DB LA GRÈCE
i. de cet assassinat à ï.erne, lac ou marécage voisin d'Argot. A l'en attire, " tes têtes des prétendants égorgés y auraient été ensevelies, tandis qu 'un monument séparé recevait ieurs cadavres ji). Une des principales riviè- ' dans le lac de Lerne devait son nom à Amymoné , ums, à laquelle Neptune, touchù par sa beauté, avait es sources, qu'il avait d'abord fait disparaître. Ainsi ■e a un rapport intime avec la nature particulière is, où la partie supérieure de la plaine et les terres Fraient un contraste frappant ; et ce rapport ajoute, rè, an certain poids à la conjecture des critiques plus ît à toute ^histoire de Danaûs nne origine purement éu'r hypothèse, elle serait née de ces accidents locaux, bien que toutes' les tentatives faites pour expliquer ses détails semblent avoir échoué (2). Les colonies argiennes, établies dans l'est de l'Asie Mineure, ont peut-être contribué à lui donner la forme définitive qu'elle prit, même avant que l'Egypte fût ouverte aux Grecs. Hais, entre ces opinions contradictoires, l'historien indécis doit se résigner au doute tant que cette tradition ne pourra pas s'appuyer sur des preuvesplus solides, ou n'aura pas reçu une explication plus satisfaisante.
Autncaio- Si nous pouvions nous décider à grossir, avec les conjectures des ï« *m,?i!oSb critiques modernes, ta liste des peuples étrangers qui vinrent s'établir Udâ* 't^d"0 en G'"*506' nous ne regarderions pas l'arrivée de Danaûs comme un fait i* Htgihdc! Isolé. Nous parlerions d'Inachas, appelé le premier roi d'Argos,etdont la principale rivière de ce pays prit, dit-on, le nom ; ce qui lui a valu l'honneur de figurer dans les généalogies mythologiques avec la qualité d'un fils d'Océanus, le père commun de tous les fleuves. Quelques écrivains ont pourtant supposé, en s'appuyant sur ce fait, qu'il était venu en Grèce par mer. Nous sommes aussi peu disposés a adopter de semblables inductions qu'à trouver dans les pérégrinations fabuleuses d'fo, la fille d'inachus, la preuve que des relations existaient entre l'Egypte et la Grèce, même avant le temps de Dauaûs. Toutefois, si nous nous dirigeons vers le nord de l'isthme, nous rencontrons un autre prince égyptien à Mégare. Selon la tradition qu'y recueillit Pausanias, Lélex, y étant venu par mer de l'Egypte, y fonda la dynastie qui succéda à celle de Car, le fils de Phoronée, et donna son nom aux Lélèges(3);mais cette légende, isolée et douteuse, à laquelle avait évidemment donné naissance l'ancienne rivalité des races carienne et lélégienne, ne saurait servir à prouver l'origine égyptienne de ce dernier peuple, origine qu'aucun autre écrivain de l'antiquité ne semble avoir
des nobles héroïques, tandis qu'Àrisleas satisfaisait, en racontant les légendes merveilleuses du Nord, ce besoin naturel de la nouveauté auquel les poèmes d'Homère avaient longtemps résisté. n Hais il avoue que c'est seulement une induction lirée d'un épisode du poème, la coalition des Dannï avec les Egyptiens. Boekh., (Pindar., t. m, p. 171) persiste à adhérer n l'ancienne tradition.— (i) Apollod., n, 1, 5, 1 1. Paus. (ti, 24, 3) raconte la même histoire dans l'ordre opposé. — (2) On en trouvera un échantillon curieux, qui n'est pas le moins ingénieux el le moins pin lisible, dans le Bienst derAtienr, de Rûckerl, p. 125. — (3) i, 59, 6.
