‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 135 sur 143 · N° I. — HISTOIRE PRIMITIVE DES POEMES D'HOMERE · texte numérisé non relu

N° I. — HISTOIRE PRIMITIVE DES POEMES D'HOMERE

merum interpréter eura qui ex variis antiquiorum carminibus qute de rebui

Trojsnïs fuerint minora, multum profecerit, et qui lliadero, quœ anfea de sola Jovis peu).» fuisset, conforma ver it in bancquamlegimus de ira Achillis primurn. Grœcis giavi deinde in ipsum verlente, donec Priami maxime admonitione in tempérant) a m liumaineque sortis conscienliam vocatur. In |ioc carminé plurima ex antiquioribuB retenla suspicor, Oïlysscam vero ab eouem forlasse poeta, simili quidem antiquiorum usu, sed tamen ita compositam, ut non solum banc operis descriptionem primus invenerït, sedelîam singula ipse exornaverit pleraque omnia. ■ Selon le système de Hermann, Homère est l'auteur des premières esquisses de l'Iliade et de l'Odvstiée ; comme, selon Wolf, il est le vatet qui primus ad oanendum accesserat. Hais Wolf n'aperçut pas la dilficulté qui contraignit Hermann à adopter celte hypothèse, et il semble l'avoir regardée comme une variante peu importante de celle qu'il avait proposée dans ses Prolégomènes. Ce qui appartient proprement à Hermann, c'est la forme particulière qui lui permit de l'adapter a la fin pour laquelle elle a été conçue. Malheureusement les détails qui constituent cette parlicularilé dans sa forme sont les points qui paraissent donner lieu aux plus graves objections.

Hermann avait à expliquer comment son Homère était parvenu à acquérir un tel ascendant sur les races de poètes qui lui succédèrent, que ces poêles se déterminèrent à ne pas sortir des sujets que ses ouvrages leur avaient imposés ou indiqués. A cet effet, il semble d'abord (page 8) penser qu'il lui suffit d'attribuer ce résultat à la supériorité du génie de l'auteur de l'Iliade et de L'Odyssée. C'était, dit-il, un barde qui vivait à une époque plus rapprochée des événement de la guerre de Troie que celle dans laquelle Hérodote fait vivre Homère, et qui célébra la colère d'Achille et le retour d'Ulysse dans deux poèmes peu étendus, mais avec plus de vie, d'énergie et d'art que les autres bardes de son temps. Celte supposition est sans aucun doute très-modérée et Tort raisonnable, et il semble tout naturel, — ainsi que le suppose ensuite Hermann, — que deux ouvrages semblables aient occupé pendant quelque temps l'opinion publique, et qu'ils aient même décidé d'autres poètes à traiter le même sujet longtemps après que l'impression produite par leur originalité s'était effacée. Mais nous somme attenté s de répondre à Hermann : « Quod ostendis mini sic, incredulus odi, » quand il nous engagea croire que jusqu'à l'époque des poésies épiques cycliques aucun poète ne courut la chance d'avoir un auditoire, s'il osait développer d'autres sujets que ceux de l'Iliade et de l'Odyssée, comme s'il n'avait aucune prétention au nom et à l'autorité d'Homère, et qu'ainsi tout le génie poétique de la Grèce fût, pendant plusieurs siècles, entièrement consacré à la tâche d'augmenter, de refaire, de polir et de perfectionner ces deux poèmes. Hermann lui-même semble avoir compris qu'il y avait en ce cas une certaine disproportion entre la cause et l'effet supposé ; et un peu plus loin (page 89), il donne à son hypothèse une nouvelle forme, mieux calculée pour rendre compte de l'autorité transcendante et de l'influence durable d'Homère. 11 suppose que le poète surpassa non-seulement, par son génie et par son art, ceux de ses contemporains qui chantèrent également la guerre de Troie, mais qu'il fut le fondateur d'une école entièrement nouvelle, l'auteur qui produisit le premier échantillon d'un chant héroïque, la poésie antérieure ayant été complètement didactique. Si on admet cette supposition, on a un peu moins de peine à .se persuader que ses ouvrages oui pendant longtemps occupé exclusivement l'attention publique, mais on peut difficilement adopter toutes les conclusions qu'en déduit Hermann, et alors même qu'on s'y résoudrait, l'avantage qu'elle offrirait serait toujours contrebalancé par son improbabilité intrinsèque. Il semble presque impossible de croire que la poésie héroï-

