‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 24 sur 143 · CHAP. II. — DES HABITANTS PRIMITIFS DE LA GRECE. JS · texte numérisé non relu

CHAP. II. — DES HABITANTS PRIMITIFS DE LA GRECE. JS

anciennement Pélasgie (l). Ces deux allégations paraissent se ronfir- f''"' mer, car si, selon une opinion universellement admise, les Pélasges étaient les plus anciens habitants de In Grèce., les vEoliens passaient communément pour les descendants de Deucnlion, qui régna d'abord sur les contrées situées à l'ouest de la Thessalie. Mais Stiahon explique ailleurs sa pensée. Cequ'Hécatée a dit du Péloponèse, — que des barbares l'habitèrent avant les Grecs, — peut s'appliquer, remarque-t-il, à la majeure partie de I Hellade. A l'appui de cette assertion, il publie une longue liste d'autres races qui lui paraissent non moins anciennes et étrangères (2). Il croyait donc avec Thucydide (3) que les Pélasges étaient seulement, avant l'apparition des Hellènes, celle de toutes les tribus établies eu Grèce qui avait vu son nom se répandre sur le territoire le plus étendu. Hérodote doit avoir partagé cette opinion, car lorsqu'il décrit le développement de la nation hellénique comme l'effet de sa réunion avec les Pélasges , il ajoute que plusieurs autres tribus barbares se sont incorporées à elle (4). Aucun doute ne peut donc exister sur ce point; les Grecs ne voyaient dans les Pélasges, bien qu'elle en fut selon eux la plus nombreuse et la plus puissante, qu'une seule des diverses races anciennement établies en Grèce.

Un examen attentif des régions particulières occupées par les Pélasges conduit à la même conclusion. Selon une tradition, ils ne s'étaient pns répandus dans la même proportion sur toute la surface de la Grèce ; ici ils dominent presque seuls, la ils se confondent avec plusieurs autres tribus ; ailleurs ils n'ont même laissé aucune trace. En entrant dans la Grèce du côté du nord, ou trouve les premières preuves distinctes de lenr présence sur le versant oriental du Pinde en Thessalie. Des monuments qui non-seulement démontrent leur existence, mais qui révèlent diverses particularités de leur caractère et de leur condition, confirment sur ce point le témoignage unanime de l'antiquité. L'Iliade appelle l'Argos pélasgique (a) un district ou une ville du sud-est de laThessalie. Quelques écrivains anciens pensaient que cette Argos était une partie de la grande plaine thessalique, dont une région porta le nom de Pélasgiotide dans la dernière période de l'histoire de la Grèce. Une remarque de Strabon confirme cette opinion. Dans les dialectes de la Thessalie et de la Macédoine (6), le mot argos signifiait , dit-îl, un,e ""* plaine. Sur la plus riche moitié de cette plaine, au bord du Pénée, s'élevait une des nombreuses villes qui portèrent le nom de Larisse. Ce mot, peut-être aussi significatif que celui d'Argos, voulait dire, d'après une interprétation, une forteresse ou une ville entourée de muraille». Les Pélasges furent évidemment les fondateurs de la plupart des plus anciennes Larisses (7) ; aussi, selon toute probabilité, ce mot appartenu, 56.— (2) ni, Btt.— (S)v, 1,3. — (4)i,88.— (S) u, 681 . EuslatU. »d

., Pw. 547, n~nipi rinveiiv «ii 8iîfi*rfX«<eiTWAi* ni;\ztrptt.-i Xppj (Xigra.

, p. 372. Âs-fo; #i wtl 7) iriïÎM XfwMU icaii tm; «oiTipoi;, itftf' Ôjt^Sd ;. [ikXiotii â tfarrat Maïu&vm&t ni SirraïiK'.v iIyoi. Euatalh. ad Dion., Ptr. 419. Hm ayiShi itiStcv itttfnllaleÊamoï Âp-[o- tktjm. — (7) Slrsb. en donne "le liste, K,p/440;Steph. Bjt.s.v. H ao ni -Rochelle, Colonies grecquti, i, 178.

