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elle devait, nous l'avons déjà vu, appartenir proprement A Corintht, wn des principaux établissements de la race mi nyenne. Des rites religieux, observés sans interruption jusqu'à la destruction de cette ville par les Romains, y conservèrent le souvenir des scènes tragiques qui y rendirent son séjour si célèbre. D'après la légende locale, elle n'avait pas égorgé ses enfants ; ils avaient été tués par les Corinthiens, et des sacrifices annuels offerts à Junon furent institues en expiation de ce crime public. Quatorze enfants, choisis tous les douze mois dans les familles nobles, étaient éondamnés à passer une année dans le temple de cette déesse, occupés à y célébrer toutes les cérémonies d'un deuil solennel. Hais nous sommes obligé de nous arrêter Ici. La partie historique de la légende semble indiquer l'existence de rapports naissants entre les rives opposées de In mer Egée. Si ces relations Turent ouvertes par les Grecs du Nord, les Grecs du Péloponèse ne tardèrent pas vraisemblablement à en profiter. Supposer que ces relations furent toujours amicales, ce serait méconnaître les habitudes de piraterie des premiers navigateurs ; aussi a-t-on pu penser avec quelque apparence de raison que l'expédition des Argonautes fut l'occasion du premier conflit entre les Grecs et les Troyens. Nous sortons donc, par une transition naturelle, du. cerclemythique que nous venons de tracer, pour entrer dans celui de la guerre de Troie, et le point de vue sous lequel nous avons examiné le premier nous servira peut-être à nous former une opinion sur le sens historique du second (1).
Nous avons déjà vu comment Eurysthée, le fils de Sthénélus, avait usurpé l'héritage qui revenait de droit à Hercules, en sa qualité de représentant légitime de Persée. Sthénélus s'était réservé pour lui Mycènes et Tlrinthe, mats il avait donné la ville voisine' de Midée à Atrée etàThyeste, filsdePélops et oncles d'Eu ryst liée. A la mort d'Hercules,
(1) Dan* le récit que nous Tenons de faire de l'expédition des Argonaute», nous avons adopté l'opinion qui ■ été émise pour la première fois avec une profusion d'érudition el de déductions ingénieuses, par Mùller, dans son Orchomenoi, et qui nous semlile. encore, dans son ensemble, l'hypothèse la plus vraisemblable. Aucune autre, en effet, que nous connaissions, n explique tous les détails de la légende, ou ne peut se concilier avec eut. Weichert (qui parait n'avoir paa lu l'ouvrage de Huiler, bien que le sien soit postérieur d'une année) s'efforce, dans son livre [Ueber Apollonius von Hhodus) , de donner une forma plus spécieuse à la tradition vulgaire, mais il n'y réussit pas. Dans son opinion, la toison d'or repré- ■enle les trésors de Phrixus, qui s'enfuit oiec eux [pour quelque motif inconnu) dans la Colchide, où, selon l'usage barbare du pays, d est massacré par ,4£étès. La nouvelle de ce crime est apportée en Grèce par les .Solides qui entretiennent de» relations commerciales avec leshabilants de la Coluhide, maigre leur férocité, el les héros s'embarquent, non pas dans un seul bilîineiit, mais sur uneflotte, pour veiller le meurtre de Phrixus et recouvrer ses trésors. Plass (1, 31», 416) essaie de combiner l'hypothèse de Mûller avec une autre hypothèse qu'il a inventée concernant l'établissement d'une colonie de Phéniciens à Orchomenos, Ces Phéniciens sont chassés du pays par les Minyens. et le hruit se répand, après leur départ, qu'ils ont emporte avec eux (comme Plass le suppose en suivant l'opinion de Bœltiger) d'immenses richesses dans les contrées du nord est, et les Minyens entreprennent alors une série de voyages, dans l'espoir de les atteindre et de les piller. Hais pourquoi ne pas se diriger plutôt vers la Pbénieie?
