CHAP. XVI. — ESCARMOUCHE A GARGAPHIA
, mes : « Le général attendait, dit le messager, de la réputation dont ils , jouissaient parmi les Grecs, qu'ils voudraient bien consentir à une lutte j particulière avec les Perses ; de leur côté, ceux-ci ne demandaient pas , mieux que de faire dépendre le succès de leur cause de l'issue d'une ba- ( taille avec les Spartiates livrés a leur propre force. » La gravité spnr- „ tiate méprisa cette insulte. Alors Mardonius, prenant leur calme pour E.cnr-rat>Urha de la lâcheté, ordonna à sa cavalerie de les attaquer. La charge fut si * G,whta> vigoureusement conduite, que les assaillants s' emparèrent de la source t dcGargaptiia, qu'ils mirent hors d'état de servir. C'était là une perte ir^ réparable pour les Grecs ; car, empêchés, Jcomme ils l'étaient, par les cah valiers perses d'aller puiser de l'eau dans l'Asopus, ils faisaient tout leur approvisionnement à la fontaine détruite. Il devint évident qu'ils ne pouvaient plus prolonger leur séjour dans ce lieu. En elfet, outre le manque d'eau, ils étaient exposés à périr parla famine, l'ennemi gar- , datit soigneusement le défilé du Clthffirau, et interceptant toute communication avec le Péloponèse. Comme les barbares ne paraissaient pas disposés à commencer l'engagement général, les principaux chefs s'as— !" semblèrent pour délibérer sur leurs futures opérations. Le conseil décida '■ que, si la bataille n'était pas livrée ce jour-là même, l'armée se retirerait pendant la nuit dons une plaine plus rapprochée de Platée, et connue ■ " sous le nom de l'Ile, parce qu'elle était presque entourée par les deux ■'" branches de l'Oéroé, et que, lorsqu'elle serait arrivée dans ce lieu, un fort détachement partirait, afin de balayer le passage et d'amener dans le f* camp les provisions retenues dans la montagne. "'' Mardonius ne donna point de suite à l'attaque de sa cavalerie, qui *' continua seule pendant ce jour à harceler les Grecs. Lorsque la nuit •\ arriva, le plus grand nombre des généraux alliés, se conformant à la "* résolution adoptée dans le conseil de guerre, commencèrent à s'éloigner. **' Toutefois, au lieu de se rendre au lieu convenu, ils gagnèrent Platée, et '* s'établirent auprès d'un temple de Junon. Le but de cette nouvelle dé- ■-'-' terminatiou était peut-être de proliter des ruines de la ville pour mettre ** les blessés à l'abri. Pendant ce temps-là un obstacle inattendu retenait >;< Pausanias. Un de ses officiers, nommé Amompharétus, s'imagina que le mouvement commencé était une fuite honteuse qui allait souiller »" l'honneur de Sparte. N'ayant pas été présent à la délibération anté- (3* Heure, il aima mieux désobéir à son chef qu'aux lois de son pays, luis Ji^ qui lui défendaient de fuir devant l'ennemi, et il refusa de mettre sa di- J" vision en mouvement. Nous ignorons quelle était la force placée sous iD* son commandement, mais il est probable qu'il avait sous ses ordres (C6 l'un des six corps qui composaient ordinairement une, armée Spartiate. :-k Quoi qu'il en soit, le détachement était assez considérable pour que Pau- ,-!' saniasne voulût point le laisser écraser pur l'armée ennemie tout entière. M* Aucun argument ne put vaincre l'obstination d' Amompharétus ; Pansa- .tmompb*:*- .u*1 nias et son collègue essayèrent en vain d'ébranler sa détermination^ ""' j!* Daus l'intervalle, les Athéniens, se méfiant, dit Hérodote, des intentions îïjt* des Spartiates, envoyèrent un cavalier à la découverte. Le messager 0* trouva les généraux lacédémouiens engagés dans une grande dispute.
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Amonipharétus, probablement orateur laconique, souleva en l'air une grosse pierre, et la jeta au pied de Pausanias tu criant : « Je. vole pour ne point fuir devant 1rs barbares. » Pausanias envoya alors aux Athéniens l'ordre de rassembler leurs forces pour suivre les mouvements des Spartiates. Il pensa, comme le jour commençait à baisser, que l'obstination d'Amompharétus céderait lorsqu'il se verrait abandonné. Il s'avança avec le reste des Laeédémoniens et les Tégéates, en suivant les contours du Cfthœron. II s'arrêta cependant À quelque distance pour donner à Amompharétus le temps de réfléchir et de venir le rejoindre. Amonipharétus cessa de s'opiniatrer quand il comprit le dauger où il plaçait ses soldats, et il commença à* se rapprocher lentement du principal corps des Spartiates. 11 venait à peine d'opérer sa jonction lorsque la cavalerie ennemie, s'étant aperçue de la retraite de l'armée grecque, accourut et commença à la harceler comme la veille.
Quand il sut que les Grecs s'étaient éloignés pendant la nuit, Mardonius demanda à ses amis de Thessalie ce qu'ils pensaient maintenant du courage si vanté des Spnrtiates, et railla le lâche conseil d'Artabaze, qui parlait de battre en retraite devant de pareils hommes. Sans plus de rétard, il traversu l'Asopus, et s'élança sur les traces de sa cavalerie pour attaquer les Laeédémoniens, dont les forces, réunies à celles des Tégéates et à quatre mille hommes de troupes légères, se composaient d'environ cinquante mille hommes. En se voyant poursuivi par la cavalerie perse, Pausanias dépécha un cavalier auprès des Athéniens pour leur demander leur secours, ou du moins celui de leurs archers. Mais l'approche des Grecs auxiliaires de l'ennemi empêcha les Athéniens de répondre à l'appel de leur allié.
Tandis que Pausanias se préparait à repousser l'attaque des Perses, le devin examinait avec soin les victimes. Les présages étant toujours contraires. Je général Spartiate ordonna à ses soldats de s'asseoir sur la terre en dressant leurs longs boucliers devant eux, et d'attendre dans cette attitude que les dieux essent donné le signal delà bataille. Les Perse?* s'avancèrent à la portée de l'arc, fixèrent sur le sol leurs boucliers d'osier, dont ils usèrent comme d'une sorte de rempart, et firent pleuvoir une grêle de flèches sur les Spartiates. Pas un soldat lacédémonien ne bougea; plusieurs furent blessés, et parmi ceux-ci Callicrate, cité comme le plus bel homme de l'armée grecque, mourut en regrettant seulement de n'avoir pu se servir de ses armes pour la défense de son pays.
Dans ce moment critique, Pausanias, se tournant du côté du temple ■ de Junon , implora le secours de la déesse. Dès qu'il eut achevé sa prière, le devin annonça que le dernier sacrifice était favorable. Au même instant les Spartiates se levèrent et marchèrent sur les Perses. La faible barrière que' présentaient leurs boucliers céda bientôt au choc de la phalange dorienne, et les barbares se virent engagés dans un combat corps à corps où Ils avaient le désavantage des armes offensives et défensives. Leurs lances et leurs épées de petite dimension n'étaient pas plus propres « entamer la panoplie Spartiate, que
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