CHÀP. V. — LES HÉROS ET L'ARE HÉROÏQUE
dtffldlsThentqu'un système de gouvernement, tel queeelulqui était éta- imtl.e, b)i dans les États doriens de la Crète, eût pu se combiner avec cette puis- u*-ia°1sanee navale que Minos passait pour avoir acquise. Selon la mention expresse des historiens, les colons postérieurs s'établirent partout de préférence dans l'Intérieur des terres (l). Enfin, on a delà peines, n'expliquer comment le peuple de Minos, s'il n'était qu'une fraction d'une petite tribu longtemps incapable de se défendre contre ses voisins es Grèce, en t pu entreprendre, à une époque si reculée, des conquêtes étrangères, et fonder tant de colonies éloignées.
Il n'est pas nécessaire que nous essayions de substituer une nouvelle cmj«t«rr* hypothèse à l'opinion que nous sommes forcés de rejeter. Mais si nous JJ^JJ^"" pouvions hasarder une conjecture sur ce sujet, nous serions disposés à penser que la grandeur maritime de la Crète appartint principalement «Ux Phéniciens. En effet, a en juger par la tradition vulgaire de son origine et la forme générale des légendes qui le concernent, Minos aurait eu des rapports beaucoup plus intimes avec les Phéniciens qu'avec les Doriens. Ce n'est pas que les Phéniciens eussent jamais formé une partie considérable de la population de la Crète. Dans notre opinion, l'âge de Minos peut seulement être considéré sans Improbabilité comme représentant une période où l"-s arts introduits par les colons phéniciens avalent élevé une des tribus Cretoises, sous un chef capable et entreprenant, à une prépondérance temporaire sur le s tribus voisines, qui lui permit d'établir une sorte d'empire maritime. Une telle supposition fournirait peut-être l'explication la plus simple de la singulière légende qui fait mourir Minos en Sicile, où il s'était rendu avec une Motte pour y poursuivre Dédale. Cette légende semble avoir dû son origine aux progrès des établissements phéniciens vers l'Occident. Dédale s'enfuit devant Minos, d'abord en Sicile, puis en Sardaigne (2). Eu Sicile, il laisse de merveilleux monuments de son art parmi les indigènes encore barbares ; il emploie surtout son talent à fortifier et à orner le temple de Vénus, a Eryx (s), fondé probablement par les Phéniciens. Selon la tradition Cretoise, le désastre de Minos fut suivi de la ru In* totale du pouvoir maritime de la Crète; et les expressions dont se sert Hérodote semblent Impliquer que l'Ile ne fut occupée par une population hellénique qu'après cet événement ; en tont cas, son silence prouve qu'il n'avait jamais entendu parler d'une migration de Doriens de la Thessalîe en Crète (4).
Les limites de notre plan nous interdisent de parler d'un grand «ombre de guerres, d'expéditions et d'exploits de cette époque, pompeusement célébrés par la poésie héroïque. SI nous passons ces légendes sous si-
(1) Pou*., m, 2, 7. - (2) Paul., *, 17, i. — (3) Diod., iv, 78. Un IcnW ri> Vénus est Misîi élerf sur le lomhenu de Minos. Dion"., iv, 711. — U) m, 171 . Hœck, Kreta, h, p. IS.HofTter (Din Gœttrrdietiste atif flhartui, p. ISi.nole «33) pense que c'est faire un obus clnngerem de lu erilique historique que Je mettre en qiioilinn l'autorité sur laquelle celle légende repo>e. Hnltittamt {Mytkolagus, II, p. 511) ndnwl, p*r dnlMlIft différent. In limite antiquité des élnhlissemenls de liCrèle.
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A.notJ.c. lence, ce n'est pas que, dans notre opinion, elles soient, historique- 1300-1200. meDt pariant, moins vraies que d'antres dont nous nous occupons, mais parce que les événements qu'elles rapportent paraissent n'avoir été suivis d'aucune conséquence importante ou durable. Sans ce motif, nous accorderions quelque attention à la querelle qui divisa la maison royale de Thèbes , et qui amena entre Tbèbes et Argos une série de guerres terminées par la destruction de la première de ces deux villes et par l'expulsion temporaire des Cadméens, ses anciens habitants. Her- Le ii*n* lie cules et Thésée entreprirent leurs travaux , soit seuls , soit avec l'aide chuM*d« c«- d'un unique ami ou compagnon ; mais ces guerres thébaines nous offrent i>dM. une confédération de sept chefs. De telles ligues semblent avoir été fré-
quentes dans la dernière partie de l'âge héroïque. Ainsi, un pareil nombre de héros furent réunis dans l'entreprise qui, quelle qu'ait été d'ailleurs sa nature réelle, devint célèbre sous le nom de la chasse du sanglier de Calydon (i). Nous allons nous occuper maintenant de deux expéditions encore plus fameuses, commandées également par une ligue de chefs indépendants, mais dirigées contre des pays éloignes, au lieu de l'être contre une partie de In G rèce ; nous voulons parler du voyage des Argonautes et du siège de Troie, qui termineront cette revue rapide de la période mythique de l'histoire grecque. Ugndadc I, 'expédition des Argonautes, examinée au point du vue sous lequel dn'Irgop™- e'le a été habituellement considérée, est un événement qu'un historien 1(1 critique peut se croire obligé de mentionner s'il se sent forcé d'y ajou-
ter foi, mais sur lequel il est heureux de passer rapidement, comme sur une digression embarrassante et inutile. En effet, quand la légende antique a été resserrée dans une forme historique, quand tous ses traits merveilleux et poétiques ont été effacés, de manière à ne lui laisser que sa substance, elle devient suffisamment sèche et courte, mais elle n'est pas pour cela beaucoup plus intelligible qu'auparavant. Elle contient encore la relation d'une aventure, incompréhensible dans son but, étonnante dans son exécution, qui ne se lie à aucune cause concevable et a aucun effet sensible. Eéduite aux faits qui ont souvent été jugés dignes d'occuper une place dans l'histoire, cette aventure peut se résumer ainsi . Dans la génération antérieure à celle de la guerre de Troie, Jason, jeune prince thessalien, avait encouru la jalousie de son parent, Pélias, qui régnait à Iolcos. Le rusé souverain encouragea le jeune aventurier à entreprendre une expédition maritime pleine de difficultés et de dangers. Elle devait être dirigée sur un point bien éloigné de celui qu'avait atteint jusqu'alors la navigation grecque dans la même partie du globe, versl'extrémité orientale de la mer, si célèbre dans les temps anciens par la féroeité des barbares habitants de ses côtes, que, selon l'opinion générale, elle leur dut le nom à'Axemtt (inhospitalière), avant que la civilisation qu'y introduisirent enfin les colons grecs lui eût fait don-
(1) IJn auteur moderne émet l'opinion que relie chasse fut en réalité une eipédilion militaire entreprise contre quelques-unes des tribus sauvages de l'jf.tolit, et que le nom de l'une d'elles (les Aptranli) donna naissance A la légende. Pins». I, p. 43.
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