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1W HISTOIRE m LA G8ÈC6.
atibu.c. Euryithée poursuivit ses enfanta orphelins partout où ils se réfugièrent, *1M" jusqu'à ce qu'ils tussent trouvé un asile dans l'Attique, Sur le refus ite Thésée de les lui livrer, il envahit l'Attique en personne, mais son armée fut défaite, et il fut tué par Hyilus, le fils aîné d'Hercules, en se sauvant par l'isthme. Atrée succéda au trône de son neveu, dont tous les enfants avaient péri dans oette expédition désastreuse, et en mourant il légua ainsi un vaste royaume à son fils. Agamemnon . Tandis que la maison de Pélops s'enrichissait, sur ce point, des dépouilles d'Hercules, elle recueillait ailleurs les fruits de sa valeur victorieuse. Hercules avait donné la Laoonie à Tyndnre , père d'Hélène; et quand le frère d' Agamemnon, Ménélns, eut été préféré à tous les autres prétendants à la main de oette belle princesse, Tyndare abdiqua en faveur LâcndedB du mari de sa fille, Pendant ce temps, un Etat florissant s'était élevé ■fnriê.""" dt lur 'a rive U1'i«uta!e de l'Hellespont. Hercules avait pris jadis Troie, sa capitale, avec l'assistance de Télamon, fils d'vEaeus; mais il l'avait rendue à Priant, le ûls du roi vaincu, Laomédon. Priamy régna dans une paix prospère sur un certain nombre de petites tribus, jusqu'à ce que son fils, Paris, attiré dans la Laconie par la réputation de la beauté d'Hélène, eût abusé de l'hospitalité de Ménélas, en enlevant la reine pendant son absence. Tous1 les chefs de la Grèce réunirent leur* forces, sous le commandement d' Agamemnon, pour venger cet outrage; ils mirent à la voile avec une grande flotte, et, après un siège de dix ans, ils s'emparèrent de Troie, qu'ils rasèrent jusqu'au sol fav, J. C. 1)84). a que: pont Tel est le résumé aussi succinct que possible de cette histoire, qu'ont dï'iS" d<(M immortalisée les poèmes d'Homère. Nous la savions tous par coeur longtemps avant d'être tentés de nous demander quelle est sa baie historique : aussi est-it difficile d'entreprendre une pareille étude sans quelques-unes de ce» préventions qui empêchent de porter un jugement impartial. Nous exprimerons franchement notre opinion, bien que nous ayons la certitude qu'elle paraîtra, aux uns trop paradoxale, aux autres trop crédule. Selon nous, la réalité du siège de Troie a quelquefois été mise en doute sans motifs suffisants, et malgré de fortes preuves contraires. D'après les règles d'une saine critique, il nous faudrait des arguments très-concluants pour nous résoudre à rejeter, comme une pure fiction, une tradition aussi ancienne, aussi universellement admise, aussi nettement définie, aussi Inextricablement mêlée à toute la masse des souvenirs nationaux, que celle de la guerre de Troie. Ne serait-elle pas vraie , elle adû nécessairement son origine à quelque événement ou à quelque motif équivalent à ceux qui lui servent de base. Il est difficile d'Imaginer quelle fut cette cause, à moins qu'elle ne fut née dans les colonies grecques de l'Asie ; et, dans ce cas, on aurait de la peine à expliquer comment elle se serait répandue si généralement dans la Gréée. Les chefs des premières colonies établies dans le voisinage de Troie considéraient Agamemnon comme leur ancêtre. SI cette prétention eût eu pour conséquence l'histoire de ses victoires en Asie, leur théâtre eût probablement été placé dans le pays occupé par ses descendants, et non dans une contrée v«4sine. D un
