IV. SOR LES TKIRÇS ivTtQUES
' La maniera dont nous avons envisagé les quatre anciennes tribus attiquw est essentiellement d'aeeerd avec les vues de Waohsmuth, de Buttmann <<&**?* dans sdti Mythologue) et du docteur Arnold, dans son appendice à Thucydide, vol. î. Hais quelques lecteurs désireront peut-être connaître l'opinion d'autres savants sur ce sujet et sur plusieurs autres points qui s'y rapportent, auxquels il a été fait allusion ça et là dans le texte.
Dans la première édition de son Histoire romaine, |, p. 986, Niebuhr regardait le nom des quatre tribus abolies par Cli&thene oomme indiquant autant de castes. Dans la deuxième édition, il conserve la même opinion quanta l'origine de ces noms; mais leur ordre est pour lui un motif de douter qu'ils aieut jamais eu cette signification dans l'At tique (i, n. 707). Dans la troisième édition, il paraît avoir été amené, parles arguments que présente Hermann dans sa préface à l'Ion d'Euripide, à abandonner toul à fait sa première opinion. Mais eela importe moins que ses idées sur cequefurent'los tribus attiques jusqu'au temps de Solo». Il pense qu'elles u'ent compris qu'une partie de la population de L'Attique, c'est-à-dire les
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Ioniens conquérants, et une. partie peut-être dai anciens bibitants auxquels ils s'étaient mêlés (2"édit., 1, p. 507), el que, par rapport au rai te de la population, «lies se trouvaient dans Ja position dVs patriciens de Home vis-à-vis des plé béiens, Soloij, suivant Niebolir, aurait été si loin d'abolir cette distinction, et d'ouvrir lM tribus, et, par conséquent, la magistrature et le sénat, que le but do son nouveau classement élait d'exclure une partie du corps privilégié lui-même des fonctions auxquelles il avait été admis jusque-là (vol. u, p. 303). 11 douta même que Clisthène ail aboli les quatre tribus, et il regarde comme plus probable qui) les dix tribut en étaient distinctes, et ne renfermaient que le peuple {démos). Ainsi, la dernière transition, par laquelle les deux ordres se fondirent en un seul corps et la nation entière, se trouva comprime dans tes dix tribu*, doit être d'un temps postérieur. Quant aux circonstances de cette transformation et au nom de son auteur, on les ignore également. Il lui paraît extrêmement improbable qu'un ordre maintenu si fort eu arrière ait pu parvenir d'un seul bond et sans lutte au plus haut degré d'indépendance et de franchise. On peut tirer la mema induction du nombre primitif des dénias compris dans les tribus de Chxlliène. Les soixante^ uatorie qui y furent ajoutée étaient sans doute des cantons antérieurement laitues dans la dépendance. La plus for^e partie n'était composée que de familles (un») dont les noms se rencontrent en grand nombre (tous les deraes des dix tribun, mêlés avec le reste comme les membres d'un même corps.
Il est fort à regretter que Niebuhr n'ait présenté ses vues que d'une manière apçessojra pour éclaircir l'histoire, des institutions romaines, et qu'il ne les ait pas toujours exposées avep assoit de clarté pour que noue puissions les apprécier exactement. Nous aurions, par exemple, désiic savoir s'il pensait que les Ioniens privilégiés formassent une partie de la population de l'Atlique, aussi nombreuse qu'on le peut déduire de la subdivision communément admise des qua tre tribus en phratries et génëai, suivant laquelle le nombre s'en sérail élevé à plus de dix mille familles, qui auraient naturellement renfermé des individus du toutes les classes. Dans, ce cas, on ne pourrait guère regarder comme Iresbrusques des changement* semblables à ceux qui sont attribués à Selon 1 1 a Clisthène, Lors même que la révolution opérée par l'un ou par l'autre aurait été beaucoup plus violente qu'on ne le suppose généralement, ce ne serait pas une raison de la rejeter comme increvable. En effet, la probabilité d'un événement semblable dans l'Altique ne peut être convenablement appréciée par analogie avec l'histoire romaine. Quand l'exçilaiionpoli tique eul envahi, comme noua l'avons vu, les autres ftaUj de |a Grèce, quand surtout des révolutions pareilles à celles que nous avons décrites eurent eu lieu dans le voisinage immédiat d'Athènes, à Mégare, est-il étonnant qu'un ordre de citoyens longtemps comprimé se soit élevé tout d'un coup jusqu'à un affranchissement complet? affranchissement qu'il n'atteignit pourtant tout i> fait, même suivant la manière ordinaire de voir, qu'au temps d'Aristide.
