‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 25 sur 143 · CHAP. IF. —DES HABITANTS PRIMITIFS DELA GHKCË · texte numérisé non relu

CHAP. IF. —DES HABITANTS PRIMITIFS DELA GHKCË

trées voisines de Dodone et de l'Achéloûs. Ce peuple, qui a transmis par !e latin aux langues de l'Europe moderne le nom italique des Hellènes, dut occuper un vaste territoire. Toutefois, les Pélasges ont encore des rapports distincts avec un troisième peuple qui régnait sur toute l'Epire, avant qu'elle tombât sous la domination des Molosses, — les Chaonts. Ceux-ci sont représentés, ainsi que les Selli, comme des interprètes de l'oracle de Jupiter , et l'épithète de pélasgîque s'applique à la , Chaonie (l). Mais si nous continuons nos recherches dans la Grèce, le long de la cote adriatique, nous cessons immédiatement d'y trouver des Pélasgrs. Les plus anciens habitants connus de l'/Etolie et de l'Acarnanîe portent différents noms : ils s'appellent : Lélègts, Taphinu, -, Tcléboens, Curite*. Au sortir de la Thessnne, en nous dirigeant au sud, nous ne rencontrons pas de Pélasges avant d'entrer dans la Béotie ; In, b»d* t> nous les retrouvons, à la vérité, mais confondus parmi un grand nom- ' bre de peuples barbares, anciens possesseurs du pays. La mention qui ■ '"est faite de leur nom semble indiquer qu'ils ne parvinrent à s'y établir sur quelques points qu'après ces différentes races, a La Béotie , dit mi historien, fut d'abord habitée par des barbares, les Aontt, les Temmiett, les Litiges, les flyantts. A une époque postérieure, les Phéniciens, les compagnons de Cndmus, en prirent possession, et ses descendants restèrent maîtres de presque toute la Béotie, jusqu'à ce qu'ils en fussent chassés, d'abord par l'expédition des Épigones venus d'Argos, et ensuite par les Thrnces et les Pélasges (2). » Selon Éphore, une révolution que Thucydide place soixante ans après la guerre de Troie, refoula ces Pélasges de la Béotie dans l'Attique (3).

Mais l'Attique, comme nous l'apprend Hérodote, avait été peuplée par n*» i les Pélasges longlemps avant cet événement. Dans son opinion, les <,IU Athéniens de son époque étaient une racepélnsgique, établie dans l'Attique depuis les temps les plus reculés, et dont toutes les révolutions s'étaient bornées à. divers changements de noms et à l'adoption d'une langue, nouvelle. « Les Athéniens, dit-il, étaient des Pélasges, nom- • niés Crânai, lorsque les Pélasges possédaient le paysappelé aujourd'hui Hellade.SouslerègnedeCécrops.on les appela Cécropides; quand Êrech- Ihée hérita deee royaume, ils échangèrent ce nom contre celui d'Athéniens, et quand Ion, tils de Xuthus, devint leur chef, ils prirent le nom d'Ioniens.»Cette histoire d'Athènes renferme évidemment celle de l'Attique,et nous y retrouvons la même distinction, que nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de signaler, entre le nom et l'origine du peuple. Si, en Tnessalie, les Pélasges s'appelaient Perrbœbes, et peut-être Dolopes et Athamanes, en Épire, Selli , Chaones et vraisemblablement aussi Graeci , dans l'Attique, le. nom de Pélasges ne prévalut à aucune époque connue, bien qu'Hérodote affirme comme un fait incontestable que les Athéniens appartinrent toujours à cette nation. L'Attique fut, il est vrai, habitée par un peuple qui y porta pendant quelque temps le nom dePélasge ou Pélarge. La muraille pélasgique de la citadelle d'Athènes,

(i)Stwb.,TN.Steph.Bp.,X«w'i«.— (S)Slnl».,w.*92.— (3)Str»h., u,p.*01.