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autre eoté, la direction suivie pur cette premiers migration (éollenué) tnui. i. s'accorde naturellement avec une tradition antérieure d'une conquête ll**' faite par les Grèce dans cette partie de l'Asie. C'est donc pour nous une nécessite d'admettre la réalité de ta guerre de Troie comme un fait général ; maie au delà de cette limite, nous osons à peine nous aventurer d'an seul pas. Une obscurité que nous ne pouvons prétendra à pénétrer enveloppe tout à la fols sa cause et son résultat, In manière dont elle Tut conduite et les partter qui y furent engagées. D'une part, h«*m. F«rson improbabilité intrinsèque, d'autre part, notre conviction qu'Hélène '^J^i,?1*"' est un personnage purement mythologique, nous empêchent d'adopter l'histoire poétique de l'épouse de Ménélas. Quelques écrivains ont défendu la tradition vulgaire de l'origine de la guerre, par ce motif, qu'elle concordait parfaitement avec les mœurs de l'époque, comme si une légende populaire, vraie ou fausse, pouvait en différer beaucoup. Celui de ses détails qui nous semble le plus improbable, abstraction faite du caractère des personnages, sont les relations qu'elle établit entre Troie et Sparte. Quant à l'héroïne, Hérodote la classe avec io, Europe et Médée, trois types que des motifs distincts font retomber évidemment dans le domaine de la mythologie. Cette observation seule suffirait pour nous faire penser qu'elle appartient à la fable ; et notre opinion est confirmée par toutes les particularités de sa légende, par sa naissance (i ), par ses rapport* de parante avec les jumeaux divins, dont le culte semble avoir élé une des plus anciennes formes religieuses du Péloponese et Burtout de la Laconie , enfin par les honneurs divins qu'on lui tendait à Sparte et dans d'autres lieux (3). Nous avons en outre de plus fortes raisons de douter de la réalité de la cause assignée par Homère à la guerre de Troie. Le même Incident se représente dans un autre cercle do flottons : en enlevant Hélène, Paris reproduit un exploit déjà attribué à Thésée. Celte aventure du héros atttque semble avoir été connue d'Homère; car il place auprès d'Hélène, à Troie, £thra, la mère de Thésée, que les Dioseures avaient, dit-on, enlevée de l'Attique, lorsqu'ils l'envahirent pour reprendre leur sœur (3). Au moment où Thésée s'approcha d'Hélène pour l'enlever, elle dansait, dit-on, dans le temple de la déesse, dont sa Alla Iphigénie passait pour avoir apporté l'Image de la
(1) Homère la représente comme la fille de Jupiter, niais il ne mentionne pas sa mère Léila, l'épouse de Tyudare. Lu fable, qui en fait nne fille de Némésis (Pau»., 1, 33, 7}, nous paraît, à non» qui n'avons de Némésis que l'idée que s'en formèrent les anciens, à une époque postérieure, nue fiction afléaoricyie, mtis il est possible qu'elle toit aussi ancienne que l'antre; elle fut peut-être primitivement la même que celle rapportée par Hésiode (Scliol. PinJ., N. x., 150) qui eu fait une fille d'Ôcéanu* et de Tfaélia. — (S) Hsrod., n, 6t. A Bhodes, elle était adorée sous l'épilhèle de ieïâpTnj, et une légende fut inventée pour eipliquei ce culte (Paus. , m, 19, 40). On peut comparer aussi les description! du temple qu'elle dédie à llithyia (Pans., il, 22, fi) et du temple d'Aphrodite i Tréiène (Paus., il, 32, 7) a.ec le IWdfe de' Plu (arque, c. 30,2t. — (3) II., m, 144. On a soupçonné, il est vrai, ce vers d'être une interpellation attique (Boile, Geii.h. d. Htlt. Oichtkunst,], p. 303); mais il parait que ce loupcon n'est pas fondé. (Voir Welcker, My. cjici., p.ï!7.)
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108 HISTOIRE DK LA URECS.
Awtj.c Scythie, épisode de la légende qui désigne peut-être la branche du l184' culte lacédémonien auquel elle appartenait. Selon une autre tradition, Hélène fut enlevée par Idas et Lynceus, couple messénien de héros qui répond aux Jumeaux Spartiates (l). Ces variantes semblent montrer que son enlèvement était un thème poétique, indépendant, dans l'origine, de la guerre de Troie, mais qui a pu être sans peine et naturellement rattaché à cet événement (2).
