‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 484 sur 1128 · Matth., XV, 2 et suiv.; Marc, vu, 3; Gai., i · texte numérisé non relu

Matth., XV, 2 et suiv.; Marc, vu, 3; Gai., i

Psaumes, des prophètes, et termina en reprochant

aux membres du sanhédrin l'homicide de Jésus. « Têtes dures, cœurs incirconcis, leur dit-il, vous résisterez donc toujours au Saint-Esprit, comme l'ont fait vos pères ! Lequel des prophètes vos pères n'ontils pas persécuté? Ils ont tué ceux qui annonçaient la venue du Juste, que vous avez livré et don\ vous avez été les meurtriers. Cette loi, que vous aviez reçue de la bouche des anges *, vous ne l'avez pas gardée !... » A ces mots, un cri de rage l'interrompit. Etienne, s' exaltant de plus en plus, tomba dans un de ces accès d'enthousiasme qu'on appelait l'inspiration du Saint-Esprit. Ses yeux se fixèrent en haut; il vit la gloire de Dieu et Jésus à côté de son Père, et il s'écria : « Voilà que je vois les cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. » Tous les assistants bouchèrent leurs oreilles, et se jetèrent sur lui, en grinçant les dents. On l'entraîna hors de la ville et on le lapida. Les témoins, qui, selon la Loi 2, devaient jeter les premières pierres, tirèrent leurs vêtements et les dé-

1. Comparez Gai., m, 19; Hebr., 11, 2; Jos., Ant., XV, v, 3. On se figurait que Dieu lui-même ne s'était pas montré dans les théophanies de l'ancienne Loi, mais qu'il avait substitué en sa place une sorte d'intermédiaire, le maleak Jehovah, Voir les dictionnaires hébreux, au mot nsSc»

i. Deuter., xvii, 7.

[An 37] LES APOTRES. 141

posèrent aux pieds d'un jeune fanatique nommé Saûl ou Paul , lequel songeait avec une joie secrète aux mérites qu'il acquérait en participant à la mort d'un blasphémateur *.

En tout ceci , on observa à la lettre les prescriptions du Deutéronome, ch. xiii. Mais, envisagée par le côté du droit civil, cette exécution tumultuaire, accomplie sans. le concours des Romains, n'était pas régulière 2. Pour Jésus, nous avons vu qu'il fallut la ratification du procurateur. Peut-être cette ratification fut-elle obtenue pour Etienne , et l'exécution ne suivit-elle pas la sentence d'aussi près que le veut le narrateur des Actes. Peut-être aussi l'autorité romaine s'était -elle relâchée en Judée. Pilate venait d'être suspendu de ses fonctions, ou .était sur le point de l'être. La cause de cette disgrâce fut justement la trop grande fermeté qu'il avait montrée dans son administration^. Le fanatisme juif lui avait rendu la vie insupportable. Peut-être était-il fatigué de refuser à ces frénétiques les violences qu'ils lui demandaient, et l'altière famille de Hanan étaitelle arrivée à n'avoir plus besoin de permission pour prononcer des sentences de mort. Lucius Vitellius

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