Domzeday GoOgk

si longtemps conservée, resta un monument certain de leur présence en ce pays. Mais ees Pélasges étaient des étrangers qui, comme le dit Hérodote (i), devinrent les voisins des Athéniens, et reçurent d'eux une portion de territoire pour les avoir aidés à construire cette muraille. Selon Éphore, c'étaient les mêmes Pélasges qui avaient été chassés de la Béotie après la guerre de Troie; etPausanias pensait avoir quelques raisons de croire qu'ils avaient émigré de l'Acarnanie, et qu'ils étaient Siceles d'origine (2). Voulait-il dire par là qu'ils avaient habité primitivement la Sicile, ou l'Italie, ou l'Épire? On ne peut rien affirmer, mais il semblerait que cette tribu avait été seulement appelée Pélasge parce qu'on ignorait à quelle race elle appartenait plus particulièrement. t. Éphore affirme que tout lé Péloponèse porta jadis le nom de Pélas- *l gie(3), mais les Pélasges paraissent y- avoir été confinés, comme dans le nord de la Grèce, sur certaines contrées particulières. Peut-être y -avaient-ils été jadis le peuple le plus nombreux et le plus puissant, car les anciens croyaient généralement qu'ils en étaient partis pour aller conquérir le reste de la Grèce ; mais aucun fait positif ne prouve qu'ils occupèrent jamais d'autres districts que l'Argolide.rAcha'ie et l'Areadie. L'Argolide jouissait, par rapport à eux, d'une célébrité égale à celle de la Tbessalie. Ils y avaient fondéuueLarisse, la plusancicnue, selon l'opinion générale, de toutes les villes de ce nom, ainsi appelée, disait-on, du nom de la fille de Pélasgus. Plusieurs auteurs anciens regardent comme la mère patrie de toute la nation pélasgique le territoire adjacent, appelé Argos, de même que la plaine f hessalique. et désigné par Tépinète d'Achaien (4); Eschyle semble avoir adopté cette opinion avec réflexion. Dans l'une de ses tragédies (5), Pélasgus, roi d'Argos, réclame pour le peuple auquel il a donné son nom, un vaste territoire qui s'étend au nord, jusqu'au Strvmon. La mention des montagnes Dodonéennes, des Perrhœbes et des Paeoniens, que fait le poète dans sa description, ne. tend-elle pas à prouver que, selon son opinion, trop nettement exprimée pour être attribuée à une licence poétique, le nom de Pélasges pouvait s'appliquer proprement aux plus anciens habitants de la Grèce, de l'Épire et de la Macédoine? Cependant plusieurs races, portant des noms différents, existaient dans ces contrées, il ne pouvait pas l'igno- - rer, à l'époque où il les montre soumises à la domination des Pélasges. L'Achaie, comme l'Attique, fut peuplée pour la première fois par des Pélasges, si l'on eu croit une tradition qui, selon Hérodote, avnitcours dans toute la Grèce; lorsque Ion, le fils de Xuthus, arriva parmi eux, ils prirent le nom d'Ioniens; auparavant, Ils avaient été appelés simplement ^Egialéens (habitants des côtes), car le plus ancien nom de pays était /Egialus ou la cote (s). Divers faits confirment cette tradition. Ainsi l'Achaie possédait une villenommée Larisse ; la rivière Larissus la sépa-

(l'i 11, SI; Km*- (Hellas, l, p. 446), lie tenant pas compte du mol ifUv-n dans ce passage, représente ces Pélasges comme une partie de la population primitive de l'Allique, — (2) u, 25, 3. — (3) Tïelies ad Lycoplir., 1T7; et Apollod., Il, 1, 1. — (4) Denjs d'Haï., i. 17;Sleph. Byz., ™ âams.— (5) les Suppliant», 246, 885. — (fi) Comparez Hérodote, vu, 94 et Pausan., vu, 1,1.