Rapport de Mais si nous rejetons la cause traditionnelle de la guerre de Troie, Tfo*°*r« t: non» sommes réduits aux conjectures pour expliquer le rapport réel ô*£naua- **e8 événements. Certaines traces nous serviront cependant à nous «•.. diriger dans cette voie. L'expédition des Argonautes, nous l'avons déjà'
fait remarquer, fut quelquefois rattachée au premier conflit de la Grèce et de Troie par la légende qui comptait Hercules au nombre des Argonautes, et qui,' peudant le voyage , lui faisait rendre au roi troyen Laomédon un service dont 11 ne touchait pas la récompense. Homère reconnaît le fait principal, lu prise et le sac de Troie par Hercules. Ainsi, pendant la génération qui précéda la guerre aujourd'hui si célèbre, Troie avait déjà provoqué l'inimitié, ou tenté la cupidité des Grecs. Si, après ce premier coup, elle recouvra sa puissance et ses richesses, elle dut vraisemblablement exciter de nouveau les mêmes sentiments. On Expidiijaa peut, il est vrai', se demander si l'expédition d'Hercules ne fut pas une contrï'Tréiè. forme plus ancienne et plus simple de la même tradition qui devint plus tard l'argument de l'Iliade ; car, non-seulement leurs événements, malsieurs principaux acteurs, donnent aux deux guerres une ressemblance frappante. Les personnages éminents du second siège sont Agaroemnon et Achille, qui représentent les maisons royales de Mycènes et des ^acides; dans le premier, r Hercules argien a pour compagnon Télamon, un ^acide (3). La querelle et la réconciliation des chefs alliés sont même des traits communs aux deux traditions. Peut-être devrions-nous aussi mentionner que , selon une légende célèbre de bonne heure dans la poésie épique de la Grèce (4), la flotte grecque mit deux fois à la voile d'Aulis pour se rendre sur la cote de l'Asie. Dans le premier voyage, elle atteignit l'embouchure du Calque, où l'armée débarqua, et remporta une victoire sur Télèphe , roi de Mysie. Mais, en s' éloignant de la côte my sienne, elle fut dispersée par un orage, et forcée de se rassembler à Au lis. Nous n'avons, à ce qu'il parait, aucune raison de regarder cette tradition, soit comme un épisode imaginaire, soit comme un {ait appartenant réellement à l'histoire de la guerre de «Troie. Elle fut peut-être, dans le principe, une légende dis -
(i) Plut., Thétét, ou — (2) Sur le caractère mylhique d'Hélène, voir un Essai de Uschold, dans le ZimmermanS Zeitschrifl, 1855, a. 105, 107, intitulé : Bedtutuny der Heleaa und Ihrer Wanderungtn. — (2) Welcker cependant (dans un Essai sur VAjax de Sophocle, dan! le fin. Mus.) pense que In généalogie qui unit Télamon a la famille d'iEacus fui inventée après Homère. Elle fut rejetée par Phérécvde (Apollod., ni, 12, 6, 8), qui représentait Télamon seulement comme l'ami, et non comme le frère de Pelée. — (3) D'où elle passa dans la Cvuria de Slasiutis, qui probablement n'est pas postérieure au huitième aiècle.
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tinete, basée, de même que celle d'Hercules, sur une série d'attaques a<»i j faites par les Grecs le long de la côte de l'Asie, soit dans un simple bat llM de pillage, soit avec le projet d'y fonder des établissements durables.
Quant à l'expédition qui se termina par la chute de Troie, puisque les faits principaux sont si incertains, nous ne devons évidemment concevoir aucune espérance de nous former une idée positive de ses détails. Avons-nous besoin de le faire remarquer, rénumération des forces grec-: ques dans l'Iliade ne mérite pas plus de confiance que les autres parties du poème qui ont un aspect plus poétique; elle n'est, à ce qu'il parait, qu'une compilation adaptée à un état de choses bien postérieur. Le poëte a, comme l'observe Thucydide , singulièrement exagéré le nombre des soldats grecs , on le croira sans peine; et peut-être pouvons-nous nous dispenser de supposer, avec l'historien, qu'une partie de ces troupes fut employée à cultiver la Chersonèse de Thrace. « Mon père, dit le fils d'Hercules, dans l'Iliade, vint ici avec six vaisseaux et quelques hommes ; cependant il ravagea Ilion et il porta la désolation dans ses rues. » Cette victoire facile offre un contraste surprenant avec les efforts d'Agamemnon, qui, malgré ses douze cents vaisseaux et ses cent mille hommes, commandés par la fleur de la chevalerie grecque, assiégea la ville pendant dix ans, se montra souvent prêt à abandonner l'entreprise de désespoir, et ne dut enfin sa victoire qu'à un revirement imprévu de la fortune. On à supposé qu'après sa première destruction, Apptfeii Ih ville avait été entourée de fortifications plus importantes, et qu'elle U"2*j! avait accru rapidement sa puissance sous le règne de Priant. Mais, Trou. malgré cette hypothèse* l'imagination a de la peine à passer sans transition des six vaisseaux d'Hercules à la vaste flotte d'Agamemnon (l). D'un autre coté, quels qu'eussent été les motifs de l'expédition, la passion des aventures put vraisemblablement réunir ensemble, dans un but commun, des guerriers de toutes les parties de la Grèce, à la tête desquels se placèrent, sous les princes pélopides et «acides, les Achéens du midi et du nord , et donner ainsi à l'expédition ce caractère, qui lui est uniformément attribué, d'une entreprise nationale. Ln présence de quelques chefs distingués, suivis chacun par une petite troupe, suffirait tout à la fois pour expliquer son résultat et sa célébrité. Si nous ne craignions pas de pénétrer trop avant dans les domaines de la poésie, nous penserions que le plan des Grecs fut identique à celui qu'adoptèrent fréquemment, à des époques postérieures, des envahisseurs dont les forces étaient comparativement beaucoup plus faibles; c'est-à-dire qu'ils se fortifièrent dans un poste d'observation, d'où ils continuèrent à tourmenter leurs ennemis, jusqu'à ce qu'un stratagème ou une trahison les eut rendus maîtres de la place.
