‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 57 sur 143 · CHAI'. IX. — GUERRES DE LA MESSÉNIE · texte numérisé non relu

CHAI'. IX. — GUERRES DE LA MESSÉNIE

Sparte avant la fin de ta guerre (l). La colonie qui fonda Ta rente, dans jtnnu.c. l'intervalle de la première et de la seconde guerre messéniennes , se /23' composait, dit-on, d'une troupe de jeunes gens , nés de ces mésalliances. Exclus du rang de citoyens, ils avaient formé , avec les Hilotes, une conspiration contre l'État. Ils renoncèrent a leurs dangereux projets, à la condition qu'il leur serait permis d'aller chercher ailleurs une nouvelle patrie, et que, si leur expédition échouait, ils obtiendraient A leur retour la cinquième partie des terres de la Messénie. Enfin, è en croire Théopompe, les Spartiates réparèrent les pertes qu'ils avaient éprouvées pendant les guerres de Messénie, en mariant les veuves des citoyens morts à des Hilotes, auxquels ils accordèrent plus tard, sous un nom particulier, les privilèges dont ils jouissaient (2). Cet incident, U est vrai, se rapporte peut-être à la seconde guerre, pendant laquelle une semblable mesure passe pour avoir été adoptée sur l'avis de Tyrtée ; mais il peut servir à nous faire comprendre l'état des choses dans la première période. Croirions-nous cependant que Polydore augmenta le nombre des Spartiates d'un corps considérable de nouveaux citoyens, tirés de la classe servlle ou sujette delaLacouie, ou issus des mariages qu'avaient contractés des individus appartenant à cette classe avec des femmes Spartiates, il nous resterait toujours une difficulté à expliquer. Comment cet acte de sage libéralité pourrait-il être rattaché à ce mécontentement que tous les historiens mentionnent, en s' appuyant certainement sur quelque base historique, comme la cause de la migration d'une colonie à Tarante? Ce fait semble inexplicable, à moins que nous ne supposions qu'une distinction établie entre les citoyens nouveaux et anciens n'ait déterminé une partie des premiers à tenter une révolu- . . .„ tion, et contraint le gouvernement à mettre eu pratique un des moyens **"

habituels de se débarrasser de sujets hostiles et turbulents. Les colons lacédémoniens, nous devons nous le rappeler, formaient seulement nue fraction de la colonie fondée a Tarente, où, comme à Crotone et a Locres, ils étaient mêlés avec d'autres Grecs. Nous savons qu'a une époque postérieure, une distinction dont la nature et l'origine n'ont jamais été clairement expliquées, existait a Sparte entre deux classes appelées, l'une les égaux ou les pairs (3), l'autre les inférieurs (4). L'élection des membres du sénat semble avoir été exclusivement réservée aux égaux, qui composèrent vraisemblablement une assemblée choisie {5} ; mais la classe inférieure dut avoir le droit de voter dans l'assemblée générale. Une semblable distinction n'aurait-elle pas pu s'établir sous le règne de Polydore, et soulever alors une violente opposition? Telle fut peut-être la cause d'une ordonnance, rendue avec la sanction de l'oracle de Delphes, sous les règnes de Théopompe et de Polydore, qui, limitant expressément les pouvoirs de l'assemblée générale, ne lui périt) AntiocliuselEpliorcdans Simbou, vi, p. 278, 281). Compare* inec Tiiéoimiupe dans Alhéu. , vi, 371. C. F. lier m mm , Ant. Lac, p. lit), n. 30. — B) iirràv«»;u. Aussi Diadare [Mai. Vel. Sur. , 11, p. 10) appelle les partisans da Mialanllius inùruraî, et semble les confondre arec les iî*fti»i*i. — (3) îuoioi.— (4) tatjMÛw;. — (5) t, wxaà ïaCf.iMz.

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Aiuit j.c mettait plus que d'adopter ou de rejeter, sans y rien changer et sans y ra' rien ajouter, les propositions qui lui étalent soumises (l).

L'augmentation du nombre des citoyens, et les distinctions de droits qui en eussent été la conséquence, nous fourniraient peut-être aussi le moyeu le plus facile de concilier les diverses traditions relatives a l'origine de l'éphorat. Hérodote attribue la création de cette institution à Lycurgue, et peut-être donne-t-il seulement à son opinion un sens que nous pourrions aussi admettre, si nous considérions Lycurgue comme le représentant de l'ancienne constitution Spartiate. D'autres écrivains, «'appuyant sur d'aussi bonnes raisons, décrivent l'éphorat comme une innovation introduite par Théopompe, le collègue de Polydore; la reine, disent-ils, ayant reproché à son époux de s'être ainsi dépouillé de la meilleure moitié des prérogatives royales, Théopompe lui répondit, pour justifier sa prudence, que cette concession assurait à ses successeurs la possession de celles qu'il avait gardées. Ici, toutefois, s'élève une difficulté : il s'agit de concilier ce fait avec l'ordonnance mentionnée ci-dessus, qui tendait manifestement à fortifier l'autorité royale ; pour atteindre ce but, on a cru nécessaire de supposer que l'ordonnance provoqua une réaction qui se termina par le triomphe du peuple, et que le peuple, vainqueur, voulant se garantir des empiétements ultérieurs de la prérogative royale, exigea la création d'une nouvelle magistrature populaire, ou du moins Ht augmenter considérablement les pouvoirs de celle qui existait déjà (I). ■

