‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 117 sur 143 · CBAP. XVI. — PROPOSITION» DE MARDONIUS. M · texte numérisé non relu

CBAP. XVI. — PROPOSITION» DE MARDONIUS. M

Mardonius contribué-rai t à l'encourager dans ses projets. Son plan était de chercher a détacher Athènes d; In cause des Grecs, et d'ass.rer son alliance à la Perse. Pour conduire cette négociation difficile, il fit choix d'Alexandre, roi de Macédoine. En effet, la sœur de ce prince avait épousé un Perse de haute naissance, et, d'un autre côté, il avait toujours entretenu des relations amicales avec Athènes. En arrivant dans cette dernière ville, l'ambassadeur parla au nom de Mardonius, mais ■ comme étant l'interprète d'une proposition autorisée par Xerxès. m Le roi à a était disposé a oublier le passé, à maintenir les Athéniens dans la paisible possession de leur territoire, et à l'agrandir autant qu'ils le désireraient : il offraitde rel àtirlous les temples qu'il avait brûlés; en échange, il ne demandait pas la soumission, mais seulement l'alliance d'Athènes, : qu'il regardait comme un État libre et indépendant. Mardonius engageait : les Athéniens .a accepter les offres généreuses de son maître plutôt qu'à ; contiuuer une lutte ruineuse avec une puissance qui tôt ou tard aurait le dessus. » Alexaimre, dontj^s sentiments étaient bien connus, donna en même temps son avis sur cgtte proposition. « Il ne se serait pas chargé d'un semblable message s'il avait cru possible que les Athéniens pussent prolonger éternellement la lutte avec Xerxès; mais, à son avis, le pouvoir de ce monarque était tel qu'une résistance heureuse lui semblait chimérique. Si donc ils ne voulaient pas que leur territoire fût toujours le théâtre de la guerre , ils devaient accepter avec reconnaissance l'offre magnanime du grand prince qui les favorisait entre tous les Grecs. »

Les Spartiates, ayant entendu parler de l'ambassade d'Alexandre, en conçurent quelque alarme. Une prophétie, naturellement inspirée par les circonstances, augmenta, dit-on, leurs crain les au sujet de la fidélité de* Athéniens. On supposait que le moment viendrait où les forces réunies des Perses et des Athéniens chasseraient tous les Doriens du Péloponèse. En outre, les Spartiates n'étaient pas encore en élat de résister a une attaque. Les ouvrages qu'ils avaient construits en toute hâte sur l'Isthme étaient tombés en ruines pendant l'hiver, ou bien offraient si peu de solidité qu'une nouvelle for: ilîcal ion paraissait nécessaire. Ils s'occupaient alors activement a en élever une; mais, jusqu'au moment du moins où elle serait achevée, il était sage de ne négliger aucune précaution pour conserver l'alliance des Athéniens. L'ambassadeur qu'ils envoyèrent rappela tout ce qu'Athènes devait à la Grèce, tout ce qu'elle se devait à elle-même, a sa réputation d'une ville célèbre entre toutes les autres pour sa résistance à la tyrannie et pour les secours qu'elle avait donnés aux opprimés. « Les Spartiates appréciaient les désastres que les Athéniens avaient soufferts a la suite de la dernière invasion ; ils connaissaient l'étendue de leurs sacrifices, et ils étaient disposés à les en dédommager. Ils s'offraient à défrayer à leurs dépens les familles athéniennes aussi longtemps que la guerre durerait. Les Athéniens ne préféreraient pas sans doute les promesses trompeuses des barbares aux intérêts de leurs alliés naturels. » Lue réponse précise et . pleine de fierté renversa les espérances du Macédonien, et fit taire les

lized.oy GoOgk

Mfi HISTOIRE DE LA GRECE.

confite craintes de Sparte. « Tant que le soleil brillera dans les cieux, Athènes

hAu3nï™** ne consentira jamais à traiter avec Xerxes. Alexand."e peut en allei porter la nouvelle à Mardonius : si énorme que soit In puissance do monarque, les vainqueurs de Salamine continueront à la défier avec If secours des dieux et des héros, dont les barbares ont brûlé les temples et mutilé les statues. Il n^st pas étonnant que tes Spartiates se soient montrés inquiets de la conduite que tiendraient en cette circonstance les Athéniens; mais le caractère de ceux-ci devait les mettre à l'abri du soupçon de songer à trahir la Grèce au profit des barbares. L'or du monde entier, les contrées les plus fertiles et les plus riches de la terre ne leur feraient pas commettre cette lâcheté. Tls se souvenaient à la fols du mal qui leur avait été fait, et des liens de race, de langage, de coutumes ei de religion qui les unissaient a la Grèce. Ils remerciaient les Spartiates de leur offre, mais ils ue voulaient pas leur être à charge. .Ce n'était pas ce genre de secours qu'ils demandaient à leurs alités; ils les priaient seulement de se mettre promptement en fliarche pour aller, en Béotie, à la rencontre de Mardonius, que leur réponse allait sans doute attirer dans l'Attique. »