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CHAP. III. LES fiOLONS ÉTSANGBB3 ÉTABLIS KN GRÈCE. «
soupçonnée. L'Attique sois offre des tradition) do plusieurs coleniH c<j«mf« d> égyptienne». La première, conduite par Cécrops, trouva, dit-on, l'At- ^huSé/t'** tique sans roi, désolée par le déluge qui avait eu lieu plus d'un siècle Ptlttauparavant, sous le règne d'Ogygès (1). s'il nous est permis d'ajouter foi à quelques écrivains de la dernière période de la littérature grecque, Cécrops donna son nom à ce pays, et il fonds, sur le rocher cecropion , «ne nouvelle ville qu'il appela Athènes, du nom de la déesse Athéné (a). En outre, il introduisit en Grèce, non-seulement une religion nouvelle, aux rites purs et doux, mais même le premier élément d'une société civile, l'institution du mariage [s). Ces faits nous autoriseraient à conclure que les indigènes plongés dans la barbarie lui durent leurs premières notions de tous les arts nécessaires a la vie civilisée. Mais, malgré l'assurance avec laquelle certains auteurs modernes ont reproduit cette légende, l'origine égyptienne de Cécrops n'est nullement prouvée. Le silence des anciens poètes et historiens de la Grèce In réfute, et même, à l'époque où elle commença à avoir cours, plusieurs écrivains la contredisant, représentèrent [Cécrops comme un véritable enfant de l'Attique (4). Enfin , le désir que manifestaient si ouvertement les Egyptiens de retrouver un compatriote dans le fondateur d'Athènes, • excita même la méfiance d'un écrivain aussi facile à persuader et à satisfaire que Diodore (5). Cécrops ne leur suffisait pas. Ils prétendirent qu'ils avaient envoyé Erechthée, avec des provisions de blé, au secours de ses frères de l'Attique, qui le récompensèrent de ses largesses en le nommant leur roi ; et que, de son côté, pour leur témoigner sa reconnias- >
sance et mettre le comble à ses bienfaits, il fonda les mystères d'Eleusis sur le modèle de ceux qui se célébraient en Egypte en l'honneur d'Isi S. Ce n'est pas tout encore : d'après une autre tradition, Pétée conduisit en Attique uue troisième colonie égyptienne , une génération seulement avant la guerre de Troie.
La faiblesse des arguments des Égyptiens parait avoir égalé la hardiesse de leurs assertions. Le moins absurde était celui qu'ils tiraient du caractère oriental des institutions politiques primitives de l'Attique. Hais des preuves plus positives d'une origine égyptienne seraient nécessaires pour contrebalancer le dissentiment tacite des auteurs grecs, qui durent naturellement avoir été les mieux informés sur cet important sujet. Leur silence ne pourrait pas s'expliquer par la vanité des Athéniens; en effet, bien que ce peuple se fût habitué à se regarder comme né du sol attique, il n'en était pas moins disposé à croire que sa patrie avait reçu, à une époque reculée, la visite d'étrangers illustres. Certaines études mythologiques tendent à prouver que Cécrops et Erechthée sont des personnages fabuleux et qu'ils appartiennent entièrement à une légende purement attique ; nous nous abstenons, d'insister sur ce résultat, car à quoi bon combattre des traditions
(1) Le Sracelle, i. p. 126. Boun.— (2) Apollod., m, 14, 2. — (3) CléannM <\e Soie», dans Alhéo., SUI, 2. — (•*) Apollod., m, U, i. KJupwfr ttirnifim mifupui;