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qnR ne «il née qu'après li fin do VApt héroïque. Herminn cita ces expressions d'Horace : a Vixere fortes ante Agamemnona Hulti, sed omîtes illacry nubiles .Orgentur, ignotique longe Nocle, curent quia val* aacro ; » Gomme si cela n'eût pas pu être également vrai, bien qu'une énorme masse de chanta épiques eût été perdue, ou comme s'il était dilficile d'expliquer une telle perte. Le passage des Grenouilles d'Aristophane (vers 1038) sur lequel Hermann s'appuie aussi [Opuac, t, p. 73) n'offre pas une base plus Bolide. Cependant, si nous rejetons cette supposition, et la conjecture également arbitraire que le passion dominante des poètes postérieurs pour Homère les empêcha de choisir des sujets autres que ceux qu'il avait traités, alors l'hypothèse d'une Iliade et d'une Odyssée plus petites et plus anciennes n'offre a net égard aucun avantage sur celle de Nitxsch, et, de toutes ces objections soulevées par Hermanu, la seule à laquelle la dernière de ces bypotlièsee semblerait vraiment exposée est celle qui lui reprocherait de ne pas attribuer une antiquité assez haute à Homère. On ne saurait nier qu'elle s'acoorde mieux que l'autre avec l'analogie, et qu'elle est plue facile a comprendre.

L'hypothèse de Nilssch paraît ne différer que très-légèrement, — si elle en diffère, — de celle que Rilechl propose dans l'essai ci-dessus mentionné (p. 70), et qu'il regarde comme un de; points qui sont maintenant suffisamment établis. Dans sop opinion, Homère tira ses matériaux d'une grande quantité de cbanls épiques traditionnels, et il les combina, en les mélangeant avec Isa productions de son propre génie, de manière à développer l'argument de l'Iliade et de l'Odyssée primitives : explication de leur origine qui, comme Ritschl le remarque, exclut la supposition d'une harmonie intrinsèque s'appliquent même aux plus petits démils. Ces deux ouvrages ainsi composés, et transmis par la tradition orale t plus particulièrement par les récitations des homérides de Chios, se décomposèrent sans peine, et naturellement leurs éléments reprirent leurs formes premières. Plus tard cependant ces piècea séparées furent écrites, puis réunies de nouveau telles, — autant du moins que cela était possible, — qu'elles l'avaient été dans l'origine, à l'époque où Pisistrate en lit pour la première fois rédiger un recueil complet.

Ici le lecteur doit s'apercevoir que sur un autre point lajjuestion a subi un changement remarquante depuis la publication des œuvres de Wolf, Les traditions relatives a la forme nouvelle que prirent les poèmes homériques dans le siècle et sous l'influence de Pisistrate ont paru a Wolf un des principaux appuis de son hypothèse. Ces traditions ont été récemment confirmées par ta découverte d'une scholie sur Plaute, — une traduction, à ce qu'il parait, du greo de Tzetzès : ex Cœcio in commente/ amvœdiarwn Aristophanis poeta in Piaula, qui contient le passage suivant : a Ceterum Pisistratus sparsam prius Homeri poesimaotePtulemffiumPhiladelphumanniaducentis, eteoetiam arapliufi, soilerti cura in ea que nnno estant redegit volumina, usus ad hoc opus divinum industrie quatuor celeberrimorum et eruditissimomm hotninum videlicel Concyli (voir sur celte leçon DiinUen, Homer und der epische Kyklos, p. 85), Onoinacrili AlheniensU, Zopyti Heracleolie, et Orphei Crotoniatee. Nain oarjitim prius Homerus et non nlsi difÛcillirae legebatur. La nature du travail entrepris par l'ordredePL-îstrale adonné lieu à une assez vive controverse: les uns l'ont regardé comme une nouvelle édition de l'Iliade et de l'Odyssée, . faile à l'aide d'une collation de manuscrits, qui présentaient de nombreuses et fortes variâmes, bien qu'ils continssent tous un ouvrage entier] les autres y mit voulu voir une collection des divers poèmes épiques qui composaient le cycle et dont la plupart étaient attribués à Homère par quelques traditions. Mais il semble presque impossible de concilier l'une ou l'autre de ces opinions avec