Ce que les Athéniens craignaient ne tarda pus à arriver; mais ce qu'ils désiraient n'eut pas lieu. Aussitôt qu'il eût reçu le message transmis par Alexandre, Mardonius quitta la Thessalie, et marcha droit sur Athènes. Les amis qu'il avait recrutés dans le pays d'où il sortait, ayant à leur tête Thorax de Larissc, déployèrent le plus grand zèle pour son service. Il ne fut pas moins bien accueilli en Béotie, où le Thébair, Attaginus, personnage riche et influent, usa de tout son crédit en faveur des- Perses. Les Thébaijis engagèrent le général à ne pas aller plus loin, mais à établir son camp en Béotie ; ils lui firent entrevoir la possibilité d'achever sans coup férir la conquête de la Grèce. A leur avis, les Grecs étaient redoutables lorsqu'ils combattaient ensemble, mais il était possible de faire naître entre eux une guerre civile. L'or de ia Perse, habilement répandu parmi les principaux citoyens de chaque ville, soulèverait aussitôt les factions, et épargnerait à Mardonius la fatigue et les dangers des sièges et des batailles. Ce conseil ne fut peut-être pas entièrement négligé ; mais le lieutenant de Xerxès avait plusieurs motifs pour continuer sa marche. 11 ambitionnait de prendre Athènes, afin de relever son crédit auprès de son maître, qui se trouvait toujours à * Sardes, attendant des nouvelles de la guerre. Mardonius ne désespérait

pas non plus de vaincre l'obstination des Athéniens, lorsque leur pays et leur ville seraient eu sa possession. 11 continua donc à s'avancer

Murdonini à sons rencontrer aucun obstacle. Arrivé devant Athènes, il In troma

ahum-. déserte. Les habitants s'étaient réfugiés à Salamine, après avoir reconnu

qu'ils n'avaient aucun secours à attendre des Péloponésiens. Dix mois

après avoir été prise par Xerxès, Athènes retomba entre les mains de

Mardonius.

Celui-ci envoya immédiatement à Salamine un Grec, nommé Mu-

■ rychide, chargé de renouveler les propositions qu'avait déjà faites

Alexandre. Introduit dans le conseil, l'envoyé rendit compte de sa

LHA.P. XVI. — C0NDU1TK MÏSTÉRIKUSH DES SPARTIATES. 517 mission. Une seule voix, dans toute l'assemblée, parla dans un sens favorable aux vues de Mardonitis. Cette voix fut celle de Lycidas, qu'Hérodote soupçonne avec raison de s'être vendu aux Perses, la crainte seule ne pouvant inspirer le courage nécessaire pour braver à ce point l'opinion publique. Le traître paya cher son audace, car ses collègues l' écoutèrent avec indignation et le livrèrent à la multitude, qui le lapida. Quant à Murychide, on le renvoya sain et sauf. Lorsqu'elles furent informées du crime et du châtiment de Lycidas, les femmes athéniennes entrèrent aussi en fureur. Se précipitant en masse vers la maison du coupable, elles suivirent l'exemple de leurs époux et de leurs frères, en massacrant d'innocentes -victimes, la femme et les enfants de Lycidas (i).