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mit de l'Élide: t ) ; enfin Triptolème y avait, disait-on , apporté de f Attique l'art de l'agriculture. (2) Quant à l'Areadie, elle était si célèbre comme Dm» ; une contrée pélasgique, qu'elle disputait à l'Argolide l'honneur d'èlre la dl mère patrie de la nation entière, et que les auteurs qui préféraient les titres des Pélasges Argiens ne pouvaient nier que les Arcadiens ne fussent au moins de plus jeunes membres de la même famille. Éphore se prononce en faveur de l'Areadie ; il s'appuie sur l'autorité d'Hésiode qui avait parle de Lycaon, le fils de Pélasgus, comme père de six fils (s). Des mythologues postérieurs attribuèrent a Lycaon une plus nombreuse famille, et d'après leur système, chaque Lycaonide devint le fondateur d'une ville ou le père d'un peuple (4). Les noms de ces héros sont certainement tous fabuleux, mais ils prouvent du moins que des liens d'affinité nationale rattachaient les uns aux autres, dans l'opinion générale, les habitants des villes ou des pays qui y correspondent. Si ou les appela les descendants de Pélasgus, c'est qu'on ne trouva pas d'expression plu» convenable pour désigner leur parenté. Quelques erreurs qu'aient corn* mises sur ce point les auteurs anciens, leur opinion mérite une certaine confiance lorsqu'elle se rapporte à la tradition. Nous devons donc la croire fondée par rapport aux Arcadiens. Ce peuple n'était pas la pos- oiig térité de Pélasgus, il était un peuple pélasgique; car Hérodote donne Arodi aussi le nom de Pélasges aux Arcadiens qui se réunirent aux éroigranU ioniens (5). Une conclusion importante semble découler de ce fait ; dèsles temps les plus reculés où l'histoire puisse tes atteindre, les Arcadiens occupent toujours le même pays, et cependant ils passent pour des membres du corps hellénique, de race non moins pure que les Dorlens ou les Ioniens. Aussi un auteur moderne qui sépare profondément les Pélasges des Grecs, a-t-il nié l'identité des Pélasges et des Arcadiens ; dans son opinion, les Pélasges étaient seulement établis dans une partie de t'Ai-cadie, ils n'avaient aucun rapport d'origine avec les Arcadiens primitifs, et In troupe des émigrés pélasges, dont parle Hérodote, composait les derniers débris qui restaient de leur racedans cette région généralement considérée comme le siège d'un de leurs principaux établissements (6). Nous aurons bientôt l'occasion de nous demander s'il est nécessaire d'adopter cette conjecture. Faisons seulement remarquer ici que la différence des ileux noms ne saurait servir d'argument en sa faveur. Bien qu'il mentionne des Pélasges établis dans la Crète et dans l'Asie Mineure, Homère, ne donne pas, il est vrai, ce nom nux Arcadiens , mais il ne le donne pas non plus aux Selli des environs de Dodone ; et cependant il ne faudrait tenir aucun compte ni des traditions, ni des probabilités, pour supposer que les Pélasges avaient été dépouillés de leur oracle avant l'ère du poète. Cette revue des établtsssements des Pélasges en Grèce parait donc nous conduire inévitablement à la conclusion suivante : Le nom de Pélasges était un nom générai , ainsi que ceux de Saxons, de Franks et d'Alemanni; mais chacune des tribus pélasgiques

(l)Slrab., n, p. 440.— (21 Poussa., vu, 18, 2.— (5) Slrabo, t, p. Ml. — (4) Pain.; vm, 3, 1.— (S) 1,146. — (6) Kran, Hellai, i, p.428 et 492, noie.

a» HISTOIRE DE LÀ GRKf.E.

avait aussi un nom particulier (i). La nation fut peut-être, à une époque donnée, répandue sur un plus grand territoire que son nom, nous avons, du moins, quelques raisons de le croire; mais les deux noms de chaque tribu, le nom général et le nom particulier ont ils toujours été conservés? nous ne pouvons pas l'affirmer. Il est plus probable que, pendant les innombrables émigrations et révolutions de cette période, l'un ou l'autre se sera perdu ; aussi quand nous voulons étudier les relations des Pélasges et des autres tribus barbares qui passent pour avoir peuplé anciennement la Grèce, leurs noms pris isolément ne peuvent nous fournir Aucun renseignement positif; etsi nous tranchons la question, sans avoir d'autre motif de conviction, nous nous exposons autant à séparer des races de la même famille, qu'à confondre ensemble celles qui étaient leplusétran- » gères l'une à l'autre,

L'histoire de ces tribus reste donc enveloppée de profondes ténèbres; seulement, à en juger par ce que les traditions nous laissent entrevoir de leurs affinités nationales, elles paraissent avoir quelques rapports avec les Pélasges, et la diversité de leurs noms est du rette le seul argument que nous puissions découvrir pour combattre l'hypothèse qui en fait des branches d'un même tronc commun. Cette conjecture s'accorde parfaitement, d'ailleurs, avec les assertions générales de quelques éerivainsde l'antiquité, concernant la prépondérance des Pélasges en Grèce : elle exprime la même idée qu'à défaut d'autre renseignement nous eût suggérée la description poétique d'j€schyle; et si elle n'admet pas leurs variétés de races barbares, l'erreur qu'elle attribue aux historiens dont elle semble contredire les paroles est si naturelle et si commune, qu'elle ne leur enlève rien de leur autorité : toutefois, comme elle est contraire à l'opinion de la plupart des écrivains modernes, et surtout à celle d'un historien qui a répandu plus de lumière que tout autre sur ce sujet (2), il ne sera pas inutile de signaler quelques-unes des raisons sur lesquelles elle s'appuie.