No I. — HISTOIRE VHIMItIVB BM PGBUES D'HOMÈRE. HT

le langage de la scholie, qui eût probablement offert à Wolf un témoignage décisif eu faveur de son système. Toutefois Ritschl et d'autres les considèrent Bous un point de Tue totalement différent, et, selon eux, il s'accorde parfaite-ment avec la haute antiquité des poèmes et l'unité de plan primitive dans chaeitn d'eux.

Que si on songe au grand nombre d'opinions diverses mentionnées dans cette légère esquisse, et à l'obscurité de l'époque à laquelle ces opinions se rapportent, on se convaincra que les conclusions basées sur des faits étrangers aux poèmes homériques ne mentent pour ainsi dire aucune confiance ; et on ne Sera pas surpris d'apprendre que les écrivains les plus éminents qui ont étudié cette question regardent encore un examen plue attentif de ces poèmes comme la méthode la plus sûre pour obtenir un résultat satisfaisant. Remorquons-le cependant, quelques-uns de ces critiques se sont préoccupés plus ppénalement du choix et de la disposition générale des matières , tandis que d'autres ont porté surtout leur attention sur les détails de l'exécution. Aussi; comme cel» était inévitable, les premiers ont-ils plus fréquemment admis l'imité de plan primitive , et les seconds ont-ils communément cru découvrir des preuves concluantes à l'une nombreuse collaboration. Niliscli, Wolcker, K. 0. Millier, Bode, Diss.n et Schneidewin [Hhein. Mue, f. pkiio., v. 3) entre autres, soutient! nt, non-seulement que le plan originel de l'Iliade, avec des interpolations plus ou moins fréquentes, comprenait peut-être tout ce qu'il renferme actuellement, mais qu'il ne put pas s'être arrêté court a aucun point antérieur; et, dans leur opinion, les interruptions et les déluis qui ralentissent la marche de l'action principa'e avaient été calculés pour augmenter l'intérêt, et prouvent jusqu'à l'évidence que le poète était d'une habileté consommés dans son art. Selon d'autres, le plan piimilif ne comportait rien de plus que ce qu'annonçait le début du premier chant de l'Iliade; par conséquent les i cènes qui suivent la description des revers et des malheurs des Grecs, — comprenant la mort de Patrocle et ses conséquences, — ne peuvent pas avoir été tracées par la même main, et, quel que soit leur mérite intrinsèque , elles doivent être regardées comme une suite arbitrairement allongée, -ans qu'aucun principe de composition poétique ait déterminé ses limites. Évidemment ces questions sont de celles qui ne se décident point par des conclusions tirées de prémisses universellement admises, mais dont la solution dépend on grande partie de la nature etde la portée particulières de l'esprit de ceux qui la cherchent.

Cependant on avait pensé qu'une étude plus approfondie produirait des résulte)! plus positifs. Dans son essai : de inttrpoiationibus Homeri (Optwc, t. y), If-ntisinn exprimait l'opinion {p. 68) que, si un savant voulait se donner la peine d'examiner l'illiade entière avec toute l' attention désirable dans les plus minutieux détails, M pouvait espérer découvrir, avec un degré suffisent de probabilité, la plupart de ses parties élémentaires, et leur rendre presque exactement leur forme originelle. Mais les exemples qu'il donnait dans cet essai du procédé dont il recommandait l'emploi ne produisirent pas la même impression sur tous les autres critiques (Voir Sahneidewjn dans le AfteiA, Mut., v, 409). Un critiqua qui avait fait préalablement une étude trisjapprofondie de la poésie épique de l'Allemagne au moyen âge, Lanhmeno, a entrepris une analyse de l'Iliade entière, telle que la demandait Herniaitn, et ce travail a été publié en deux parties dans les Mémoires de l'académie de Berlin ((/«6#r die Ereten Bûcher der [lias, 1837, et Fernere Betrachtungen ilber die Mas, 1841). Lu ch marin parait croire qu'il a rétabli l'hypothèse de Wolf sur une base immuable, et il a décomposé l'Iliade en dix-huit pièces qui ne sont peut-être

