Comparez Act., xxv, n et suiv
[Au 40]
une foule de Romains , Paulus pouvait être fort crédule ; peut- être les prestiges auxquels il nous est malheureusement interdit de douter que Paul et Barnabe eurent plus d'une fois recours ' lui parurent-ils très -frappants et plus forts que ceux de Barjésu Mais , de ce sentiment d'étonnement à une conversion,'il y a bien loin. La légende semble avoir prêté à Sergius Paulus les raisonnements d'un Juif ou d'un Syrien. Le Juif et le Syrien regardaient le mi- - racle comme la preuve d'une doctrine prêchée pai- . le thaumaturge. Le Romain, s'il était instruit, regardait le miracle comme une duperie dont il pouvait - s'amuser; s'il était crédule et ignorant, comme une de ces choses qui arrivent de temps en temps. Mais le miracle pour lui ne prouvait . aucune doctrine; profondément dénués du sentiment théologique, les Romains n'imaginaient pas qu'un dogme pût être le but qu'un dieu se propose en faisant un prodige *. Le prodige était pour eux ou une chose bizarre, bien que naturelle (l'idée des lois de la nature leur était étrangère, à moins qu'ils n'eussent étudié la philosophie grecque) , ou un acte décelant la présence, immédiate de la Divinité». Si Sergius Paulus a cru