‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 124 sur 143 · CHAP. XVI. — MTCALE. SB · texte numérisé non relu

CHAP. XVI. — MTCALE. SB

d'individus, qui prétendaient exprimer tes vœux de taur nation teut «atière, et qu'on pouvait soupçonner de n'agir i|iie par passion on par intérêt. Quoi qu'il en soit, te roi Spartiate se trouva disposé à répondre favorablement à cetappel. Ses premiers doutes et ses premières craintes s'étalent considérablement affaiblis pendant son séjour à Délos. Il avait pu recevoir des informations sur l'esprit qui régnait en Ionie et sur les forces des Perses. Une nouvelle offre, venant d'une autre contrée, donnait à croire qu'elles étaient, l'une et l'autre , fondées sur des chances raisonnables de succès; d'ailleurs l'inaction où II se trouvait depuis longtemps commençait à lui peser. Quel que fut le motif qui le détermina, il ne tarda pas à se rendre à la demande des Saniiens. Dans ses dispositions nouvelles, le nom d'Hégé si strate (conducteur d'armée) lui parut d'un si bon augure qu'il affecta d'en faire la cause de sa détermination. Quand les outres envoyés retournèrent dans leur pays, il garda Hégéslstrate. En outre, les sacrifices offerts par un devin, qui prétendait posséder un don de divination héréditaire, fixèrent la résolution du cbef. Plein de confiance dans l'avenir, il fit voile pour Samos.

En arrivant, il vit s'accomplir une partie de ce que les envoyés avaient annoncé. L'amiral perse n'osa pas livrer un combat naval ; h l'approche des Grecs, il renvoya les vaisseaux phéniciens ; puis, avee le reste de la flotte, il se dirigea vers le continent, pour y chercher l'appui des troupes de terre, commandées par Tigrane, et campées sur la cote au pied des montagnes qui se terminent au promontoire de M y cale, vis-à-vis de l'extrémité méridionale de Samos. Cette armée était forte de soixante mille hommes. Au commencement de son expédition Xerxès l'avait laissé* pour s'assurer de l'Ionle. Quant au monarque, H se trouvait encore à Sardes. Les vaisseaux furent tirés sur les bords de la baie, au pied de la montagne, et environnés d'une enceinte en bois et en pierre, construite à la hâte, et devant laquelle l'armée se plaça'sur le rivage. La retraite de l'ennemi et la position nouvelle qu'il avait prise déconcertèrent LAnychi d'abord les Grecs; ils délibérèrent quelque temps pour décider s'ils re- yc' tourneraient à Délos, ou s'ils feraient voile vers l'Hellespont. A la tin cependant ils résolurent de ne pas se laisser arrêter par cet obstacle imprévu, de s'avancer vers Myeale et d'offrir le combat. En approchant du rivage, Léotycbide reproduisit te stratagème mis en usage par Thémistocle auprès d'Artémisium. Quand son vaisseau se trouva assez rapproché des Perses pour qu'ils pussent entendre le son de la voix, un héraut, s'adressant aux Ioniens, les engagea a se souvenir, d'abord de ta liberté de leur pays dans la bataille qui allait s'engager, puis du mot d'ordre qu'il leur donna: il invitait tous ses auditeurs à transmettre le même avertissement aux absents. Le but principal de cette démarche fut atteint; les Perses crurent qu'un plan de défection était déjà formé parmi les Ioniens, pour être exécuté à la première occasion favorable, et que le signai venait de leur être communiqué. Quand Léotychidc, reconnaissait! que l'ennemi n'avait pas l'intention de combattre sur mer, débarqua ses troupes afin de l'attaquer sur terre, ils désarmèrent les Samieus, dont le dévouement leur était fort suspect, et éloignèrent les Milésiensdueamp,

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pour les placerai! sommet duMycaleavec l'ordre d'en garder les passages. Les Pênes s'étaient rangés au pied de la montagneet, suivant leur usage, avaient formé devant eux une espèce de rempart avec leurs boucliers.

Lorsque les Grecs s'approchèrent, ils trouvèrent un bâton de héraut abandonné sur le rivage. Qu'il y eût été placé à dessein, ou que seulement il n'ait fait que confirmer une rumeur déjà accréditée, on ne saurait le décider. Ce qui est certain, c'est que, dans ce moment décisif, le bruit que Mardonius avait été vaincu en Béotie se propagea rapidement dans les rangs des Grecs. Rien de plus naturel qu'un pareil bruit, qu'on le regarde comme l'effet du hasard ou comme répandu à dessein ; qu'il se soit ensuite trouvé conforme à la vérité, c'est une de ers merveilles qu'on n'admettrait pas dans un récit imaginaire et qui, néanmoins, se rencontrent quelquefois dans le cours des événements réels. Par cela même qu'on n'en connaissait pas l'origine, il exalta le courage et la confiance des Grecs avec plus d'efficacité que s'il avait été transmis par des moyens ordinaires et authentique. Maintenant, en effet, la faveur des dieux ne se manifestait plus seulement par cette nouvelle même, elle éclatait encore dans la manière dont elle était apportée. Remplis de joie a la pensée que déjà la Grèce était délivrée, les Grecs marchèrent au combat, non plus pour la défense de leur patrie, mais;, pour s'assurer la domination de l'archipel et de l'tlellespont. • Une aile de l'armée se composait des Athéniens, près desquels étaient rangés les détachements de Corinthe, de Sicyone et de Trézène. Ces troupes formaient a peu prés la moitié des forces réuni es. Comme le terrain qui les séparait de l'ennemi se trouvait un terrain plat, elles s'avancèrent les premières, et commentèrent l'attaque, certaines delà victoire et impatientes d'en recueillir seules .l'honneur. Les Spartiates, qui se trouvaient a l'autre aile, et le reste de l'armée, étaient séparés du champ de bataille par le lit d'un' torrent et un contrefort de la montagne, qui retardaient leur marche en les obligeant a Un plus long circuit. Avant qu'ils arrivassent, les Athéniens, forçant la faible barrière sur laquelle les Perses fondaient leur sécurité, obligèrent leurs adversaires, et sans doute beaucoup d'autres qui ne prirent pas part à ce combat, à se réfugier dans l'enceinte où étaient renfermés les vaisseaux ; ils y pénétré rent eux-mêmes avec les fuyards. Alors, sans tenter une plus longue résistance, les barbares se retirèrent vers les passades de la montagne qui étaient gardés par les Milésieus.

Les Perses, cependant, lorsqu'ilsatteignirent le cnnip, s'arrête rent poui' résister à l'ennemi qui les poursuivait, et qu'ils voyaient arriver en corps peu nombreux; ils soutinrent même le combat après qu'ils eurent perdu Tigrane, leur chef, et un de leurs amiraux. Mais l'arrivée des Spartiates décida la victoire et détermina une. déroute complète. Les Snmiens désarmés aidèrent autant qu'ils le purent leurs compatriotes, dès qu'ils virent l'issue de l'affaire, et les autres Ioniens, imitant leur exemple, tombèrent sur les Perses. Une partie de ceux qui s'échappèrent sur la montagne furent trahis par les Milésiens qui, au lieu de les conduire au sommet, les engagèrent dans des sentiers par où ils revinrent vers leurs

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