CHAR I. -* ESQUISSE GÉOGRAPHIQUE DE LA GRÈCE
ration poétique , et la postérité n'en eût guère cru que la moitié, si un témoignage imposant ne frit venu les confirmer. A en croire Polybe , les Béotiens, après quelques courts efforts d'une ambition vigoureuse, se laissèrent lourdement tomber, dans un abîme de grossières sensualités, a une profondeur que n'atteignit jamais aucun autre peuple de ta Grèce {■). Cependant, ils aimaient la poésie et la musique, et ils portèrent quelques branches de ces deux arts à une haute perfection.
Une chaîne de montagnes escarpées et sauvages , mais peu élevées , t'Aitî<i« appelée Cithœron ,à l'ouest, et Parties à l'est, sépare la Béotie do VAtlique. Des chaînons moins élevés qui s'en détachent au midi, et envoient des ramifications vers l'est, marquent les limites des principaux districts de ce petit pays, In région de notre globe dont l'étendue offre la plus grande disproportion avec sa gloire et son importance historiques. La plus large des plaines de l'Attique est celle où Athènes se trouve située au pied d'un -rocher à pic, et où, selon In légende attique,' l'olivier, qui est aujourd'hui encore sa production la plus importante, jaillit du sol pour la première fois. De nombreuses éminences hérissent sa surface. A Test, elle a pour limites le Penléliqut et le chaînon qui, sous les noms du grand et du petit Hymette (2), court jusqu'à la mer, au cap Zoster. La partie supérieure du Pentèliqut, beaucoup plus élevée que l'Hymette (3) , s'appelait Epacrit ou Diacrie; c'étaient les hautes terres de l'Attique. Le chaînon qui, après s'être incliné à l'est, se termine au cap Cynottema, forme, avec le Parnès et la mer, les limites de la plaine de Marathon. Le district comparativement plat du versant oriental de l'Hymette, séparé de la cole par une chaîne de collines basses, fut vraisemblablement \& Metogta, ou le pays du milieu, des anciens. Les collines qui l'entourent se détachent d'un centre commun dans le district montagneux et métallifère de Laurium, et vont mourir au cap Sunium, le promontoire le plus méridional de l'Attique. Les marins attiques pouvaient, en doublant le cap Sunium, apercevoir la lance et le casque de leur déesse tutélaire , sur la façade de son temple, construit au haut du rocher d'Athènes. La côte comprise entre les caps Sunium et Zoster, et dont les plaines ond trieuses alternaient avec des chaînes de collines basses, s'appelait Paralia, ou la région maritime de l'Attique, bien que le pays entier dut à sa situation le nom à' Acte, d'où dérivait peut-être celui d' Attique. A l'ouest, une ramification du Parnès, qui prenait successivement les noms d'/eartu», de CorydaUui et d'JEgaleus, à mesure qu'elle s'abaissait vers la mer, borne la plaine d'Athènes. Au cap Ampkiati, un canal d'un quart de mille de largeur séparait de l'Ile de Salamint ce chaînon qui séparait a son tour la plaine d'Athènes de celle d'Eleusis, où se trouvaient ces champs Thriasîtn et Rharim, si célèbres dans la mythologie de l'Attique, comme le sol enrichi le premier des dons de Demeter ou Cérès, la déesse des moissons.
L'Attique est, après tout, une stérile contrée. Ses terres, naturelle-
{i) Potjb., in Atken., x, 418. — (•&) Appelé n (3) GeJI. /(ta., p. 99.
ment inférieures en qualité à celles de la Béotie, auraient besoin d'être aussi fécondées comme elles par d'abondantes rivières. Les irrigations absorbent, sur une partie de la plaine d'Athènes (l), les eaux de son fleuve principal, le Ciphitt. Bien qu'il jouisse d'une réputation égnle à celle du Céphise , Vllissus n'est qu'un simple ruisseau que les pluies transforment quelquefois en torrent. L'Attique ne possède, que deux ou trois districts vraiment fertiles. Ses principales richesses, enfouies au coeur de ses montagnes, sont les mines d'argent du Laurium et les carrières de marbre du Pentélique (2). Parmi ses avantages particuliers, elle peut aussi vanter la pureté de son air (â), les parfums de ses fleurs, la beauté de ses fruits. Mais, aux époques les plus florissantes de son histoire, ses productions ne suffirent jamais aux besoins de ses habitants, sans cesse occupés cependant de l'amélioration de l'agriculture. Aujourd'hui encore, des vestiges d'anciennes terrasses construites sur les flancs escarpés des plus arides montagnes, témoignent de leurs laborieuses tentatives (4). Malgré leurs efforts, ils se virent contraints de tourner leur industrieuse activité vers la mer, même pour se procurerdes moyens d'existence. L'Attique dut son importance à In position qu'elle occupait à l'extrémité sud-est de la Grèce. Ses vallées descendent jusque sur ses rivages, ses ports appellent le commerce de l'Asie; du sommet de sçs montagnes on aperçoit le cercle entier des lies qui formèrent ses faubourgs maritimes, et qui semblaient lui révéler en quel que sorte le rôle qu'elle devait jouer dans l'histoire. ' .Une chaîne de collines, que son sommet fourchu avait fait appeler, "* '" ' *" a son extrémité orientale , Kérala ou les cornes, séparait la plaine d'Eleusis du territoire de Migare. Cette contrée comprenait une plaine peu étendue et peu fertile, divisée en deux parties par l'emplacement de l'ancienne capitale (S), et les montagnes qui s'étendent duCithasron ii )!Isthme, etqui, à l'extrémité septentrionale du golfe S a ionique, s'enfoncent presque à pic dans la mer. Un chemin difficile côtoie, au-dessus des vagues, les pentes escarpées des rochers Scironiens , que les coups de vent qui tombent brusquement des montagnes supérieures rendent actuellement si redoutables aux marins. Ce chemin était l'un des passages qui conduisaient du Péloponèse dans le nord de la Grèce; d'autres traversaient dans l'intérieur des terres le Gèranée, le point culminant de la chaîne Onéttuu, qui s'étend d'une mer à l'autre, et termine, dans l'isthme de Corinthe, les montagnes de la Grèce septentrionale. A ces deux passages faciles à défendre, et à ces deux ports, Nuit sur legolfe Saronique, et Pagœ sur le golfe de Corinthe, Mégare dut l'importance qu'elle acquit dans l'histoire.
LiLoctide A l'ouest delà vallée de Crissa, les Locrien s occidentaux (une particuoioiirane. iar|té de leurs habitudes ou de leur pays leur avait valu le surnom d' O-
(I) Comme aulomps de Sophocle. Voir l'icitéremiile eipliralionqueF.Tbierscli a donnée, dans son Etat actuel de ta Grèce, t. Il, p. 2c, d'un passage obsrur d'QEdifeà Cotone, v. 7)7. — (2) Xénophon, de Vectig., c. I. — (3) Célébrée par Euripide, Médét, 82», el par Plularque, de l'Exit, 13. — (4) Le Parues et l'iEga- Ira*. Dodwell, v. I, p. .105, 803.— (8) Pmm., I, 41,2: Gell,m«.,p. «.