Parmi les peuples barbares mentionnés comme les plus anciens habitants de la Grèce, se trouvent quelques tribus, telles que les^Hectènes, les Temmices, les Aones et les Hy Bûtes béotiens, dont les noms seuls sont parvenus jusqu'à nous. Selon une tradition , deux -de ces tribus avaient émigré de Suiiium dans l'Attique (3), et la troisième s'établit, en dernier Heu, dans la Phocide et dans l'iEtotie (4) ; mais il est impossible de construire une hypothèse sur une pareille base. Heureusement d'autres tribus nous sont mieux connues. Ainsi, les Caucones, qui oeil) G. Hermaun [Uebtr das Wesen unrf die Behandlung der Mjthologie. Ein hrieS an Crcuzer, p. 58) arrive il In même conclusion, mais dans un sens contraire cl par des prémisses différentes. Il suppose ijue ce nom signifie des colons étrangers, cl qu il fui donné à plusieurs races ililléreiiles ; ainsi, dit-il, à une époque postérieure, quand ce onm fui devenu un nom propre, on s'imagina que loules ces populations différentes composaient une race disliiicle. 11 eu est de même, ajoutat-il, pour les peuples slaves, s'il est vrai que le mot slaven signifie colon. — éljmologie aussi ..IouIchhc que relie (|u'il allrihue au mot Pélasgc — 1,'eiplir.ilinTi de ce dernier mot que donne Welcker l'approche plus île l'origine la plusprohablc dn premier. DoroÉwskv's, Slavin, p. 1 6.— (2) Niebuhr, noie 67, 3« éd.— (31 Slrali. . ii, p. 401.— (4) Paus.,1,38, K;Strah.,x, p. 464.

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cupèient jadis une grande partie de la moitié occidentale du Pelopo- i nèse, où une petite peuplade continua pendant longtemps à porter leur nom, étaient vraisemblablement des Pélasges, comme l'ont affirmé quelques écrivains de l'antiquité (l). Telle fut, sans aucun doute, l'opinion de l'écrivain qui comptait Caucon parmi les fils de Lycaon. Diverses légendes confirment d'ailleurs celte opinion. A les en croire, un individu du même nom introduisit la religion d'Eleusis dans la Messénie pendant le règne du premier roi (2). Les Lélèges durent avoir la même origine que les Caucones. Les traditions qui se rapportent à fa Grèce primitive parlent souvent des Lélèges; mais elles les représentent sous des aspects complètement différents et presque contradictoires. Dans l'Iliade, ils figurent comme des auxiliaires des Troyens ; leur roi, Altes, est le beau-père de Priant ; ils habitent une ville appelée Pédase, au pied de l'Ida. Strabon raconte qu'ils avaient occupé jadis toutp l'Ionie avec les Cariens, et que les deux races étaient tellement mêlées ensemble qu'elles furent souvent confondues. Cependant les forteresses et les Bépulcres des Lélèges se distinguèrent pendant longtemps dans diverses contrées de la Carie et sur le territoire de Milet (3) ; et, selon Strabon, ils donnèrent à une ville carienne le nom de Pédase (-<). Ils furent les premiers habitants connus de Samos, où ils fondèrent, dit-on, le temple le plus ancien d'Héré, déesse pclasgique (ô). D'après Hérodote (G), les Cariens s'appelaient Lélèges quand ils possédaient les lies de la mer Egée. Mais les traditions des Cariens et tous les autres monuments du passé prouvent la différence d'origine des deux nations et l'asservissement des Lélèges par les Cariens (7i ; peutêtre Hérodote a-t-il voulu dire seulement que ces deux races s'étaient confondues dans les lies, qu'il peupla ailleurs d'une race pélasgique avant la migration ionienne (a). Ce mélange accidentel des Lélèges et des Cariens donna probablement naissance à la tradition mégarieiine qui fait venir, douze générations après Car, Lélex de l'Egypte à M égare, où le peuple prend son nom (9). Un petit-fils de ce Lélex conduisit, dit-on, une colonie des Lélèges mégariens en Messénie. Ils V fondèrent Pylos, et ils y restèrent jusqu'à ce qu'ils en fussent «lias séi par jNelée et les Pélasgesd'Iolcos, et qu'ils prissent possession delà Pyloséléenue(io).

