‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 126 sur 143 · CHAP. XVI. — SUPRÉMATIE D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

CHAP. XVI. — SUPRÉMATIE D'ATHÈNES

les nombreux confédérés, à la satisfaction de tous, et sans encourir te contribution. moindre soupçon d'avoir fait tourner à son avantage particulier les fré- p»* "riiud* qu fii tes occasions de gain qui se présentaient. D'autres Grecs peut-être auralentété capables de résister à !a tentation, mais il semble qu'il était seul supérieure lacalomnie. Quelques-uns des alliés devaient fournir dé l'argent; les plus puissants devaient équiper des vaisseaux. Le total des contributions annuelles montait à 460 talents (environ 2,900,000 fr.; suivant M. Bœekh, S, 530, 000 fr.). Délos, depuis longtemps centre religieux et commercial de l'Ionie, fut choisie pour être dépositaire du ti'ésor des confédérés. C'est aussi dans son temple que les députés devaient tenir leurs assemblées.

Cependant des plaintes relatives à la conduite de Pausanias, et la nouvel lede sa trahison projetée, étaient parvenues à Sparte. Les éphores le rappelèrent aussitôt, et le remplacèrent par d'autres chefs au nombre desquels se trouvait Dorcis. Cesgénéraux amenèrent quelques renforts, mais il était trop tard; les insulaires et les Grecs d'Asie étaient irrévocablement détachésde Sparte. Dorcis et ses collègues virent, en arrivant, qu'ils devaient se contenter d'un rang inférieur. C'était la un échec aussi grand pour l'orgueil de Sparte que pour sa politique. Comme elle ne pouvait cependant ni révoquer le passé, ni reprendre son rang, elle se retira de la lice où triomphait sa rivale, avec aussi peu de résistance que si elle n'espérait y gagner ni profit ni gloire. Elle rappela ses troupes. Désormais, au lieu d'une seule confédération, deux associations distinctes se partagèrent les forces de la nation (l). L'autorité de Sparte fut exclusivement reconnue par le Péloponèse, qui se groupa plus étroitement autour d'elle par l'effet même du pouvoii; naissant d'Athènes et de son union avec les Ioniens.

Ainsi Sparte retombait dans sa sphère première, tandis qu'Athènes s'élevait au contraire à une position que lui destinait évidemment la nature. 11 était permis de croire qu'elle serait favorable à la tranquillité de la Grèce, la révolution qui plaçait tous ses États dans la situation le plus en harmonie avec leurs habitudes et leur caractère, assignantà chacun les fonctions les plus appropriées a ses moyens; laissant l'un parcourir son orbite héréditaire, et veiller au maintien de ses institutions nationales ; fournissant à l'esprit actif de l'autre le soin constant de repousser ou d'attaquer l'ennemi commun. Un homme d'État n'aurait peut-être pas du être accusé d'imprévoyance, s'il avait espéré que cette

(1) Muller, Dor.,1,9, 7, el ProUgom., p. 412, voit toute cetle affaire sousun aBpecl entièrement différent. Sparte n'aurai! pas cru renoncer à son ascendant accoutumé ; elle se serait seulement démise de la direction de tout ce qui concernai! la guerre d'Asie, en la confiant niix Athéniens qui auraient été chargés de In continuer, el elle les aurait toujours regardés comme soumis à sa suprématie. Il est asseï probable qu'elle tînl d'abord ce langage, et que ce fut sa manière d'envisager la situation nouvelle. Mais il reste toujours à savoir quel était réellement l'élat des choses, et comment ou les considérait » Athènes. Mûlfer [Doritns, 1, 9,7) s'exprime avtf mis brièveté qui pourrait tromper le lecteur qui ne consulterait pas Thucvilide. Passant sous silence l'expédition conduite par Dorcis, il montre eu elfe! ~ Sparte comme abandonnant volontairement la guerre d'Asie aussitôt qu'elle jugea 'e-dc rappeler Pausa nias.

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heureuse distribution, si paisiblement effectuée, écarterait toute hostilité ; qu'elle empêcherait au moins ces États d'user leurs forces les uns contre les autres dans une lutte longtemps prolongée. SI les affaires politiques avalent toujours été raisonnablement dirigées, cette espérance pouvait en effet s'accomplir. Par quelles passions ce brillant avenir se couvrit il de nuages, comment l'équilibre établi entre les deux puissances devint-Il une cause de destruction, c'est ce que la suite de cette histoire va nous apprendre. L'époque à laquelle nous sommes arrivés ouvre une période nouvelle. De nouveaux personnages vont occuper la scène. Quoique la vie publique des hommes qui ont le plus contribué à amener ce nouvel ordre de choses ne se termine pas précisément ici, le reste de leur carrière appartient beaucoup plus à la biographie qu'à l'histoire. Notre récit ne pourra que gagner en clarté, si, devançant un peu le cours des événements, nous rattachons immédiatement les dernières circonstances de leur vie au récit des actions qui ont rendu leurs noms célèbres, et qui donnent à leur destinée particulière quelque droit â notre attention.

cfaugsmmt La pins grande œuvre d'Aristide fut l'établissement de la confédéîi^û'iin "a^ ration ionienne; et si, en l'accomplissant, il montra sous leur jour le ihèntt. pjus éclatant les traits les plus nobles de son caractère, c'est la dernière dont on lui fasse honneur. Il n'est pas impossible cependant qu'il ait exercé quelque influence sur les changements apportés à la constitution d'Athènes. II est en effet regarde comme le principal auteur de ces changements, et Plutarqoe dit qu'il les opéra après la bataille de Platée. Il renversa la barrière qui séparait la plus haute des classes instituées par Solon des classes mférleures, en rendant la dignité d'archonte, et par conséquent le sénat de l'aréopage, accessible aux plus pauvres citoyens. Cest du moins ce que rapporte Plutarque. Quoiqu'il y ait lieu de soupçonner que, dans d'autres cas, on n'a pas tenu compte des degrés par lesquels la démocratie d'Athènes s'est successivement développée, et qu'on a rapproché et condensé desévénements qui ont occupé une longue période, il parait certain que cette mesure d'Aristide eul réellement la portée qu'on lui attribue communément, et que la quatrième classe de Solon, les thètes, fut admise à toutes les dignités de l'État. Ce changement avait été préparé, Jusqu'à un certain point, par ceux qui avaient eu lieu graduellement dans la valeur de la propriété depuis le temps de Solon, et qui rendaient l'archontat accessible à un plus grand nombre de citoyens. Aristide fut archonte, et cependant s.i fortune était pins que médiocre. Mais évidemment l'admission de la qnatrième classe reposait sur un principe différent, sur le droit que l'on reconnaissait à quiconque était né à Athènes d'aspirer à toutes les fonction* de I Élal quand elles n'étaient pas de nature à exiger une resl>onsabilité pécuniaire, comme par exemple le maniement des deniers publics. S'il fut un temps dans l'histoire d'Athènes où un homme d'Élatte) qu'Aristide put admettre la justice de ce principe, ce dut certainement être après les héroïques efforts que firent toutes les classes de citoyens dans la guerre des Perses. D'ailleurs un grand nombre de (a-

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