Tandis que les Athéniens, une seconde fois chassés de leurs demeures, ce donnaient de si grandes preuves de leur inflexible résolution, les Spar- ™J" liâtes semblaieut ne pas s'apercevoir du danger. Au lieu de hâter la marche d'une armée Spartiate, la nouvelle de l'approche de Mardonius paraissait seulement aiguillonner l'activité des ouvriers qui travaillaient aux fortifications de l'Isthme. Cléombrote.frèredeLéonidas, qui exerçait les fonctions royales durant la minorité de Plistarque son neveu, avait été en voyéavec une armée pour surveiller ces Iravaux, qui étaient encore inachevés, lorsque Mardonius s'empara d'Athènes. Les éphores avaient décidé que lorsque la muraille serait finie, et lorsque la péninsule se trouverait à l'abri d'une attaque, Cléombrote marcherait contre les Perses avec toutes ses forces. Cependant une éclipse de soleil, survenue tandis qu'il consultait les victimes sur l'issue de l'expédition, épouvanta le général au point qu'il revint avec son armée. Arrivé dans ses foyers, il mourut, laissant un fils d'un âge mûr, nommé Pausanias, à qui fut confiée la tutelle de son cousin Plistarque. Ce fut à cette époque que les Athéniens envoyèrent à Sparte une ambassade, à laquelle se joignirent Mégare et Platée, pour reprocher aux Lacédémonlens leur coupable indifférence, et pour leur demander de concourir à délivrer l'Atlique des barbares. Les ambassadeurs trouvèrent les Spartiates tranquillement occupés à célébrer la grande fête d'Amyclée, la flyacîntliie. Ils se plaignirent devant les éphores, en leur rappelant les offres que les Athéniens avaient reçues des Perses, et les promesses que Sparte avait faites à l'époque où elle craignait pour le Péloponèse. Athènes, disaient-ils, était justement indignée de eet abandon, mais les Spartiates pouvaient encore réparer leur faute en allant à la rencontre de l'ennemi en Attique.

Les éphores remirent leur réponse au lendemain, la solennité des fêtes leur fournissant un prétexte pour demander ce délai. Ils étaient

(i) Il est asrei embarrassa ni du voir IHmottkène raconter vin incidenl du nu- me gtnre (Cor.' p. 296) au sujet (l'un nommé Cyrsillus, qui escila, à ce qu'il parait, la colère de ses c oui p.iiriut.es, ou s'opposant, l'année d'auparavant, an* vues di> Thémistocle, lequel proposait d'évacuer l' Attique. Il est presque certain que l'orateur fuit allusion au même Tait que raconte, l'historien. La solution In plu-s facile île ce problème serait de supposer que Lycidas s'appelait ii;iil(.'tiii'iil Cyrsillus. Voyei Welcter, Théognit, p. xxxilt.

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SIS HISTOIRE DI LA GRtiCR.

peut-érre d'ailleurs sincère» en allouant cette excuse. la muraille At 1 Isthme, quoique fort avancée, n'était pas entièrement achevée, a w qu'il parait, lorsque les Atliéuiens arrivèrent à Sparte. Le retour At Cléombrote semble, bien que cela ne soit pas formellement exprimé. avoir eu lieu durant le séjour desambassadeurs(t). Mais, quels qu'aient été les motifs ou les Intentions des éphores, ils jugèrent nécessaire de laisser les Athéniens dans le doute, et préférèrent courir la chance de perdre leur alliance plutôt que de dévoiler leurs projets avant le moment opportun. La patience des envoyés fut mise a une rude épreuve, car pendant dix joues on ne cessa de les renvoyer au lendemain. Cliiléusd'Arcndie, qui se trouvait à Sparte, se chargea, dit-on, de représenter aux éphores l'imprudente qu'ils commettaient en se jouant de h sorte d'un allié aussi considérable. A moins de supposer que le plan des Spartiates n'était pas arrêté d'avance, il est difficile de croire que ces conseils aient exercé une grande influence sur leur détermination. Ce fut sans doute lorsque tous les motifs de retord eurent dispara qu'ils ordonnèrent a Pausanias de se mettre en campagne avec une armée de cinq mille Spartiates accompagnés chacun de sept Hilotes. Au rapport d'Hérodote ils attachaient tant de. prix a entretenir l'incertitude drsenvoyés qu'ils lu prolongèrent le plus tard possible. Au lieu d'annoncer avec empressement aux impatients étrangers que leurs troupes étaient : en marche, ils firent sortir Pausanias pendant la nuit, et ne publièrent ■on départ que le lendemain, au moment où les Athéniens déclarèrent que leur patience était à bout, et qu'ils allaient retourner chez eux. Les envoyés déclarèrent en même temps qu'Athènes se jetterait dans les bras de la Perse, puisque Sparte se refusait à la secourir. Les épiions révélèrent la vérité a peu près en ces termes : « Ils étaient prêts a Jurer que leur armée était en route, et qu'elle devait même se trouver déjà en A rend le.» Les ambassadeurs pouvaient à peine ajouter foi à ces paroles. Cependant, lorsqu'ils furent certains que In srravlté Spartiate pouvait descendre a de semblables plaisanteries, ils s'éloignèrent en toute haie pour rejoindre Pausanias. Un corps de cinq mille hommes bien armés, la fleur des LacéJémonlens provinciaux, les accompagna. ne». Tel est le récit que fait Bérodote de cette affaire. Mais il nous montre ply* )a conduite des éphores comme si puérile, si capricieuse, que, si nota considérons avec quelle facilité ce qui se passait h Sparte pouvait | être dénaturé à Athènes, nous ne pouvons nous empêcher de soupçon- I ner que la réalité a dû être moins défavorable à l'honneur des Spartiates que ce récit ne nous le ferait croire (S). Si Cléombrote ramena

