Col., IV
S. Ad., XVII, b et suiv.; I Thess., i, 6 ; ii, 2, 14et suiv.; m, i.
It>2 0RIGIM:S du CHRISTIAX^ISME. [An 52]
des troubles. Ils recrutèrent une bande d'oisifs, de vagabonds, de ces badauds de toute sorte qui, dans les villes antiques, passaient le jour et la nuit sous les colonnes des basiliques , prêts k faire du bruit pour qui les payait. Tous ensemble allèrent assaillir la maison de Jason. On demanda Paul et Silas à grands cris ; comme on ne les trouva pas , les émeutiers garrottèrent Jason , avec lui quelques-uns des fidèles, et les menèrent aux politarques ' ou magistrats. On entendait les cris les plus confus : « Les révolutionnaires sont dans la ville, disaient les uns, et Jason les a reçus. » — « Tous ces gens-là, disaient d'autres , sont en révolte contre les édits de Tempère ur. » — « Ils ont un roi qu'ils appellent Jésus, » disait un troisième. Le trouble était grand, et les politarques n'étaient pas sans crainte. Ils forcèrent Jason et les fidèles qui avaient été arrêtés avec lui à donner caution, et les renvoyèrent. La nuit suivante, les frères menèrent Paul et Silas hors de la ville, et les firent conduire à Bérée^ Les vexations des juifs continuèrent contre la petite Église, mais ne firent que la consolider'.
A. Comp.l'inscription de Tliessalonique, Corp. i. tjr., n» 1967. S. Existe encore aujourd'hui sous son nom (Véria ou Kara- Yerria). Cf. Cousinéry, 1 , 57 et suiv.; Leake , III, 290 et suiv. 3. I Thess., Il, 14; m, 3, 3; II Tliess., i, 4 et suiv.
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Les juifs de Bérée étaient plus libéraux et mieux élevés que ceux de Thessalonique'. Ils écoutèrent volontiers, et laissèrent Paul exposer tranquillement ses idées à la synagogue. Pendant plusieurs jours, ce fut chez eux un vif accès de curiosité. Ils passaient le temps à feuilleter les Écritures pour y trouver les textes cités par Paul , et voir s'ils étaient exacts. Beaucoup se convertirent, entre autres un certam juif nommé Sopatros ou Sosipatros, fils de Pyrrhus'. Ici néanmoins, comme dans toutes les autres Eglises de la Macédoine, les femmes furent en majorité. Les converties appartenaient toutes à la race grecque ,à cette classe de dévotes personnes qui, sans être juives, pratiquaient les cérémonies du judaïsme. Beaucoup de Grecs et de prosélytes se convertirent aussi, et la synagogue par exception resta paisible. L'orage vint de Thessalonique. Les juifs de cette ville, ayant appris que Paul avait prêché avec succès à Bérée, vinrent dans cette dernière ville , et y renouvelèrent leur manœuvre. Paul fut encore obligé de partir à la hâte et sans emmener Silas. Plusieurs des frères de Bérée l'accompagnèrent pour le conduire.
L'éveil était tellement donné dans les synagogues
1 Act., xviiy 11.
2. AcL, XX, 4; Rom., xvi, 21 (cf. Corp, inscr. gr.. n« 4967). Sur' le sens de a'n"i'^'vr.;, voir ci-dessus , p. 160, note \ .
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de la Macédoine , que le séjour en ce pays semblait devenu impossible à Paul. Il se voyait traqué de ville en ville , et les émeutes naissaient en quelque sorte sous ses pas. La police romaine ne lui était pas trèshostile ; mais elle agissait dans ces circonstances selon les principes habituels de la police. Dès qu'il y avait trouble dans la rue , elle donnait tort à tout le monde, et, sans s'inquiéter du bon droit de celui qui servait de prétexte à l'agitation , elle le priait de se Uire ou de s'en aller. C'était au fond donner raison h l'émeute et établir en principe qu'il suffit de quelques fanatiques pour priver un citoyen de ses libertés. Le gendarme ne s'est jamais piqué de beaucoup de philo^sophie. Paul résolut donc de partir et de se rendre dans un pays assez éloigné pour que la haine de ses adversaires fût dépistée. Laissant Silas et Timothée en Macédoine, il se dirigea avec les Béréens
vers la mer'.
Ainsi finit cette brillante mission de Macédoine, la plus féconde de toutes celles que Paul avait jusqu'ici accomplies. Des Églises composées d'éléments tout nouveaux étaient formées. Ce n'était plus la légèreté syrienne, la bonhomie lycaonienne ; c'étaient des races fines , délicates , élégantes , spirituelles ,
'.. Aclj XVII, U-15. Lisez ?««.
oui préparées par le judaïsme , venaient maintenant au culte nouveau. La côte de Macédoine était toute couverte de colonies grecques; le génie grec y avait porté ses meilleurs fruits. Ces nobles Eglises de Phihppes et de Thessalonique , composées des femmes les plus distinguées de chaque ville ', étaient sans comparaison les deux plus belles conquêtes que le christianisme eût encore faites. La Juive est dépassée : soumise, retirée, obéissante, participant peu au culte, la Juive ne se convertissait guère. C était la femme « craignant Dieu' », la Grecque, fatiguée de ces déesses brandissant des lances au haut des acropoles, l'épouse vertueuse tournant le dos à un paganisme usé et cherchant le culte pur, qm était célestement attirée. Voilà les secondes fondatnces de notre foi. Après les Galiléennes qui suivaient Jésus et le servaient, Lydie, Phœbé, les pieuses dames inconnues de Philippes et de Thessalomque sont les vraies saintes auxquelles la foi nouvelle dut ses plus rapides progrès.