Plalner (Bpitrœge, p, 48) croit que les tribus ioniennes, communément rapportées a uue période très- reculée de l'histoire do l'AHjque. se formèrent après le passage des Ioniens du Péjopoqeae dans l'Atlique, pendant le lègue de Mélanthe ; et, qu'au lieu de comprendre les trois ordres de Thésée, comme leurs subdivisions, plies coïncidèrent eu grande partie avec eux, de manière a n'Être, en fait, que Je même arrangement sous des noms différents.. Les e,jpa*trides, qui jouissaient seuls des pi érogatives publiques les plus élevées, étaient tous, suivant lui, renfermés daus une tribu, celle des Hoplôteg. Clisthène dut abolir les anciennes phratries aussi bien que les tribus, parce qu'autrement les trib. US anciennes auraient continué a subsister dans les phratries (argument
médiocrement intelligible). Il divisa probablement chacune de ses nouvelle
tribus en trois phratries.
Plass (il, p. S40) traite singulièrement la question, sans s'appuyer sur des raisonnements ou sur des citations, comme si elle était familière à tout ie monde, avec autant de confiance que s'il avait puisé son opinion dans un document inédit provenant de Solon. Les quatre anciennes tribus ioniennes étaient des caste i ; les Hoplètes, des nobles ou des citoyens, qui jouissaient de tous les privilèges ou des plus élevés. Avant Solon, cette tribu se divisait en quatre autres, dont les noms paraissent perdus. Chacune renfermait trois pliratries, subdivisé» en trente fin (tel paraît être d'après l'ensemble le sens de ce qu'il dit, malgré l'obscurité de ses expressions). Solon voulait faire participer les trois dernières castes aux privilèges des nobles, et pour cela il les distribua dans les quatre tribus jusque-là composées uniquement d'Hoplètes. Depuis lors, chaque -j«« se composa de trente familles.
Wachsmuth pense que les Eupalrides furent répartis dans les quatre tribus, mais ce passage de Suidas : ftnf.nu — uni f eyvyNu ti i*. tcû «ùtai xaï rjûrsu pus
tôï Tft9ix»Ta pvàï, OD; Juxinjorfpov çïioi tata'xepi; ifiïYÔXxxTaii KaXslotau, — i'autO-
lise a conclure qu'il y avait un -[('m; eupatiide ou patricien parmi les trente de chaque phratrie, et que ses membres seuls élaient proprement appelés ■p«tcu, plus anciennement hp&(àiaxnç\ ainsi il y aurait eu en tout trois cent soixante famillts nobles. Cela suflil peut-être pour suggérer une conjeclure semblable à M. Malden (Hislory of Home, p. 144), conjecture résultant d'uni autre hypothèse, concernant le nombre des membres du séuat avant Solon. Hais ta traduction de repù-rc* par premier en rang semble très-douteuse. Celle de Plalner, p. 68, qui suppose que ce mot veut dire primitif, s'accorde œieni avec l'explication d'Harpocration :i s;i?y,T,; si; vi xjJ.iiu.Ma ^iir, xaTmijHlôri;,
Quant aux dêmes qui composaient les tribus de Clislhène, dèmes auxquels Niebuhr emprunte un argument en faveur de son hypothèse, le lecteur ne sera peut-être pas fâché de trouver ici un extrait de l'article de Millier, Attika, lire de l'Encyclopédie de Ersch et Gruber. Comme l'ouvrage est trop volumiueui pour les bibliothèques particulières, cet extrait sera peut-être nouveau, méras pour des personnes versées dans la littérature allemande. Il remarque, p. S", que Clisthène partagea le sol et la population de i'Allique en dix tribus, dans lesquelles les dèmes, alors au nombre d'ent)iron cent, furent répartis. Le nombre des dêmes alla toujours en augmentant, même à l'époque des orateurs. En conséquence, une portion tirée de leur sein servit à composer deux nouvelles tribus, l'Antigonide el la Démé triade, qui plus lard furent appelées Plolémaide et Attalide. On détacha çà et la des portions des anciens districts, et avec quelques lieux qui n'avaient pas encore fait partie des tribus, on en fit de nouîfaui arrondissemenis. Plus lard encore, on forma de la même manière une mou, appelée Hadrianide, principalement composée des petites lies qui entourent I'Allique.
Maintenant, puisque les tribus de Clisthène élaient localisées, comme celles del'Élide (Paus., v,9), d'Éphèse(S(eph. Bina), et de la Laconie (Oichomeim, p. 314), les dêmes de chaque tribu doivent avoir été groupés dans le même canton. Nous en trouvons en effet plusieurs exemples. Marathon, Cfinoé.Tricorylhus, Rhaninus, Psopliidas, Phégica, sont des lieux voisins les uns des antres; et, à peu de distance de là, Aphidnœ, Perrhidœ, Titacidï, toutes trois encore dans le même voisinage, appartenaient à la tribu -Eantide, qui occupait ainsi une bande depuis la fronlière de Béotie et le Parncs jusqu'à Marathon. De ta même manière, Myrrhinus, Prasis et Stîria se touchent et appartiennent à la tribu Pandionide. De semblables rapprochements se rançon-