‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 38 sur 1128 · Esther, ix · texte numérisé non relu

Esther, ix

3. Matth., xxiii, <5; Josèphe, Vita,K; Bell.Jud..\\, xviiJO; VII, III, 3; Ant., XX, ii, 4; Horat., Sot., 1, iv, 143; Juv., x.v, % et suiv.; Tacite, ^nn., II, 85; Hist.,y, 5; Dion Cass.us, XXXVD , 17. On affranchissait souvent des esclaves, à condition qu'ils ferraient juifs. Lévy (de Breslau) , Epigraphische Beytràge zur Gesch. der Juden, p. 299 et suiv.

illbr

pas encore ; par une étrange contradiction, ces convertis (prosélytes) étaient peu considérés et traités avec dédain ^ Mais ridée d'une religion exclusive, ridée qu'il y a au monde quelque chose de supérieur . à la patrie, au sang, aux lois, l'idée qui fera les apôtres et les martyrs, était fondée. Une profonde pitié pour les païens, quelque brillante que soit leur fortune mondaine, est désormais le sentiment de tout juif*. Par une série de légendes, destinées h fournir des modèles d'inébranlable fermeté (Daniel et ses compagnons, la mère des Macchabées et ses sept fils% le roman de l'hippodrome d'Alexandrie*), les guides du peuple cherchent surtout à inculquer cette idée que la vertu consiste dans un attachement fanatique à des institutions religieuses déterminées. Les persécutions d'Antiochus Épiphane firent de cette idée une passion, presque une frénésie. Ce fut

4 Mischna, Sc/i.6u^ X, 9; Talmud de Babylone, Niddah. fol. 43 6; Jebamoth, 47 b; Kidduschin, 70 b; Midrasch, Jalkut

nuth Jol 463 d.

2. Lettre apocr. de Baruch, dans Fabricius, Cod, pseud, V. T.. Il, i47etsuiv.,etdansCeriani,iïf07iwm. sacra et prof. A, fasc.ii,

p. 96 et suiv.

3. IV livre des Macchabées, ch. vu, et le De Maccabœis. attribué à Josèphe. Cf. Épître aux Hébreux, xi, 33 et suiv.

4. Ill- livre ( apocr. ) des Macchabées; Rufin, Suppl. ad. Jos , Conlra Apionem, II, 5.

VIE DE JÉSUS

quelque chose de très-analogue à ce qui se passa sous Néron, deux cent trente ans plus tard. La rage et le désespoir jetèrent les croyants dans le monde des visions et des rêves. La première apocalypse, le « livre de Daniel » , parut. Ce fut comme une renaissance du prophétisme, mais sous une forme très-diflérente de l'ancienne et avec une vue bien plus large des destinées du monde. Le livre de Daniel donna en quelque sorte aux espérances messianiques leur dernière expression. Le Messie ne fut plus un roi à la façon de David et de Salomon, uu Cyrus théocrate et mosaïste ; ce fut un « fils de l'homme » apparaissant dans la nue% un être surnaturel, revêtu de l'apparence humaine, chargé de juger le monde et de présider à l'âge d'or. Peutêtre le Sosiosch de la Perse, le grand prophète à. venir, chargé de préparer le règne d'Ormuzd, fournit-il quelques traits à ce nouvel idéaP. L'auteur inconnu du livre de Daniel eut , en tout cas , une influence décisive sur l'événement religieux qui allait transformer le monde. Il créa la mise en scène

i. Dan., vil, 13 et suiv.

\, Vendidad, xix, 18, 19; Minokhired, passage publié dans la yeitschrift der deutschen morgenlàndischen Gesellschafl , I, 263; Boundehesch, xxxi. Le manque de chronologie certaine pour les textes zends et pehlvis laisse planer beaucoup de doute sur ces rapprochements entre les croyances juives et persanes.

et les termes techniques du nouveau messianismo, et on peut lui appliquer ce que Jésus disait de Jean- Baptiste : « Jusqu'à lui, les prophètes; à partir de lui , le royaume de Dieu. » Peu d'années après , les mêmes idées se reproduisaient sous le nom du patriarche Hénoch ' . L'essénisme, qui semble avoir été en rapport direct avec Técole apocalyptique, naissait vers le même temps % et offrait comme une première ébauche de la grande discipline qui allait bientôt se constituer pour l'éducation du genre humain.

Il ne faut pas croire cependant que ce mouvement, si profondément religieux et passionné, eût pour mobile des dogmes particuliers, comme cela a eu lieu dans toutes les luttes qui ont éclaté au sein du christianisme. Le juif de cette époque était aussi peu théologien que possible. Il ne spéculait pas sur ressence de la Divinité ; les croyances sur les anges, sur les fins de l'homme, sur les hypostases divines, dont le premier germe se laissait déjà entrevoir, étaient des croyances libres , des méditations auxquelles chacun se livrait selon la tournure de son esprit, mais dont une foule de gens n'avaient pas entendu parler. C'étaient même les plus orthodoxes

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