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pas, dit-il, d'autant d'auteurs différents, mais qui forment, en tons cas, des

poèmes distincts et indépendants. Il signale divers exemples d'une incohérence qui lui semble complètement incompatible avec la supposition que les chants auxquels il s'est efforcé d'assigner leurs véritables limites aient pu être primitivement conçus et composés comme des fragments d'un seul ouvrage. A l'en croire, quelques-uns de ces chants sont de beaucoup supérieurs à l'ensemble dans lequel ils ont été- intercalés.

La sagacité, l'érudition et l'esprit dont Laclimann a fait preuve dans ces recherches sont incontestables. Du reste, son travail parait avoir déjà exercé une influence considérable sur l'opinion publique en Allemagne, comme on "peut s'en assurer en lisant un article de F. Ritter, dans les Wiener Jalirbileber iv. vu, 129 sur l'Hist. de la Lin. grecq. de Muller); el personne ne peut nier que les faits sur lesquels s'appuient ses conclusions ne méritent une séiir use attention. Il restera toutefois à eiaminerlaqueilion de savoir à quel point on diminuerait la probabilité decesconclusions enlescomparanlù des combinaisons différentes des faits, proposées par d'autres écrivains, qui, de même quiiGrotefenddans l'article ci-dessus cité de l' Encyclopédie de Hall , ont soumis l'Hiadeà une semblable analyse. Il sera aussi utile de se rappeler l'aveu ingénu de Wolf dans la préface de son Homère (xxii) : «Nunc quoque usa evenit mihi nonnunquam,quoil non dubilo eventurum item multis esse, ut quoties abducto abliisloricisargumenlisanimo redeo ad centinentem Homeri lectionera et imerpretationem, mihique impero illarum omnium rationum oblivisci, quantum potest, el cum veleiibus grammaticis nonnullas fau; poslremarum rhapsodiarum ut interpolâtes légère, et alia pro non dubiis sumere plura qure nos ad prisùnam legendi consuetudinem reducant, atque ita penitus immeigor tn illum veluli prono el liquido blveo decurreutem tenorem actionum et narnlionum : quoties animadverto ac reputo mecura, qnam in universum œstimanii unus hts carminibus insit color, lut certe quam egregie carmini utiique suus color constet, quam apta ubique tempora rébus, n s temporibus, aljquot ioci adeo sibi alludenles uongruant et constent, quam denique atquabiliter in primariis piirsonis eadem lineamenta serventur et iugeniorum et animorum ; vix mihi quisquam irasci et succensere gravius poteril quam ipse facio mihi, simulque vête ri b us i 11 i s, qui tôt non temere factis indiciis destruunt vulgarem fidem et suam ; soleoque interdum castigare sedulitatem et audaciam meam, qure limido alioquin et antiqua libenter retinenli, nec sine religione monùmenla vetusia tractanli , banc extorque! volupialem, ut pro Homereis habeam omnia, atque Homeri unius artcm admirer in hisquœ apud eum hodie legimus. » Demandons- nous aussi si les inégalités que le critique se déterminait si facilement à oublier ou à ne pas voir ne purent pas avoir échappé aussi aisément a l'attention du poète. Enfin recherchons jusqu'à quel point les défauts de symétrie .signalés par Laclimann peuvent être expliqués par l'hypothèse de RiUschl, que l'auteur de l'Iliade fit de nombreux emprunts aux ouvrages des poètes qui l'avaient précédé.

Nous n'avons pas eu l'intention de passer en revue, dans celte partie de l'appendice, tous les ouvrages auxquels cette controverse a donné naissance. La liste la plus complète que nous connaissions de ces ouvrages se trouve dans les notes de la Gescfûchte.der JMienischen DieAffcunst de Bode (v. i). Celte liste renf.rme l'indication de tous les travaux de quelque importance* qui ont été publiés sur ce sujet.

