VU. — SUR LES POUCES SES
Le nombre des vaisseaux qui composaient la flotte perse a Sa lamine se trouve indiqué d'une manière ambiguë par ces vers d'Eschyle. (Les Perses, 347} : £i?Eti H (*« w 0I$a) xûii: Jlh h Hiâii tg irïiiBoç- ai S'uirijisiuci teî^tt Ê»«tw Si; ia*» ir.-i »'. SS'*x»' X'-T'-
Cela peut signifier que le nombre total étiit de mille, y compris deux cent sept vaisseaux lins voiàers, ou bien que la masse était de mille (dans ce cas » n/.fr k( serait opposé à al Imi|»e«« ri^u, de même qu'il est fréquemment oppn.é à ;i ixi-jci, Thucydide, vin, p". 9). Le second sens, qui n'est pas forcé, comme on l'a dit' avec beaucoup d'ignorance, a pour lui l'autorité d'Hérodote, vu, p. 184, qui porte le nombre total a douze cent sept. Ce nombre se retrouve avec quelques variations dans I.-ocraie; dans trois passages (Paneg., 105, II 1, 136) il le porte à douze cents, tandis que (Panaih.,53) il l'élève à treize cent!!. Cornélius Nepos a aussi adopté le nombre douze cents (Tué m., 2). PUlon (Leg., 11,14) veut désigner peut-être le plus petit nombre par ces rnuls, ^o.imnM (n ftùfa», de même que Clésias, 26, par ceux-ci, irai? ri; x.oi*s.
Comme il est évident qu'Eschyle visait à une1 exactitude historique rigouetise en évaluant la force des Perses, nous pouvons conclure qu'il ne dirailue pas à dessein celles des Grecs. Cependant il ne porte qu'à trois cents ou rois cent dix le nombre da leurs vaisseaux, landjs qu'Hérodote démontre ru'il était de trois cent quatre-vingts, dont cent quatre-vingts appartenaient mi Athéniens. Mais 11 est encore plus remarquable que lu texte ordinairement uivi de Thucydide, I, 74, ne s'accorde ni avec Eschyle ni avec Hérodote, ar il porte : laû; i; rà; tit^akulx; iii-jra (AxVtnu; Sus ji'.if »v. Le docteur Arnold e'garde ce nombre comme une hyperoole de ihéloriqu», à l'aide de laquelle historien aurait voulu caractériser le personnage qu'il fait parler aiusi. Ndus e pouvons nous empêcher de croire que ce trait dramfl.liq.iie eût été exjrêmetent déplacé ; nous pensons que Thucydide a l'intention d'établir le nombre te!, et, si nous lisions t:va«ai« au lieu de «te, il aurait suivi Eschyle au lieu 'Hérodote qu'il pouvait bien n'avoir pas lu. C'est ainsi que Cornélius Népos onne trois cents pour le nombre total, et deux cents pour les vaisseaux atbé-
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niens. Il est difficile de décider si l'énorme différence des évaluations de Clésias, sept cents pour le total et deux cents pour les Athéniens, provient ou non d'une erreur du texte.
Le nnmbrevles Épibates,k bord des galères d'Athènes, semble avoir été très-faible, non-seulement en comparaison de celui des Perses, qui mettaient sur chacun de leurs vaisseaux trente hommes de leurs meilleures troupes, outre le nombre ordinaire de deux cents, mais par rapport à la force communs des bâtiments de guerre grecs. A Lade, les Cliiotes avaient quarante épibotes. en sus de chaque équipage. A Salamine, les Athéniens, suivant Plularque (Thémistocle, 14), n'en avaient que dix-huit en tout dont, quatre archers. On a récemment conclu de ce fait que Théruislode imagina un système perfectionné de tactique navale. S'il en est ainsi, il est singulier qu'aucun iiuleur ancien n'en ait fait mention; il est encore plus étrange que ce perfectionnement lit l\è si complètement négligé parles Athéniens eux-mêmes, que Thucydide, 1, 49, parle de l'ancien usage comme subsistant encore pendant la guerre du Péloponèse, et cela comme s'il ignorait qu'il eut jamais été interrompu. Au reste il est possible que les dix-huit hommes mentionnés par Plutarque, au lieu d'être un complément de soldats, aient été ajoutés extraordinaire ment au nombre ordinaire.
V1I1.— SLR UN STRATAGEME ATTRIBUÉ A TBÉSISTOCIE PAR DIODORE, XI, 41-43.
On admet généralement que Plutarque n'est pas un guide sûr en matière de faits, quand il ne mentionne pas la source où il a puisé ses assertions, el quand elles ne s'appuient pas sur d'autres témoignages. Cependant, même dans ce cas, il mérite une certaine attention, car il avait beaucoup lu et il n'était pas dénué de pénétration naturelle- Son grand tort est de subordonner la vérité historique à ses applications morales, précisément comme on dispose quelquefois des récils dans la vue d'inculquer des préceptes politiques. Mais, avec tous ses défauts, c'est un meilleur guide que Diodore dans des circonstances semblables-, il a plus de sagacité, plus de sens, plus d'exactitude; disons mieux, il n'est pas capable de tomber dans les grossières absurdilés g«« commet l'autre historien; il n'est pas aussi sujet à mal interpréter et à confondre le sens des auteurs. Ce n'est pas le défaut de soin et d'attention qui empêche Diodore d'être un bon historien, c'est l'entière absence de jugement qu'il manifeste constamment, et que son ton frivole et déclamatoire fait ressortir davantage en le rendant plus choquant.
Plutarque a rapporté l'histoire apocryphe d'un projet formé par Thémistocle pour incendier la flotte des Grecs, alliés d'Athènes, dans le porldePagases. La vérité en a été justement contestée. Mais il aurait mérité à un plus haut de^rt le reproche de crédulité, s'il eût suivi la version donnée par Cicéron {De- Of. m, il), lequel suppose que le dessein de Thémistocle menaçait les vaisseau* de Sparle retirés à Gythium ; c'eût été une entreprise également infâme et entièrement inulile aux Athéniens. Le premier plan aurait pu venir à l'esprit « Thémistocle ; l'autre n'aurait pu se présenter ni à sa pensée, ni à celle d ut homme dmré de sens commun. H est juste d'observer que Plutarque rapport! ce projet sans lui donner la plus légère marque d'approbation; cet autour acependant encouru le blâme inintelligent de Roilin, et d'un historien plus moderne (Milford), qui reproduit l'erreur de l'écrivain français à propos de celte offense à la morale qui aurait mérité un autre nom que celui de légèreté.
Diodore aussi mentionne un projet que Thémistocle forma, et dont ilntquelqw