CHAP. XIV. — INVASION DE L'ATTIQUE
nietmes devinrent proverbiales, fut accompagnée des signes ordinaires de la fureur divine, la stérilité et la disette. Une tradition répandus . à Athènes disait que, sur l'ordre d'un-oiaele, le peuple coupable s'était offert à réparer son crime, mois qu'au moment de livrer les (les en sa possession il avait étude la demande , en promettant de les rendre lorsqu'une flotte venue de l'Attique en un jour et par un vent du nord le sommerait de tenir sa promesse. Il était réservé à Mittladede remplir cette condition en apparence impossible, et en même temps de satisfaire la vengeance de ses compatriotes. La Chersonèse de Thrace, lorsqu'il s'en rendit maître, pouvait être appelée une terre attique, et elle se trouvait à peu d'hVires et au nord des ilesPélasgiques. Si ce rapprochement n'avait pas -suffi à établir son droit aux jeux des P6lasges, Miltiade avait son épée pour faire taire leurs objections; Il s'empara de leur pays et les en chassa. Puis, nominalement du moins, il assujettit leurs lies à la domination dé l'Attique. Il semble probable que cette conquête, véritable empiétement sur l'empire de Perse, valut à Miltiade le ressentiment de Darius et occasionna sa fuite précipitée. C'est aussi à ce fait qu'il dut l'issue favorable de sa querelle avec ses ennemis. La part qu'il avait prise aux délibérations des ioniens sur lé Danube, ayant été alors divulguée pour la première fois, contribua peut-être aussi à prévenir en sa faveur les sentiments populaires. Une fois délivré de ce péril, Il s'éleva au rang que sa naissance et son caractère lui assignaient. Lorsque l'Attique fut menacée d'une invasion, on le nomma un des dix généraux.
Les dix étaient divisés d'opinion sur la question importante de savoir si on livrerait, ou) ou non, la bataille; ceux qui ne voulaient pas immédiatement commencer une lutte à jamais décisive pour 'Athènes, alléguaient d'une manière assez spécieuse qu'il fallait au moins attendre le renfort de Lecédémone, renfortqui diminuerait quelque peu l'effrayante' disproportion des deux armées. Ils disaient encore qu'il seraît avantageux d'aecoutumer les troupes à regarder en face un ennemi dont le nom Jetait au loin la terreur ; ils faisaient enfin entrevoir une foule d'accidents dont l'armée envahissante n'avait rien à attendre et tout a craindre. Ces arguments tombèrent devant un danger plus redoutable mille fois que le glaive dès Perses, celui d'une trahison au sein même des mu- ' railles ou du camp des Athéniens. Le parti d'Hippies n'était probablement pas éteint à Athènes, et tandis que le chef se trouvait dans le voisinage de la ville, avec la puissance et l'or de la Perse à sa disposition, il devait chaque jour gagner du terrain. Des motifs pareils à ceux qui décidèrent les principaux Érétriens à trahir leur patrie pouvaient trouver accès dans l'esprit de quelques Athéniens. Des calculs égoïstes pouvaient bientôt succéder a l'ardeur généreuse qui se manifestait dans ce moment pour la cause commune. Mieux qu'aucun de ses collègues, Miltiade savait combien peu importait l'égalité du nombre, .combien ses troupes étaient supérieures aux barbares dans tout ce qui constitua la (orée réelle d'une armée. Ces raisonnement» ne prevulureut pais, sur ceux de ses adversaires ; le poiénsarque dut en conséquence tanweber
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BMaiiia ds Les lignes ennemies se développaient à travers la partie la plus large
«6a HISTOIRE DE LA GRECE.
la question. Callimaque était brave et vertueux ; il apprécia la force des arguments avec lesquels Miltiade en appelait a son intelligence et à son patriotisme, il donna sa voix pour la bataille. Les dix généraux prenaient successivement le commandement de l'armée, chacun ayant son jour fixé. Ceux qui avaient partagé l'avis de Mlltiade offrirent de lui céder leur tour ; mais, ne voulant pas s'exposer à être contrarié par ,ses adversaires dans l'exercice d'une autorité empruntée, il préféra attendre le moment où il commanderait de droit. Alors il rangea en bataille sa petite armée.
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de la plaine. Les généraux barbares avaient place au centre les deux nations sur lesquelles ils comptaient le plus, c'est-à-dire les Perses, et les Saces non moins belliqueux . C'était sur ce point que se trouvait leur principale force. Pour que le front des Athéniens ne fut pas inégal en longueur, de manière à mettre leurs flancs en péril, il était nécessaire d'affaiblir uniformément ou partiellement leurs rangs. Miltiade prévit sans aucun doute les conséquences de sa combinaison quand il fortifia ses ailes aux dépens du centre, qui était opposé ou corps le plus redoutable, le seul redoutable peut-être de l'ennemi. Bien qu'Hérodote représente les Perses comme avant choisi la plaine de Marathon dans le but de favoriser les opératious de leur cavalerie, il est à remarquer qu'il ne dit pas un mot de ses mouvements dans la bataille. Peut-être ne s' engugea-t-elle pas dans l'action, et peut-être aussi ne connut-on pas les motifs qui la maintinrent dans l'inaction. Il existait cependant à ce sujet une tradition de quelque antiquité probablement, tradition qui semble avoir revêtu plusieurs formes, dout l'une a été adoptée par Cornélius Népos. Cet historien rapporte que Miltiade mit ses flancs à l'abri de la cavalerie ennemie au moyen d'un abattis d'arbres. C'est là un fait qu'Hérodote n'aurait pas passé sous silence s'il l'avait connu, mais il peut avoir fourni une base à un récit très-obscur que lions donne un autre auteur- 1). Un Intervalle d'un raille (1600 m.) environ séparait les deux armées; les Athéniens se trouvaient sur un terrain un peu plus élevé. Au premier signal d'attaque ils coururent droit à l'ennemi. Les Perses attendaient avec surprise cette poignée d'hommes qui leur semblaient se presser aveuglément vers une mort certaine. Avant d'être prêts a lancer leurs flèches avec efficacité, les barbares se trouvèrent aux prises avec les Grecs, auxquels leurs épées et leurs armures assuraient l'avantage. Cependant les Perses et les Saces soutinrent le choc, qui était faible dans le lieu où ils se trouvaient. Après un léger effort, ils rompirent le centre opposé, le mirent en fuite, etponrsulvlrentles fugitifs du côté des montagnes; mais à chaque aile la charge impétueuse des Athéniens, soutenue par des rangs plus épais,
(1) L'interprétation du proverbe -utfii tmriîs (Suidas, Cent, xiv, 73 ; ScbotL) n ou t apprend que lorsque Datis envahit l'Allique, les Ioniens monlcicnl sur les arbres (7) et Tirent des signaux aux Athéniens pour leur apprendre nue la cavalerie était partie (i>; lin j i«pi{ site™;} ; apprenant celte retraite, Milliade livre bataille et remporte la victoire. D'où l'origine du proverbe : ir.\ tin vin to£» Suûuinm.
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