‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 130 sur 143 · CHAP. XVI. — MORT DE THÉHISTOCLE · texte numérisé non relu

CHAP. XVI. — MORT DE THÉHISTOCLE

térêts du roi de Perse, et qu'il saurait prouver son attachement par de plus grands services. Il n'avait, disait-il, besoin que d'une année pour acquérir les moyens d'exposer lui-même ses plans. Sa demande lui ayant été accordée, il s'appliqua avec assiduité à étudier la langue et les manières du pays, qu'il se rendit assez familières pour se concilier la faveur d'Artaxerxès ; il atteignit ce but par son adresse et ses discours, non moins que par les promesses qu'il mettait en avant et la prudence dont il donnait des preuves. Si nous en devons croire Plutarque, il excita même la jalousie des courtisans perses par l'habileté avec laquelle il cultiva leur art. 11 ne quittait le roi, ni à la chasse, ni au palais, et it étail admis devant sa mère, qui le recevait avec beaucoup de bonté ; il crut en outre prudent de ménager les préjugés religieux du peuple, en prêtant l'oreille aux doctrines des prêtres. Il fut envoyé plus tard dans les provinces maritimes, pour y attendre peut-être l'occasion de porter ces grands coups qui devaient établir la puissance du roi de Perse sur les ruines de la Grèce. Dans l'Intervalle il reçut une pension, conformément à l'usage d'Orient. Trois villes florissantes lui furent assignées pour son entretien. Magnésie devait lui fournir le pain, etMyus, la viande. Lampsaque, aux vignobles renommés, devait le pourvoir de vin. Il fixa sa demeure à Magnésie, dans la vallée du Méandre, où il vécut en prince, grâce aux libéralités du roi. Ce fut la que la mort le surprit, selon l'opinion générale; la certitude qu'il avait de ne pouvoir tenir ses promesses hâta, dit-on, sa fin. Thucydide ne croyait évidemment pas qu'il se fût empoisonné. Il est difficile de penser que la crainte de ne pas remplir l'attente du roi de Perse l'ait porté à une telle extrémité. Mais nous pouvons admettre que l'homme dont les lauriers de Miltiade avaient troublé le sommeil dut ressentir quelque chagrin au bruit de la gloire croissante de Ci m on. Quoique son caractère ne s'élevât pas an niveau de son esprit, Thémistocle était néanmoins incapable de ressentir la vaine satisfaction que lui attribue une. anecdote de Plutarque. On prétend qu'assis devant sa table somptueuse, il s'écria un jour : a Combien nous aurions perdu, mes en* fauts, si nous n'avions pas été ruinés I » Il avait sans doute des pensées bien différentes quand il désirait que ses restes fussent portés secrètement en Attique. L'obscurité qui couvre plusieurs des actions de sa vie s'étend jusque sur-son tombeau. Un monument magnifique lui fut élevé sur la place publique de Magnésie, et cependant on montrait sa tombe au Pirée sur le bord de la mer, et on croyait généralement qu'elle renfermait ses dépouilles mortelles. Au temps de Plutarque, les descendants de Thémistocle jouissaient encore de quelques privilèges particuliers à Magnésie ; mais aucun d'eux ni de sa postérité ne ranima à Athènes l'éclat de son nom.

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