Remarquons- le, toutefois, des raisons politiques déterminèrent toujours les rois à augmenter le nombre des citoyens, et telle parait avoir été aussi la tendance naturelle de l'éphorat. Enfin, le caractère que cette institution prit par la suite fut peut-être si peu prévu que Théopompe put regarder l'éphorat comme un utile auxiliaire. A en juger par l'anecdote que nous venons de rapporter , il ne le regarda pas comme un rival formidable de la royauté. Dans les derniers temps de Sparte , Cléomène s'efforça de répandre l'opinion suivante : « Lycurgue, dit-il, avait d'abord uni, dans le gouvernement, les sénateurs avec les rois; et pendant longtemps, la ville conserva cette institution, sans avoir besoin d'autre magistrature. Mais, dans la suite, la guerre contre les Messéniens ayant, par sa durée, empêché les rois , occupés à de fréquentes expéditions, de rendre ta justice aux citoyens, ils choisirent, pour les remplacer dans cette fonction importante, quelques-uns de leurs amis, à qui ils donnèrent le nom d'éphores. Ces magistrats ne furent d'abord que les ministres des rois; mais plus tard ils attirèrent insensiblement à eux toute l'autorité, et finirent par s'attribuer une juridiction indépendante. Une preuve de cette vérité, c'est qu'Astéropus, qui, le premier, fortifia et agrandit la puissance des éphons, ne fut éphore que plusieurs siècles après leur établissement (3). » Cette tradition, relative à l'origine de l'éphorat, ne nous parait pas improbable par ellemême, mais diverses raisons nous empêchent d'y ajouter foi; ces raisons

(il Plut-, tire, 0. — S) Aruuld., Thuevd., appead. u, vul. 1, u. 64G, noie u. — (S) Plut., Ctéom., 10.

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sont l'exemple de Cyrène, le nombre des membres du collège éphoral, Avut j, qui correspondait aux divisions locales de la capitale, et l'analogie que ïOT" nous offrent d'autres États, et qui semble nous révéler qu'à Sparte les juridictions civile et criminelle furent séparées dans le principe, et que ni l'une de l'autre ne dépendit jamais complètement des rois. Or, comme la juridiction criminelle appartenait au sénat, il est plus probable que In juridiction civile fut, dans le principe, exercée par les éphores. Cette juridiction put même,» une époque très-reculée, s'unir à un droit de censure, semblable à celui que possédaient les éphores deCyrène(i). La preuve de l'antiquité de cette branche de 1-éphorat Spartiate semble résulter des expressions symboliques de l'éditque publiaient régulièrement les éphores en entrant en charge, et dans lequel ils ordonnaient aux citoyens de se raser les moustaches, et d'obéir aux lois (3). Cette surveillance générale sur l'exécution des lois fut une des fonctions de l'éphorat, qui dut souvent le mettre en collision avec l'autorité royale, et qui dut suffire à un homme habile et entreprenant pour usurper un pouvoir sans limites. Ce fut peut-être en vertu de ce pouvoir que les éphores faisaient prêter aux rois (tous les mois, si nous en croyons Xénophon) le serment de gouverner selon les lois , et qu'en retour ils s'engageaient avec la nation à une obéissance conditionnelle , dans des termes peu différents de ceux qu'employaient les Aragonais dans de semblables occasions. Une autre prérogative des éphores, qui leur per- mettait, à l'expiration d'une période de huit années, — période que la race dorienne observa depuis les temps primitifs dans un grand nombre de circonstances, — de suspendre les fonctions des rois, semblerait s'être rattachée plutôt au caractère religieux qu'aux attributions politiques de leurs fonctions. Us choisissaient, dit-on, une nuit sereine, mais où la Inné n'éclairait pas, pour examiner l'état du ciel, et l'apparition d'un 'météore sur un certain point était regardée comme un signe de la colère des dieux contre les rois, qui étaient, en conséquence, exclus de l'exercice de leurs fonctions, et qui ne pouvaient y être rétablis que par l'intervention d'un oracle. Mais, outre ces pouvoirs, les éphores possédèrent, dans les temps postérieurs, celui de convoquer l'assemblée du peuple, "de soumettre des mesures à son approbation et d'agir en son nom : et ce fut, sans aucun doute, ce caractère représentatif qui leur fournit les principaux moyens d'empiéter sur les prérogatives royales, et de s'emparer de tout le gouvernement de l'État.