^ (1) Mûller (Prolegom., p. 40f>) suppose que Cléomhrole mourut l'aimée iiur*rttnntT480 A. J. C), ajanl ramené son armée aussitôt après l'éclipsé q»' "" i lien le 2 octobre. Mais les termes d'Hérodote (k, 8-10) fonl naîtra une npiui» différente, parlapée, à ce qu'il parait, par M. Clinton, F. H ,11, p. 30», qui BU la mort de Cléombrote à l'année 479 A. J. C. — (i) Il est difficile de dire ceqj» choque le plua dans eelta conduite : le vil égoïnme qu'on y remarque en * i dédaigne m mépris, In. dBriiion nmire qui le caractériae. V. L'imbourgBroui™'' Hiit. a* lacw.,l\l,p 71,

CHÀP. XVI. - MABDUMUS EN BÉOTIE. M9

son armée pendant les dix jours du séjour forcé des envoyés d'Athènes, sa maladie, sa mort, le choix d'un nouveau général purent rendre Inévitable un aussi long délai, et le départ de Pausanias eut peut-être lieu aussitôt qu'il fut possible. Mais il peut se faire qu'il ait été à lu fois subit et secret; non qu'il fût le résultat d'une politique nouvellement adoptée, et encore moins l'effet d'une folle et pitoyable plaisanterie. Hérodote rapporte un fait qui pourrait avoir contribué à hâter ce départ, et qui prouve que l'époque seule en était Incertaine. Si cet historien était bien informé, Mardonius avait demandé aux Argiens défaire une diversion en sa faveur, et peut-être, suivant le consiil des Thébains, corrompit-il quelques-uns des principaux d'entre eux ; ouvertement ou en secret, il avait reçu l'assurance- que les Argiens empêcheraient les Spartiates d'envoyer une armée contre lui. Comme nous ignorons de quelle manière ils se propesaient d'y réussir, ce ne fut sans doute qu'une forfanterie vaine; cependant l'avis qu'un tel dessein avait été formé put être apporté a Sparte et accélérer le départ de Pausanias. Un délai aussi prolongé devait exciter une grande impatience parmi les Athéniens réfugiés à Salamine ; la cause ne leur en fut connue qu'au retour de leurs envoyés. Il faut bien admettre que les bruits, qui s'étaient propagés dans l'intervalle, ne se dissipèrent Jtns même après que la vérité fut connue ; et comme la jalousie qui subsls ■ tait entre les deux États rivaux s'en accrut, ces bruits purent prendre de plus en plus la place de l'histoire.

Plusieurs motifs déterminèrent Mardonius à ne point attendre l'arrivée de Pausanias, et a ne point livrer bataille dans l'Attique. La nature du terrain était défavorable aux manœuvres de Sa cavalerie, l'arme sur laquelle il comptait le plus. En cas de défaite, il aurait été forcé de battre en retraite à travers des défilés étroits et difficiles, et exposé à perdre son armée tout entière. En outre, si son séjour s'était prolongé, il eût pu difficilement pourvoir à la subsistance de ses troupes. En conséquence il résolut de rentrer en Béotie, où H serait favorisé par la na-' ture du pays et par le voisinage d'une ville amie. Jusqu'à la veille de son départ il n'avait pas perdu l'espoir de séduire les Athéniens, et il ■ s'était en conséquence abstenu de ravager leur territoire. Mais lorsque arriva le moment de la retraite, il renonça à les épargner plus longtemps. Mettant tout a feu et à sang, il brûla ou détruisit les monuments sacrés ou profanes que la précédente invasion avait laissés debout. Il se trouvait en marche, lorsqu'il reçut la nouvelle qu'un corps de miltt1 Spartiates s'était déjà montré à Mégare avant le principal corps d'armée. Dans l'espérance de surprendre et de détruire un si falble.détachement, il se dirigea vers cette ville et balaya avec sa cavalerie les plaines du voisinage. Cette expédition est la plus éloignée .que U-jr* Perses firent de ce côté. Il faut probablement reporter à cette époque l'incendie ou l'entière destruction du temple d'Eleusis. Avant qu'il" eût atteint Mégare, Mardonius apprit que Pausanias, suivi de toutes ses forces, était arrivé à l'Isthme; il jugea dés lors prudent de commencer sa retraite. Une se rendit pas directement en Béotie; mais, se dirigeant