N* II. - SUR LE NOMBRE DES TRIBUS SPARTIATES. II. — SUR LE NOMBRE DES TRIBUS S

Il aérobie suffisamment prouvé (Steph. Byz., &u|iïv) qu'avant la conquête du Péloponèse les Doriens étaient divisés en trois tribus qui passaient pour avoir dérivé leurs noms d'Hyllus, Ris d'Hercules, et de Dymas et Pampbyliis, fils du roi dorien Jigimius. Ce fait seul, sans aucun té' moignage direct, donne à penser que la même division eut lieu dans tous les Etats dorions, où le contraire ne peut être clairement démontré. Cette espèce de raison écartée , on n'a aucun motif sérieux d'attribuer le même nombre aux tribus Spartiates. L'allusion de Pindare aux fondateurs de la race dorienne (Pylh., 1, 61) ne mérite pas l'importance que lui donne Mûller (Dot-., m, 3, 1) dont l'argument ne l'exige pas. La remarque du sclioliasle, qui fait de Dorus un des (ils d'.Ëgimiu-f, n'ajoute que peu de chose à sa valeur. La principale question est celle de savoir si on a quelque raison pour préférer un autre nombre. Divers auteurs, négligeant toutefois les tribus doriennes, ont seulement fixé leur attention sur les passages des éci ivains de l'antiquité dans lesquels les divisions locales de Sparte, ou de ses environs immédiats, sont décrites comme des classifications de tribus ; et surtout sur un passage de Pausanias, dans lequel cet historien parle des habitants de ces quatre divisions, comme s'ils comprenaient le corps entier des Spartiates (m, 16, 9 : ci Aipârai iituptuwôï «ai Kwomufiî; xii fe'Mcinae -ri x«i Oitéru;). A ces quatre tribus on en ajoute quelquefois une cinquième, les Égéides, sur I'autorilé d'Hérodote (iv, 149, Ai-[!ï!ai, tfuMi ju-pxxviv XnàgTf). Barthélémy ( Anacharsis , note du cliap. H), sentant parfaitement qu'il est nécessaire qu'une division locale corresponde à cette cinquième tribu, place la chapelle, ou, comme il l'appelle, le tombeau d'Egée, mentionné par Pausanias (m, 15,8), dans le hameau imaginaire des Égides. Schœmann {Ântiq.J. P. G., 115) considère aûu.« cerrime la cinquième tribu, mais il pense que celte division locale fut substituée à celle des anciennes tribus .par Cléomène Ht. D'autres auteurs, sans faire aucune supposition semblable, ajoutent les Héraclides comme une sixième tribu. Nous citerons, entre auti es, Cragius (de Rep. Lac., i, 6), copié par Manso [Sparla, i, Beylage, 8). Hais de même que Barthélémy s'appuie pour soutenir son hypothèse sur le nombre d>s éphores, Manso trouve dans l'ancienne division de Sparte en six régions un argument en faveur de l'existence des six tribus ; toutefois . il n'établit aucun rapport entre ces deux divisions. Dans son opinion, deux tribus purement généalogiques, telles que les Égides et les Héraclides, si elles existèrent réellement, durent avoir été, comme les autres, établies dans des localités lises. Ainsi, Meursius {Mise. Lac.t i, 7) enrichit la même liste des tribus Auun.iî et najiouxl;, sans s'inquiéter du lieu qu'elles habitaient. Gcektling [Eœeuriw, i, ad Arist. polit.), qui s'abuse étrangement sur la force des arguments de Mûller, se prononce pour le nombre de dix tribus ; il n'a pas la prétention de donner leurs noms, mais il pense que la preuve du fait qu'il avance résulte du nombre des cosmi crélois, qui, dans son hypothèse, fut égal à celui des éphores de Sparte avant le règne de Tliéopompe. C»lte hypothèse, il l'appuie sur un passage du Lexicon deTimée, dans lequel il est question de dix éphores, cinq supérieurs et cinq inférieurs — (V?"> 1C*",T* |*«ï(U< *"' "iwn &&rui;}.— Toutefois, quelle que soit son autorité, ce passage admet évidemment une autre explication : il est possible qu'il prouve seulement qu'il y avait à Sparte deux catégories d'officiers portant le titre d'éphores, quoique exerçant des fonctions différentes. Rien de plus arbitraire que de supposer que le nombre des éphores fût réduit de dix à cinq par Théopompe. H serait