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des najl à leur langue, et il doit être partout un indice de leur présence.

!*" Outre la célèbre Larisse du Pénée, deux autres villes du même nom, situées l'une sur la frontière septentrionale de la Thessalie, l'autre, à peu de distance de sa frontière méridionale, sembleraient prouver que les Pélasges possédèrent jadis le pays tout entier. Toutefois iis n'y furent pas exclusivement connus sous ce nom ; car le peuple qui pendant des siècles s'appela toujours Perrhœbe, occupait les mêmes

' lieux dans les temps les plus reculés, et Simonide en parle comme de la fraction pélasgique de la nouvelle population formée par l'irruption des Lapltbesdans la Thessalie (l). Le même fait a pu se représenter dans d'autres contrées, sans que l'histoire l'ait expressément mentionné. Ainsi les Dolopes, qui se partageaient jadis avec les Pélasges la possesm sion de l'île de Scyros, et les AthamSnes, ces voisins des Perrhœbes, expulsés comme eux de leur patrie par les Lapilli es (2), ne furent peut-être que des tribus de la grande famille pélasgique, désignées sous des noms particuliers. Outre ces mots Argos et Larisse, nous trouvons dans la Thessalie un autre nom qui nous transporte dans l'antiquité la plus reculée, et qui se lie aussi intimement à la race pélasgique. Dans l'Iliade, Achille invoque Jupiter comme le roi dodonéen,félasgien. C'était chez les anciens une question controversée que celle de savoir si laDodone à laquelle le dieu devait cette épithète était située en Thessalie ou dans l'Épire. D'après l'Iliade, une Dodone thessalique existait dans le pays des Perrhœbes; en décrivant une rivière qui arrosait la région voisine, comme un bras du Styx infernal, Homère semble indiquer clairement que celle Dodone était le siège d'un culte semblable à celui qui se rendait au même dieu dans l'Épire, le royaume mythique- d'Aidonée ; quelques écrivains de l'antiquité soutinrent même que l'oracle du Jupiter Pélasgien avait été transféré de la Thessalie (3) dans la Dodone thesp retienne.

>ire. Si Homère, selon l'opinion la plus généralement admise, et soutenue d'ailleurs par l'autorité d'Aristote (4), a parlé de la Dodone occidentale 'comme d'un lieu consacré au dieu Pélasgien, l'Iliade contient la plus ancienne allusion connue au séjour des Pélasges dans l'Épire. Aucun écrivain ne conteste que ce pays n'ait été une de leurs plus anciennes résidences, et que la Dodone thesprotienne ne leur appartint; cependant la race qui, selon l'Iliade, habitait les environs du sanctuaire, portait un nom différent : celui de Helii ou Selli ; elle ne se composait pas seulement des ministres du temple; c'était uue nation considérable, car elle occupait une région appelée, sans doute d'après son nom, Hellopla (5). Arlstote place les Grœci avec les Bel 11, dans les con-

(I) k, p. «I .— (2) Strab., «, p. U%. - (5) Soit de Dodone (on Bodone), Fragm. Steph. Byi. i^Sàm, ou de Scolussa (Slrab., vu). — (i) Meteor., l, 14. — (5) Slrab., vu. Welcker, Veber eine Kretische Kolonie ïn Theben, p. 50, remarque quele jnoinslaa-fti ou ï\ùÂyvit( (pour aùjfjv), signifiant les illustres, est I L-ès- probable m eut une autre forme de ËftcKt; et ïli'u.^. Après avoir appujé celle hypothèse sur de nombreux eiemples, il conclut ainsi : «Ilsemblequeles motsfcxc;, EW.SÎ, ËU.nv, ftxat, KXiî, ï' t-xv,; ou ï;Xipx°: ont lousla même origine s

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