20 HISTOIRE DE IJl URKCE.

à l'est, il passa àDécétie, traversa le Punies, et descendit dans la vallée Inférieure de l' Asopus. Le but de ce détour était sans doute d'aller cher cher de meilleurs quartiers à Tanagre, où il fit halte pour la oui t. Le lendemain il passa sur la rive droite de l' Asopus, remonta la vallée jus-

» qu'à l'issue du délité, à travers lequel ta grande route d'Athènes a Thèbes descend à la buse septentrionale du Cithœroiï. Auprès de cette gorge, au pied delà montagne, se trouvaient les villes d'Hysies et d'fcYythres, entre lesquelles passait la route. Mardonius établit sod camp dans la plaine située entre cette dernière ville, la plus orientale des deux, el le fleuve. Il attendit là que l'ennemi, pénétrant en Béotle par les défilés du Citheron, vint lui livrer bataille. Il ne demandait pas mieux que de rencontrer ses adversaires, mais il ne se liait pas assez à sa force pour dédaigner les précautions nécessaires en cas de défaite. 11 forma une enceinte de plus d'un mille carré (seize cents mètres) au moyeu d'un rempart surmonté d'une palissade et flanqué de tours en bois, pour mettre en sûreté ses trésors et pour se ménager un refuge en cas de be-

» soin. Tandis que ces travaux s'exécutaient, il accepta une invitation d'Attaginns, qui voulut lui donner un splendide festin à Thèbes et traiter aussi cinquante de ses officiers. Pour démontrer l'union fraternelle qui existait entre les Perses et leurs alliés grecs, Attaginus invita en même temps cinquante de ses concitoyens, et disposa ses botes de telle manière qu'il se trouvât sur le même lit un Perse et un Grec. Hérodote rencontra plus tard un des Grecs présents à ce banquet, et apprit de lui que les Perses se montraient fort inquiets sur l'issue de la prochaine lutte. Si nous en croyons cette anecdote, le plus grand nombre des officiers perses se considéraient alors comme ries victimes sa cri liées a l'ambition de Mardonius.

Tous les Grecs établis au nord de l'Isthme,. et qui reconnaissaient le joug de la Perse, avaient pris part à l'invasion de l'A ttîque, Los Phocéen* seuls s'en abstinrent. Us s'étaient engagés à fournir un renfort à l'armée des barbares ; mais, à la suite de retards imprévus, ou par haine des Perses, leurs troupes, un millier d'hommes environ, n'arrivèrent qu'après le retour de Mardonius à Thèbes. Lorsque le lieutenant de Xerxès fut informé de l'approche de cette petite armée, il dépêcha quelques cavaliers pour lui donner l'ordre de s'arrêter dans la plaine, et de se tenir isolée du reste de l'expédition. Dès que les Phocéens eurent obéi, la cavalerie perse tout entière les enveloppa. Les Grecs, qui assistaient de loin à ce spectacle, s'attendaient à voir leurs compatriotes tomber sous les javelots des barbares. Ha rmocy de, le commandant du détachement arec, exhorta ses soldats à se tenir prêts n mouriren gens de co?iir qui ont les armes à la main et qui veulent vendre chèrement leur vie Serrant leurs rangs, ils se formèrent en cercle, et attendirent courageusement le choc de l'ennemi. Les Perses galopèrent autour du bataillon en brandissant leurs javelots, lancèrent quelques traits, puis firent volteface et s'éloignèrent. Mardonius voulut faire croire qu'il n'axait pas eu d'autre intention que d'éprouver la bravoure des Phocéens. Aussitôt après il les envoya complimenter sur leur intrépidité.

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