Ce dernier privilège, la branche la plus importante de l'autorité des a«™ éphores, peut remonter jusqu'au règne de Théopompe, et avoir dû son ™0'i"d» origine n la même cause que Cléomène attribuait a celle de l'institu- !*■«■■ tion elle-même, c'est-à-dire à l'absence temporaire des rois. Deux ordonnances, citées par Plutarque, qui réglaient rassemblée du peuple, et qui ue parlent pas des fonctions des éphores, tendraient à prouver qu'ils ue le possédèrent pas à une époque plus reculée. Toutefois, nous sommes pourtant autorisés a nous demander si cet énorme accroissement

(I) HémWe da Pwi, tv. — (2) Plat., CïAm., 9.

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a«»ui J. c. de leur autorité, qui leur donna une si grande prépondérance sur tous les autres pouvoirs de la république, résulta uniquement ou principalement de quelque accident de cette nature, ou si ce fut par ce motif que le règne de Théopompe fut fixé comme l'époque de leur créât ion? Mais, sî sous ce règne, tes droits de cité furent accordés à un certain nombre de nouveaux citoyens, qui toutefois ne partagèrent pas complètement les privilèges des anciens, les éphores, en leur qualité de représentants de toute la nation, durent dès lors prendre une position nouvelle vis-àvis des rois et du sénat ( l ). La comparaison que Cicéron a faite de l'éphorat et du tribunat romain (2) serait dans ce cas beaucoup plus vraie qu'il ne le pensait lui-même, et elle servira à expliquer une contradiction apparente, qui nous frappe dans le caractère des éphores. En effet ils sont tout-puissants, bien que la classe qu'ils représentent plus spéciale ment jouisse seulement de droits limités. Mats, comme les rapports des différentes classes de citoyens Spartiates subirent de grands changements durant le cours de leur histoire, les causes qui maintinrent la mobilité.dc ces rapports demanderont ailleurs une explication différente, Remarquons seulement ici que, selon les expressions d'Àristote, l'élection des éphores se faisait d'une manière non moins puérile que celle des membres du sénat (3) ; aussi devons-nous en conclure qu'il n'existait que peu de différence entre ces deux modes d'élection, et sommes-

(1) Cetle opinion que nous émettons ici sur l'origine de l'épborat n'est qu'une conjecture ; mais ii serait impossible de remplir sans hypothèses les lacunes de l'histoire ancienne. Peut-èlre cetle conjecture n'est elle pas plus hardie que celle du docteur Arnold, el se lrouie-1-elle confirmée par un passage d'Arislole, Po!., v, 6. A propos de ce passage, Schœmanu, Ant.J. P. G., p. il9, a. 17, fait la remarque suivante : « Suiis mature homeeorum ordinem cxtilissc ronjeceris ex Arisl., Pot., v, 6, 1., si cerlurn esse! hune accurale loquutum esse ; * traduisant, il paraît, ix tûv imitai ex homœis procréâtes, erreur corrigée par C. F. Hermann, Ant. Lac., p. 127, noie 44. D'un autre côté, il peut sembler difficile de comprendre pourquoi une colonie eùl été envovée à Parente, si la classe inférieure était sous lu protection des éphores. Mais la lutte se termina peut-être par un compromis, le nombre des citoyens ayant droit à des privilèges égaux étant porté à 9,000, et le reste s'eiilant. Selon C. F. Hermann [Ant. Lac, p, 62) : «Lacedsemouii post primum beilum messeniacum, citium numéro novem millibus circumscripto etabsoluto, reliquosqui, progenie c]uidem peregrini, Lj<curgeœ tantum legis '

ficio propler educalioneni cives facL estent, capitedemmutos ejecorunt, ipsaraque illam Ljcurgi largiioiem ah hoc inde tempore propius ad naturam redeuntes ad spusios tSutum vel adoplaticios reslrimerunt.» — (2] m, 7,v. Limburg Brouwer

(ffiïf. delà cfc, III, p. 208) ollrihuela comparaison à Arislote. Compare! Val. Mai-, 1, E. 8.— (3) Polit,, h, 0.11 applique à ces deux modes l'épilhète iriiSajiw^w.

