dïl. il semble que l'hypothèse la plus naturelle est dadl^tt; que tous ces écrits sont vraiment l'ouvrage de Jean,
fils de Zébédée. ^ ^ .
Hâtons-nous de le dire, cependant : ce n'est pas sans de craves raisons que des critiques de premier ordre ont repoussé l'authenticité du quatrième Évangile. L'ouvrage et Cpeu cité dans la plus ancienne «ure chre« son autorité ne commence à percer que bien tard . R en ne ssemble moins que cet Évangile à ce qu'on attendrai d ean l'ancien pêcheur du lac de Génésareth. Le|iecians equ 1 il est écrit n'est pas du tout le grec palestinien que l^„alss55rpar les autres livres du Nouveau Jes^ tnt Les idées surtout sont d'un ordre entièrement diffe- S NOUS sommes ici en pleine métaphysique ph.lonienne^ Tp esque gnostique. Les discours de Jésus tels que lesrap- Ite ce prétendu témoin,ce disciple intime,sont faux.sou-
r Mes. impossibles. Enfin l'Apoca^VP- -/--"J comme l'œuvre d'un Jean, qui ne se qualifie pas il est vrai, rpS:e,mais qui s'arroge dans les Églises d'Asie un^^ ^ primauté, qu'on ne peut guère manquer d 1 id nt ler avec
îean l'apôtre. Or, quand nous '^^-^^^^^^^^'''^^'^l fiées de l'auteur de l'Apocalypse au style et aux pensées
,. voir Vi. de Jém, introd., p. Lvm et suiv. de la présente édition.
MO
VIE DE JESUS
rauleur du quatrième Évangile et de la première épître johannique, nous trouvons la dissonance la plus frappante. Comment sortir de ce labyrinthe de contradictions nizarres et d'inextricables difficultés?
Pour moi, je n'y vois qu'une issue/ C'est de tenir que le quatrième Évangile est bien en un sens xarà iwawviv, qu'il n'a pas été écrit par Jean lui-même, qu'il fut longtemps ésôtérîque et secret dans l'une des écoles qui se rattachaient à Jean) Percer le mystère de cette école, savoir comment l'écrit dont il s'agit en sortit, est chose impossible. Des notes ou des dictées laissées par l'apôtre servirent-elles de base au texte que nous lisons*? Un secrétaire nourri de la lecture de Philon, et ayant son style à lui, a-t-il donné aux récits et aux lettres de son maître un tour que sans cela ils n'eussent pas eu? N'avons-nous pas ici quelque chose d'analogue aux lettres de sainte Catherine de Sienne, rédigées par son secrétaire, eu à ces révélations de Catherine Emmerich dont on peut dire également qu'elles sont de Catherine et qu'elles sont de Brentano, les imaginations de Catherine ayant traversé le style de Brentano? Des sectaires à demi gnostiques ne purent-ils pas, sur la fin de la vie de l'apôtre, s'emparer de sa plume, et, sous prétexte de l'aider à écrire ses souvenirs et de le servir dans sa correspondance, lui prêter leurs idées, leurs expressions favorites, et se couvrir de son autorité*? Qu'est-ce que ce Presbylero* Johannes,