L'expédition accomplit, on n'en peut douter, son but immédiat; cependant H semble également certain qu'un État troyen survécut peu- "„, dant un certain temps à la chute d'Ilion ; car un historien, qui doit à l'époque où il vécut et au pays où il était né une grande autorité sur
(1) Vo je* Dion Chrytt.; TVtjfano (l, p. 349. Reisk.î.
KO BWTOÏRÏ DR LA GlACB.
A»«bU.C ea sujet, Xanthus le Lydien, racontait qu'un gemblablfl État Ait lïoil- 1 Ml activement détruit par l'invasion des Phrygiens, tribu de la Thrace qui se rendit d'Europe en Asie, après la guerre de Troie ( i ) ■ Le témoignage d'Homère confirme indirectement ce fait; car, dans l'Iliade, Neptune prédit que la postérité d'Énée continuera longtemps à régner sur tes Troyens après l'extinction de la racede Priam. Bu reste, si son Issue immédiate couvrit de gloire les vainqueurs, 'in guerre de Troie eut pour eux, par la suite, des conséquences désastreuses. Ut retour* des héros formèrent un cycle distinct de poésie épique, dont l'Odyssée ne renferme qu'une faible partie; ils furent généralement signalés par des aventures tragiques. Ce, résultat calumlteux d'une entreprise heureuse semble avoir été un caractère essentiel de la légende de Troie. La colère de Juuon avait aussi persécuté, à son retour, Hercules, qu'une tempête furieuse avait écarté de sa route. Nous examinerons plus tord In base historique de cette partie de la légende; pour le moment, nous nous oontenterona de remarquer que si, comme plusieurs traces l'indiquent, cette tradition naquit et se répandit parmi les Grecs asiatiques peu de temps après leur établissement sur cette terre, où leurs ancêtres, les héros d'une génération plus heureuse, avaient remporté tant de glorieuses victoire», il ne serait pas difficile de concevoir comment elle prît, en se terminant, un caractère si triste. Le siège de Troie était le dernier événement du passé auquel les émigrants pouvaient se reporter arec joie et avec orgueil. Mais cet heureux souvenir leur rappelait de nombreuses vicissitudes, des luttes pénibles et des révolutions fatales. Ils étaient venus en exilés et en bannis sur ces cotes que leurs unréi res avaient quittées en conquérants. Il semblait que la jalousie des dieux, excitée par le plus grand exploit des Achéens, eût pris à tache de les accabler de douleurs et d'humiliations. Les révolutions et les souffrances de plusieurs générations se trouvèrent naturellement accumulées dans une courte période, postérieure à l'événement qui passait pour leur cause, et se résumèrent dans les malheurs personnels des principaux chefs de la nation. Comme le génie naissant des aventures navales s'alliait a ces sentiments et a ces souvenirs patriotiques, les régjons merveillenses de l'Orient et de l'Occident, qui avaient été si longtemps les objets de vagues désirs et d'une avide curiosité, figurèrent dans ce tableau pathétique; et l'Ile d'Aleinoùi réfléchit l'image familière' d'un peuple maritime, qui unissait un ardent désir des plaisirs sociaux au mépris des dangers et des fatigues, et qui se plaisait à remplir les intervalles de voyages périlleux par des fêtes, des chants et desdanSes.
Eh discutant la réalité historique de la guerre de Troie, nous nous sommes abstenu de soulever une question qui s'y rapporte et qui est eneure te sujet d'une controverse active : nous voulons parler de l'antiquité et de la forme originelle des poèmes qui contiennent les plus ancien* souvenirs de cet événement. Nous avons cru devoir ne pas nous occuper maintenant de es problème, parce que, quelle que soit la solution
(1) Sirab.,iiv,6«0;xn,K»,
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