18 HISTOÏHE DE LA GRÉCtf.
-" ■ ■ qui ne présentent même pas une apparence de vérité historique {i)î CoIodIb di L'existence d'une colonie étrangère dons la Béotie repose sur des ruai' autorités plus solides. Selon une tradition, Cadmus conduisit une colonie phénicienne dans le cœur du pays et y fonda une ville, appelée Cadmée, qui devint plus tard la citadelle deThèbes. Cette tradition avait certainement cours depuis longtemps dans la Béotie avant le temps d'Hérodote, et cet historien, en In confirmant, appuya son opinion, non-seulement sur des assertions des prêtres égyptiens, comme pour la légende de Danaiis, mais, sur quelques preuves collatérales, H avait constaté lui-même plusieurs faits importants; ainsi l'une des plus célèbres familles d'Athènes faisait remonter son origine jusqu'aux compagnons de Cadmus (S); une partie d'entre eux avaient été laissés dans l'île de Théra (3), et son parent Thasus avait donné son nom a i'ile où les Phéniciens découvrirent les mines d'or qui étaient encore exploitées du temps d'Hérodote (4). En ce qui concerne Cadmus, ces faits ne sont probablement que de simples ramifications de la légende thébaine, aussi peu concluantes que la tradition qui établit dans l'Ile d'Eubée des com-
• (1) Il n'est peut-être pas inutile de rappeler au lecteur que la question de lavoir si une colonie égyptienne s'est établie dans l'Ai tique ne dépend pus de l'opinion qu'on peut se former de l'existence ou de l'origine de Cécrops. De quelque manière qu'on résolve donc cette question, on doit accorder une certaine attention aux arguments que F. Thiersch tire, nvec un talent remarquable, dans tesEpochen der bildenden Kunst, p. 36, de la religion et de l'art attiques, surtout des noms, fonctions et relations mutuelles d'Athéué (Neitlia) .d'iléphajstus (Phthatli) et de leur fils Apollon (Cicero. Nat. deor., m, 22) et de la physionomie égyptienne d'Atliéné sur les anciennes monnaies attiques. (C'est toutefois un fait digne de remarque
Sue HeDter, qui a écrit un livre pour prouver que l'arrivée de Danaûs est un fait islorique, après une comparaison approfondie entre les caractères et les fonctions de la Heilli égyptienne et de l'Alliéné grecque, arrive à celle conclusion, que le culte de cette déesse avait une origine purement hellénique (p. 138-150), et rejel te absolument toute l'histoire de ta migration de Cécrops, comme étant basée swr l'interprétation fautive d'un passage du Timéc de Platon) (p. 142). D'un autre coté, il est difficile de ire pas accuser l'ingénieux et éloquenl auteur d'une crédulité trop commode, lorsqu'on le voit essayer de suivre par mer jusqu'en Thrace, et de là a. F extrémité méridionale de la Grèce, l'expédition de Cécrops ou des colons
Sb'il représente, et, dans ce but, non-seulement accepter une autorité telle qu'Isiore (Or.,xv,1) pour prouver que Cécrops bâtit la ville de Rhodes (qui sur l'autorité deDiodore passait généralement pour la première fondée. 01. xent, l),mais ne pas hésiter à emprunter à Meuraius (de Regg. Ath., i, 7) le témoignage d'nn certain Albert, évèquc de Stade, qui, à ce qu'il parait, a mentionné dans sa chronique que Cécrops batil le temple de Delphes cl fonda Lacédémone. Ses deux autres citations (de Slephamis et de Slrabon) ne sont certainement pas aussi ridiculement faibles; mais elles ne prouvent rien. On peut croire, comme l'affirme Slephanus, qu'un district de la Thrace a porté le nom de Cécropide, mais ce fail s'expliquerait, sans remonter jusqu'au temps de Cécrops, par l'étendue de la puissance d'Athènes. Quant à la remarque de Slrabon (n, p. 407) que Cécrops régna sur la Béotie, c'était une déduction naturelle de la tradition, probablement bien fondée, que la Béotie renferma jadis deux villes nommées Eleusis et Alhènes. . (2>v, 58— (5) iv, M7.-4U) VI, 47. 8£tw «à *âiwtç.Valla. Conon cependant (ST) (ail de Thasus un Frère de Cadmus et un fils de l'hœmx. Dans Apollodore fin, 1, 1), Thasus est. selon quelques écrivains, un fils de Poséidon, et selon Phérécidès, un fils de Cilix, frère de Cadmus el de Phrenix. Pour Hérodote, Cadmus est fils d'Agénor (tv, U7).