(I) Strabon, xn, p. 542. — (2) Pausan., îv, 1, H. — (5) Strab., vu, p. 321 . KfriiMLlr.oiaAEiiiuviariUiicXi-rio&airivat.iïiiW.ii^u Si va; Ki;ii; Hy.->; Ai/.tyo™ y.-,:-, iy.vj.-j-i. hnu.i, Ai).s-[i*iuiltiiAM*. — U] xiii, p. 611. — (3) Adieu., xv, p. ti/2. — (6) ■', p. 17L— (7}Alheii.,vi.,t.lOLVoirlePAitoto9'.-falm«îCiii»,l,p.H«.S(tlilun, dans un ailicle sur les Cariens e\ les LéMges,in>été ilam lu IWeiiiisthex Muxpuhi de WelckerelNaeke, 111, p. 226, arrive a la même conclusion c un ce m a nt l'origi indistincte el les premiers établissement* connus des deux races. Mais quand il «joule qu'elles ne furent ras plus parentes de la Famille pélasgique, que l'une de l'autre, nous sommes en droit de lui demander des arguments plus solides que ceui qu'il n produits à l'appui de cette opinion. Scliccman (Anliq., J. P., grœc, p. 40) n'est pas convaincu qu'une grande différence ait pu exister entre elles. D'un autre coté il pense avec raison que les Lélèges n'étaient pas plus étrangers aux Hellènes que les PélasRe» (p. 43), et il avait Fnil remarquer auparaiant (p. 42) «Hellènes, quos" Peiasgicfe slirpis fuisse vix ilubitari posse videlur. « — (H) vir, 93. — (9) Pans., i, 39, G. — (10) Pan*., iv, 36, 1. ■

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30 HI5TOIBE m LA GRECE.

Le nom de la « Pégase qui chérit le vin, a que 'porte une des sept villes florissantes « situées tout près de la mer à l'extrémité de Pylos, » offertes par Agamemnon à Achille, semble attester la présence des Lélègcs dans la Messénie. D'un autre côté, les traditions de la Laconie parlent d'un Lélex, le premier habitant du sol lacédémonien, qui donna a ce pays le nom de Lélégia et a ses habitants celui de Lélèges. Le (Ils de ce Lélex passe pour le premier roi de la Messénie, et ce fut sous son règne, selon certaines légendes, que le roi Caucon introduisit dans ce pays les mystères d'Eleusis (1). ,. Si, sur les côtes de l'Asie, dans les Iles, et dans le midi de la Grèce, les Lélèges paraissent tellement mêlés aux Cariens qu'il est difficile de les en séparer, dans le nord de la Grèce ils présentent l'aspect d'une ■race hellénique pure. Aristote semble avoir cru qu'ils s'étaient primitivement établis sur la côte occidentale de VAcornanie, ou dans la péninsule de Leucade, car ces pays avaient eu, selon lui, pour souverain, un certain Lélex, le premier enfant du sol, le père des Téléboens, le peuple que (Odyssée célèbre sous le nom de Taphiens. Aristote pensait aussi qu'ils appartenaient à la même famille que les Locriens; cette dernière opinion s'appuyait, à ce qu'il parait, sur l'autorité d'Hésiode, qui en parle comme des premiers hommes nés des pierres avec lesquelles Deucallon repeupla la terre après le déluge, et comme des sujets de Locrus (2). Aussi figurent-ils au nombre des peuples dont se servit Deuealion pour chasser les Pélasges de la Thessalie (3). Ces Lélèges occidentaux furent, d'après Aristote, qui semble rejeter la tradition de . la colonie égyptienne, les conquérants de M égare. Ainsi, en suivant avec attention leurs migrations supposées, nous aurions à nous demander comment les Lélèges, après avoir chassé les Pélasges d'ioleos, furent trouvés par eux dans Pylos lorsqu'ils y cherchèrent un asile. Mais la véritable question est celle de savoir jusqu'à quel point les traditions qui concernent les Lélèges du nord-ouest de la Grèce et ceux de la mer Egée s'appliquent au même peuple; car, à en juger par la partie asiatique de leur histoire, ou leurs établissements en Asie précédèrent les révolutions qui assurèrent In prépondérance du nom hellénique en Thessalie, ou ils en furent un effet. Apollodore compte, il est vrai, Téléboas parmi les descendants du Pélasgus arcadien ; mais nous ne pouvons tirer aucune induction de ce fait. S trahira lui-même considérait les Lélèges non-seulement comme une race vagabonde, mais commeune race mixte ; il paraissait presque disposé à croire que leur nom avait été fait tout exprès pour exprimer cette vérité. Cependant Hésiode, dont les vers servent de base à ses conjectures, s'était peut-être contenté de faire allusion à leur haute antiquité. Selon les plus grandes probabilités, leur nom fut d'abord descriptif, et appliqué à plusieurs tribus indépendantes, ou bien, après avoir appartenu primilivement à une s«ule, Il servit peu a peu à en désigner d'autres qui partageaient

(1) Pau» ni, 1, 1 ; iï, I, 1 el S. — (2) Strnh., vil, p. 321, 322. — (5) Denys

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