‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 79 sur 1128 · Voir surtout PiHe Aboth, ch. i · texte numérisé non relu

Voir surtout PiHe Aboth, ch. i

3. Le Talmud, résumé de ce vaste mouvement d'écoles, ne commença guère à être écrit qu'au u« siècle de noire ère.

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hommes veut du temps pour être forcée. Il n'y avait pas encore de chrétiens {le vrai christianisme cependant était fondé^ et jamais sans doute il ne fut plus parfait qu'à ce premier moment. Jésus n'y ajoutera rien de durable. Que dis-je? Il le compromettra; car toute idée, pour réussir, a besoin de faire des sacrifices; on ne sort jamais immaculé de la lutte de

la vie.

Concevoir le bien, en effet, ne suffit pas; il faut le faire réussir parmi les hommes. Pour cela, des

voies moins pures sont nécessaires. Certes, si l'Evangile se bornait à quelques chapitres de Matthieu et de Luc, il serait plus parfait et ne prêterait pas maintenant à tant d'objections; mais sans miracles eùt-il converti le monde ? Si Jésus fut mort au moment où nous sommes arrivés de sa carrière, il n'y aurait pas dans sa vie telle page qui nous blesse ; mais, plus grand aux yeux de Dieu, il fût resté ignoré des hommes ; il serait perdu dans la foule des grandes âmes inconnues , les meilleures de toutes ; la vérité n'eût pas été promulguée, et le monde n'eût pas profité de l'immense supériorité morale que son Père lui avait départie. Jésus, fils de Sirach, et Hillel avaient émis des aphorismes presque aussi élevés que ceux de Jésus. Hillel cependant ne pairsera jamais pour le vrai fondateur du christianisme.

VIE DE JÉSUS

Dans la morale, comme dans l'art, dire n'est rien, faire est tout. L'idée qui se cache sous un tableau de Raphaël t3st peu de chose; c'est le tableau seu. qui compte. De même, en morale, la vérité ne prend quelque valeur que si elle passe à l'état de sentiment, et elle n'atteint tout son prix que quand elle se réalise dans le monde à l'état de fait. Des hommes d'une médiocre moralité ont écrit de fort bonnes maximes. Des hommes très -vertueux, d'un autre côté, n'ont rien fait pour continuer dans le monde la tradition de la vertu. La palme est à celui qui a été puissant en paroles et en œuvres , qui a senti le bien, et au prix de son sang l'a fait triompher. Jésus, à ce double point de vue , est sans égal ; sa gloire reste entière et sera toujours renouvelée.

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