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MO. BIITOIRE DE LA QBÈCR.

beaucoup plus rationnel de conjecturer que, de' son temps, ce nombre s'éleva de cinq à dix, comme cela put avoir lieu en effet, si les fonctions primitives des éphores, ou une parlie de leurs attributions, furent alors transférées à d'autres magistrats appelés du même nom, Mais une allégation aussi isolée que celle de Timé'e ne saurait servir de base à une hypothèse. Lit remarque d'Arietote, que les Spartiates passaient pour avoir, à une époque (mri, que Gcetlling traduit ab inilio), compté dix mille hommes, nous autorise encore moins à en tirer quelque induction quant au nombre primitif drs tribus. En résumé, comme il est facile de supposer que les Héraclides et les Égides furent compris dans les trois tribus, et comme ce nombre s'accorde parfaitement avec celui dea divisions locales de la capitale,*il semble préférable à tous ceux qui ont été proposés.

Tous les renseignements que les anciens nous ont laissés, — si nous en exceptons les fuite isolés et les allusions éparses dans leurs ouvrages, — > sur les institutions de Sparte ,. sont resserrés dans d'étroites limites. Quelques chapitres d'Hérodote (i, 65; vi, 31-60}, le petit irai lé attribué à Xénuphon(de Republica Lac«dœmuniorum),les neuvième et dixième chapitres du se* cond livre de la Politiqut d'Arialote, diverses remarques du sixième livre de Polvba (□. 8)j las vies de Lycurgue, Lysandre, Agésilas, Agis et Cléomène, par Plutarque, et sea ApoiilUhtgmalalar-oniea renferment en effet la faible masse de nos oon naissances.

La littérature moderne est beaucoup plus riche sur ce sujet, parce qu'elle s'est proposé de combler, autant que cela lui était possible, les nombreuses lacunes des anciens. En Angleterre, deux ou trois ouvrages importants, publiés durant les années précédentes, ont oonlribué à éclairer d'un jour nouveau celte branche obscure et intéressante de l'antiquité grecque. L'essai deuxième du docteur Arnold, dans l'appendice de Thucydide, vol. 1, les observations faites sur cet essai par H. Lewis dans le Phitalogical Muséum, n° iv, et le paragraphe consacré à la Laconie dans le chapitre sur la population de la Grèce ancienne dans les Fasti HelUnici de M. Clinton, feront connaître au lecteur quelques-unes des questions les plus difficiles relatives a cette matière.

Nous n'avons pas la prétention de donner ici la liste des auteurs étrangers qui ont traité ce sujet ; les meilleurs travaux doivent être connus de la plupart des lecteurs qu'intéressent de semblables Iravauxi Cerlain, toutefois, que ceux qdi les connaissent le mieux dédaigneront le moins les documents nouveaux, si peu importants qu'il Soient, nous profiterons de l'occasion qui s'offre à nous de mentionner quelques travaux dont la réputation n'est pas aussi grande. Les vieilles compilalions de Cragius et deMeur-iusfontpeut-être surtout intéressantes parce qu'elles montrent les immenses progrès que la philologie a faits depuis leur publication; et la même observation peut s'appliquer, quoique avec moins de force, aux ouvrages de Barthélémy [Anackar&is, c. 41 , 31 j et de Pastoret [Histoire de la Législation, vol. v). M. Pastoret est moins érudil et moins amusant que Barthélémy, mais il est certainement beaucoup plus instructif que Pauw [Recherches iw le» Grecs) et il n'apas ses ridicules prétentions. Lira bu rg Brou war ne a'est pas autant occupé de ce sujet que le titre de son livre semblait le promettre. [Histoire de la civilisation moraleet religieuse des Grecs depuis le retour des Héraclides, L i,c.3. Le grand ouvrage de Huiler [Histoire des Doriens) restera longtemps le meilleur ouvrage à consulter sur cette matière. Maie on lira avec fruit la Sparta de Manso, bien que sa prolixité et ses fréquentes erreurs critiques Tonnent un contraste frappant avec l'exubérance concise de Mùller et cette sagacité qui De lui fait jamais faute, bien qu'elle se trempe quel-

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