‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 23 sur 143 · DES HABITANTS PRIMITIFS DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

DES HABITANTS PRIMITIFS DE LA GRÈCE

Tout ce que nous savons des habitants primitifs de la Grèce, c* sont aa»n q» les Grecs eux-mêmes qui nous l'ont appris. Les traditions qu'ils nods «"do" «.u ont léguées remontent à une époque antérieure à l'introduction de l'é- '* criture, et concernent des races plus ou moins étrangères à celles dont le nom resta à ee pays. Elles doivent être, par conséquent, ou vagues et

(1) Diod., v. 47. — (2) Orpb., Arg., 1287. — (3) H., in Del., 50, 36. — (4) AT. H,, h, 90. — (3) N. II., iv, 20. Comparez Virgil., Ênéid. m, 414, et la noIcdeHeync. — (0] Celle observation n'ûte rien do sn valeur il l'induction qui peut être tirée de l'aspect des contrée» dont il s'agit. Aussi S<-)iremuiiii remarque peutêtre t«ec raison [Antiq. Juris yublici Grœcorvm, p. 53) : ■ Csclerum liftrnm omnium iiili.r Gin riiiin elAsiam iusulnrum en est inler se et versus objecta utrimque litlora positio, Jilloruinque ipsorum ucsinuum pa faciès, m ut ilubilari possil fuisse qnondmn continenlem in hïs locis terrnm ingenlibus molibus concussam et diiruplim. ul desiderenl alla in profuudiim et ingruenlibus aquis mergereiitur, alia su m mi s tnnliimmodo jugis promiuerent, manque «indique cincumfiisn insulip fièrent. »

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générales, ou remplies de détails fabuleux et poétiques. Ne nous étonnons donc pas si, dans cette question, notre curiosité éprouve, presque sur tous les points, un désappointement complet, et si les renseignements qui nous ont été transmis sont en partie rares et imparfaits, en partie obscurs et confus- N'admettons-nous que les faits- certifiés par le témoignage unanime des anciens, la masse totale de nos connaissances se trouve resserré* dans un cercle très-étroit ; nous aventurons-nous atl delà de cette limite, nous entrons dans un champ infini de conjectures, où nous nous heurtons à chaque pas contre une question controversée, où les rayons de lumière que nous parvenons à apercevoir nous égarent au lieu de nous guider. Cependant, alors même qu'il n'espérerait pas en trouver une solution entièrement satisfaisante, un historien doit se poser certaines questions relatives à la population primitive de la Grèce, n'eût -il d'autre dessein que dé constater l'étendue de nos connaissances actuelles. Tel est le but principal de cette dissertation. Mais nous ne nous ferons aucun scrupule de la continuer, malgré notre conviction qu'elle ne nous conduira pas a un résultat positif, tant quenous croirons pouvoir nous former une opinion probable sur les points les plus intéressants de ce problème si obscur et si compliqué. L«péiuge«- LeB Hellènes, — le peuple que nous appelons les Grecs, — ne furent pas, sous cette dénomination du moins, les premiers habitants de la Grèce. La tradition nous a transmis les noms de plusieurs nations qui les avaient précédés dans cette contrée, et qu'ils qualifièrent plus tard de barbares, c'est-à-dire d'étrangers à eux par la langue et par les moeurs. Parmi ces noms, celui de Pélasges réclame, avant et plus que tous les autres, notre attention, car il a été, à ce qu'il parait, le plus généralement répandu et le plus longtemps porté. Quatre siècles avant l'ère chrétienne, il servait encore à désigner des races existantes. Pour nous former une idée aussi claire et aussi complète que possible de l'état ancien de la Grèce, le moyen le plus rationnel et le plus sûr est donc d'étudier l'histoire des Pélasges.

Lu péiai- Selon Homère, comme selon Hérodote et Thucydide, les Pélasges SèiSf™2!l n'occupaient que quelques points Isolés, non du continent de la Grèce, "•«J»*1"1*0* mais de l'Ile de Crète et de l'Asie Mineure, où, pendant le siège de Troie, ^ ' mi\s se rangèrent du parti des Troyens contre les Grecs. Cependant des

■ témoignages incontestables prouvent que, dès les temps les plus reculés, ils couvraient une grande partie de la surface de la Grèce, et les poèmes homériques renferment de nombreuses allusions à leurs anciens établissements. Certaines expressions des écrivains de l'antiquité tendraient même à faire croire, ainsi qu'où l'a supposé, que la Grèce entière fut jadis peuplée par les Pélasges. o Tous, dit Slrabon, s'accordent à regarder les Pélasges comme une race ancienne qui prédominait dans toute l'Hellade, et surtout vers les frontières des Jîoliens dans la Thessalie (t). » D'un autre coté, Hérodote nous apprend que les Pélasges habitaient le pays appelé de son temps Helladc (2), et

(I) V. 2, S 4.— (2) nlt, 44.

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