‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 44 sur 143 · CHAP. T. - LES HÉ*OS 1T L'ÀBK HÉROÏQUE. III · texte numérisé non relu

CHAP. T. - LES HÉ*OS 1T L'ÀBK HÉROÏQUE. III

qu'on en donne, 11 ne peut exercer aucune influence sur ht opinions j,™hj. c, que noui venons d'émettre. Si rapprochée qu'ait été la génération dq "*• poète, en le considérant comme un seul homme, de celle des héros dont il chante le* exploits, Il est clair qu'il ne le laissa pu enchaîner par ta connaissance des faits. S'il tut un contemporain des soldntt d'Achille, H n'en fit pas moins de son héros principal te Ris d'une déesse maritime (1). Ainsi que ses auditeurs, il voyait probablement AJ,*ofl'*Ji dans la poésie épique un moyen de répandre les traditions historiques, râ*»p.r ru et II cherchait en conséquence a placer sa base sur une tradition po- îSJSJS? pulafre : autrement elle lui eût paru vide et Insipide, ses ornementa eussent semblé déplacés , sa catastrophe n'eut offert aucun intérêt. Mois cette histoire, au nom de laquelle il priait les Muses d'aider sa mémoire, ne devait pas sa valeur principale à la relation d'événements réels ; c'était un genre tout particulier dans lequel le merveilleux paraissait naturel, et où le poète semblait d'autant plus digne de toi qu'il exaltait davantage la gloire de ses héros. SI certains passages de l'Iliade et de l'Odyssée paraissent racontés avec la simplicité nue de la vérité, nous np pouvons accorder A ces épisodes une plus haute autorité qu'au reste rie ces poèmes ; s'ils sont plut simples, ee n'est pas qu'ils soient plus exacts et plus vrais, c'est qu'ils avalent moins de place pour se développer. Les campagnes de Nestor, les guerres de Calydon, les expéditions d'Achille paraissent probablement moins poétiques qne les combats qui ont eu lieu devant Troie, parce qu'elles sont placées dans le fond du tableau, comme des groupes subordonnés, et qu'elles y avalent peut-être été transportées d'autres légendes, dans lesquelles, occupant une place différente, elles figuraient sous une forme plus merveilleuse et plus poétique.

Mois si, lorsque nous recherchons quelle fut la réalité des Individus Pimpp et des événements, nous ne pouvons accorder qu'un faible poids A l'an- qu'ui ètu torité d'Homère, nous devons attribuer à sa poésie un antre ordre de *-"*' vérités plus Important , et sur ce point notre conviction ne serait pas du tout ébranlée, alors même qu'il pourrait nous être prouvé qu'un inlervalle plus long que tout ceux qui ontété évalués, dansqitelquehypothèse qne ce soit, l'a séparé des scène» qu'il décrit. Ces vérités particulières sont celles qui se rapportent a l'état général de la société, aux Institutions, aux mœnrs et aux opinions. Les contemporains du poète en étalent des juges compétents et impartiaux. Une description n'eut-elle pas répondu A un état de choses qui leur fut familier, elle leur eut paru inintelligible etsans Intérêt. Nous ne pouvons pas plut leur attribuer la fa-* culte de comprendre qu'au poète l'ambition de déployer une vaste éritdftionj encore moins peut-on supposer qu'il empruntât ses descriptions a un modèle idéal. La génération avec laquelle il vécut ne différa évidemment pas beaucoup de celte qu'il chanta, par rapport a ses Idées,

(t) Origène, c. Celsum, 1, 43. Selon B. Thierscli [Ueber fat ZtUahtr uni Vaterkmdies Homtr, p. 19i), l'argument tiré dea fails surnaturels, pour prouver que le poêle ne fut pna un f on tempo rit in de son héros, peu! être détruit pur Peiem* pie que rapporte Hérodote (i, 60) de I* rrédlilile de. AthinieiH.

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A.T1C1 j.c. à ses sentiments ou à ses relations sociales. L'hypothèse contraire man- I184' querait non-seulement de base, elle contredirait encore ce que nous savons du progrès graduel de la civilisation dans la première période de l'histoire grecque. Peut-être a-t-on quelques raisons de penserqu'Homère commit sans intention quelques anachronisme», qu'il transféra parfois à l'époque de ses héros ce qui appartenait proprement à son époque, que plus souvent encore il grandit et embellit les objets dont il parla ; mais l'opinion opposée ne repose sur aucun fondement : on ne peut pas croire qu'il ait, en quelque passage que ce soit, tenté de raviver d'anciennes coutumes, et qu'il ait passé sous silence, dans un but d'exactitude dramatique, les progrès que ses contemporains avaient t'ai ts, soit dans les sciences, soit dans les arts pratiques. Ce qu'il représente n i ce lepius de vérité, c'est l'état delà société grecque presque jusqu'àson époque; mais si nous tenons un juste compte des effets de changements Imperceptibles et des exigences de la poésie , nous ne nous exposons pas à tomber dans quelque erreur matérielle en étendant ses descriptions à toute la période que nous appelons l'âge héroïque.

Le monde d'Homère n'est pas un monde enchanté, créé par la baguette d'un magicien ; c'est un monde tout a la fols poétique et réel. En ne nous occupant que de sa partie positive, nous ne rompons pas le charme à l'aide duquel il captive l'Imagination. La tache de l'historien ett toutefois très- différente de celle du poète; le devoir du premier est de recueillir ce que le second répand, négligemment et sans le savoir, sur sa route, de combler ses lacunes et d'éclairer ses obscurités. Les sujets que le poète développe avec le plus de plaisir ne sont pas toujours ceux qui semblent les plus intéressants et les plus instructifs à l'historien. Toutefois il en est peu sur lesquels la curiosité de ce dernier éprouve un désappointement complet. Homère décrit quelquefois avec une exactitude minutieuse des produits artificiels et des procédés techniques, tandis qu'il n'entre jamais dans aucun détail sur les institutions sociales, les sentiments moraux et religieux de son époque; c'étaient des choses universellement connues : aussi ne nous les révèle- t-il que par des allusions accidentelles. Mais les renseignements qu'il nous fournit se rapportent uniquement à une seule période, à un seul degré de la civilisation antique ; il ne nous apprend absolument rien de toutes les époques antérieures. Si nous désirons remonter jusqu'aux temps qui ont précédé l'âge héroïque, nous sommes forcés de nous contenter de traditions et d'indications qui ont rarement la clarté et l'authenticité de ses témoignages relatifs à son époque. Toutefois il ne faut pas, pour cela, les rejeter indistinctement, ni regarder son silence comme concluant patrapport aux choses qui ont dû être connues de lut, si elles ont existé. Les matériaux que nous fournissent les poèmes d'Homère, — vérifiés par les analogies historiques, et comparés à tous les autres monuments de l'antiquité,—- vont nous servir maintenant à esquisser les principaux traits de la société héroïque ou homérique. Nous allons passer successivement en revue l'état du gouvernement, des mœurs, de la religion, des sciences et des arts durant cette période de l'histoire grecque.

CHAP. VI. - GOUYKBKEMntT, LOIS.

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