‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 123 sur 143 · CHAP. XVI. — FÊTE DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

CHAP. XVI. — FÊTE DE LA LIBERTÉ

conserver l'union parmi les alliés et à diriger leurs forces contre l'ennemi commun. Avec la sanction de l'oracle de Delphes, ils élevèrent un autel à Jupiter Libérateur (t); mais avant d'y offrir le premier sacrifice, il leur fut prescrit d'éteindre tous les feux qui existaient dans le pays, parce que la présence de l'ennemi les avait souillés, et de les rallumer au foyer national de Delphes. Un Platéen, nommé Euchidas, partit du camp pour cette dernière ville, éloignée de cinq cents stades (2), et revint le même jour ; mais à peine avait-il remis le feu sacré qu'il tomba mort. Son tombeau fut placé dans l'enceinte consacrée à Diane Euclée, et cette action fut rappelée par une inscription (a). Dans une assemblée, convoquée à la demande d'Aristide, on arrêta que tous tes ètatsdelaGrèceenverraient chaque année des députés à Plalée, pour s'y " occuper d'intérêts politiques, et pour glorifier l'anniversaire de la bataille par des cérémonies religieuses (4). On décida aussi que tous les cinq ,F,*fL ans il y serait célébré une fête solennelle, appelée fête de la- Liberté (&). Les alliés devaient entretenir une armée de dix mille hommes, mille cavaliers et cent galères pour continuer la guerre contre les barbares. Les Plateens furent déclarés inviolables tant qu'ils offriraient en faveur de la Grèce les sacrifices qui venaient d'être institués. De leur cote, ils voulurent honorer les défenseurs du pays qui reposaient dans leur territoire par des cérémonies annuelles, qui s'observaient encore au temps de Plutarque, et que cet auteur décrit avec détail. Au point du jour, une procession guerrière s'avançait au milieu de la ville au son delà trompette ; venaient ensuite des chars remplis de branches de myrte et de couronnes , puis la victime, qui était un taureau noir, précédait des jeunes hommes libres portant dans des vases les liquides destinés aux libations pour les morts. Les esclaves ne pouvaient être employés à ce service. L'archonte fermait la marche. Pendant l'année où il exerçait ses fonctions, il devait ne porter que des vêtements blancs, et ne point toucher d'armes; mais ce jour-là il était vêtu de pourpre; il tenait une épéc d'une main et de l'autre une urne que l'on conservait dans les archives publiques. Quand la procession était arrivée auprès des tombeaux, elle les lavait, les arrosait d'essences, sacrifiait la victime (6) et faisait une libation. Après avoir invoqué les dieux de la terre et des enfers, elle invitait les braves morts pour la défense de la patrie à partager le repas que, dans sa reconnaissance, elle avait préparé pour eux.

Il ne restait plus d'ennemi en campagne qui obligeât les alliés à pro- chit n. i longer leur séjour en Béotie. Mais l'honneur de la Grèce demandait d"T"""1 qu'avant de se séparer ils punissent les Thébains, qui, non contents de se soumettre aux barbares, s'étaient encore empressés de les aider à

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asservir leur patrie. En interprétant rigoureusement le serment prèle l'année précédente à l'Isthme, la ville coupable aurait dû consacrerlt dixième de tout ce qu'elle possédait au dieu de Delphes. On saisit d'un autre côté, qu'elle avait été entraînée par une faction peu nombreuse à seconder les armes des Perses, et qu'elle n'avait pas été pour eux un instrument obéissant. La justice et ta prudence conseillaient donc de borner la punition à un petit nombre de coupables. Dix jour! après la bataille, l'armée des confédérés parut devant Thèbes, el demanda que les traîtres lui fussent livrés, particulièrement Timeigéuidif et Attaginus. L'influence de ces hommes fut encore assez grande poui déterminer leurs concitoyens a repousser cette sommation et à soutenir un siège, bien que les confédérés eussent déclaré qu'ils ne se retireraient pas avant d'avoir obtenu satisfaction. Alors ceux qui Avaient attiré cette calamité sur Thèbes, reconnaissant qu'il n'était plus possible de prolonger la résistance, ou espérant éviter le châtiment, consentirent à ce qu'on les livrât. Toutefois, Attaginus parvint à s'échBjiper Ses enfants et ses adhérents furent remis entre les mains des assiégants Pausanias épargna la famille du coupable, qui n'avait pas partagé!! faute. Quant à ses complices, Ils s'attendaient à être rois en jugement devant les chefs des alliés, et ils comptaient sur la puissance de Tor pour s'assurer fa majorité des juges. Mais Pausanias, pénétrant ce dessein, trompa leurs espérances par un acte arbitraire qui fut le premier indice de son caractère impérieux. Il congédia les troupes alliées, el emmena ses prisonniers à Corinthe, où, dit-on, il les fit exécuter san> aucuu jugement.

\'c Lejourméroeoù la bataille de Platée mettait fin aux entreprises te Perdes contre la Grèce, ils subissaient encore le premier échec important que lesGrecs leur eussent infligé sur leur propre territoire. La iM' de Léotychide stationnait toujours à Dénis, surveillant de loin les mouvements de l'ennemi; mais les Grecs étaient bien plus préoccupés de h marche des deux armées qu'ils savaient être à la veille d'engager une lutte terrible. Pendant cet intervalle de repos, Léotychide reçut des » voyésqui venaient au nom d'un parti puissantde Samiens lui expos" le désir qu'ils avaient de secouer le joug des Perses et celui du tyran Théomestor, revêtu du pouvoir suprême en récompense du zélé et •■ courage qu'il avait mis a servir la cause des barbares à la bataille «■ Snlamine. Hégésistrate était le principal orateur des Samiens : doue d'une éloquence remarquable, il s'efforça de persuader au roi de Sparte qu'il n'avait qu'à se montrer sur la côte d'iouie pour décider un soflle vtment général. 11 ajouta que les Perses n'oseraient pas faire face » ** année, ou que, s'ils ne s'enfuyaient pas, ils lui deviendraient une pr"1 facile. Il termina son discours en disant que ses collègues attendrai*" avec lui l'événement sur les vaisseaux grecs, où ils resteraient cornu* otages.

Il n'y avait que quelques semaines, comme nous t'avons vu, ojwi^ tychide avait reçu de Chios une proposition semblable, qu'il avait rejet**1 De même que la première, celle-ci n'était faite que par un petit W®"1

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