La majorité des écrivains qui ont traité ce sujet ont pensé ciue 1 élection des éphi appartenait à l'assemblée générale. Voir Huiler, Dor., lit, 7, 1; M. Lewis, PhU, *«i., 11, p. S4 ; Arnold, Thuc, i, p. 647 ; Sctaoïann, onrroge ci-dessus cité, p. 129; Lacbmann, Spart. Staativ', p. 209; Tillmann. Gr. Slaatsv, p. 107; Paslorct, Histoire de ta législation, V, p. 254. Mais O. F. Hermann (Ant. Lac. p. Cfî, 11. 48) refuse d'admettre relie opinion, par le motif qu'elle ne peut pas se concilier avec les «pressions d'Aristote, PoL, IV, 7 : (Sic ri; u.rjtna; ipy à;TT,i u-i-i a[-.i:,o>)ii. v',i 'îïy.'.v. vt; ~i'l u.;.--'y/.:-i- r'.ii; ;j.Éi->'ip^tpc>7i; stiftSmu, tîs S' tçopiii;

PiTtXwaiv], et il suppose que les épliores t'ureul toujours nommés par iesrois. Mais induction qu'on peut tirer de ce passage u'est pas tellement claire, qu'elle e(igc une pareille conjecture, contraire à l'idée qu'llermauu lui-mcine parnit s'être faite dans son Hantltiuch de l'épborat, qu'il appelle un organe légal arraché attx rois.

CHAI'. IX. — GUERRES DE LA, MESSÉNIE. S,i

nous autorisés à supposer qu'une allusion de Platon, daus laquelle ce aw j. < philosophe semble nous donner à entendre que le hasard avait quelque ,48, part à la nomination des éphores, ne se rapporte pas à la forme de l'ëlec- u^e *' tion, mais à une antre particularité d'une iustitution démocratique ( i j : tw'w'd" * car, bien que l'étendue de son pouvoir le rendit tyran nique, l'éphorat ***** était pour les anciens une institution démocratique, lorsqu'on le considérait au point de vue de son origine. L'autorité des éphores semble n'avoir jamais été définie; elle varia donc probablement selon les individus qui l'exercèrent, et selon les circonstances. Mais, ce qu'il importe de remarquer, c'est que les éphores assumèrent en même temps le pouvoir suprême et ses signes extérieurs. La dignité royale était forcée en toute occasion de s'incliner devant eux ; ils avaient le droit d'entraver par leurs ordres l'exécution des volontés des rois ; ils pouvaient à leur gré leur infliger une amende pour de légers délits ; il leur était permis de les jeter en prison, en attendant qu'ils fussent jugés, pour des crimes plus graves; seuls, de tous les Spartiates, ils restaient assis lorsque les rois passaient, tandis que, dans l'opinion générale, il n'était pas audessous de la majesté des rois de se lever en l'honneur des éphores, et que c'étaitpour eux un devoir de se rendre, au moins a la troisième citation, devant le tribunal éphoral. Nous verrons toutefois que, même à l'époqueoù le pouvoir des éphores avait atteint son apogée, la royauté continua de conférera ceux qui en étaient revêtus des prérogatives importantes, et les moyens d'exercer une immense influence : Agésilas, qui témoigna aux éphores plus dé respect que tous ses prédécesseurs, fut le prince le plus puissant de sa race.

La tradition se tait, ou ne nous fournit que de très- vagues rensel-* gnements, sur la part que prit Argos à la première guerre de Messénie. La forme poétique sous laquelle les événements de cette guerre nous ont été transmis est probablement la cause de notre ignorance. Toutefois, à en juger par certains faits, dont le souvenir s'est accidentellement conservé, Argos agit en ces circonstances comme nous devions le suppposer. Loin de rester inactive, taudis que son ennemie était occupée à combattre les Messéniens, elle avait saisi avec empressement l'occasion de recouvrer la Cynurie. Elle s'était, selon toute probabilité, emparée de toute la côte orientale de la Laconie, jusqu'au cap Malée, * et de l'Ile de Cythère, qui, comme nous l'apprend Hérodote, formait autrefois une partie de stin territoire (ï). Ces conquêtes doivent être attri- pnidso, i buées à Phidon, appelé vulgairement, à tort, le tyran d' Argos ; car il d'Acït"était, en fait, souverain héréditaire, le dixième successeur de Téménus; mais ik avait brisé les entraves qui gênaient à Argos l'exercice du pouvoir royal (3). Il se proposait, a ce qu'il parait, d'établir la supréma-

(1) Leg. m, M. t^fit -rï; xïnpuTn; Suv*|««î. Cœtlling (ad Ariit. Pot. etreut*tus, I,p. 468) suppose que le sort décidait entre les candidats qui niaient été élus; mais ces eipressious peuvent se rapporter au caractère démocratique des électeurs, lequel, selon l'opinion *le Platon, rendait leurs chois aussi capricieui el aussi incertains que s'ils eussent été (ails parle sort; el Arislotc, en parlant des éphores, dit si vrtfme. — (2) i, 82. — (3) Arûit., Pot., v, 8.

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AnotJ.c. tiède sa dynastie sur toutes les autres branches delà race héraelide, et ™" de faire valoir tons les droits qu'il dérivait de sa généalogie mythique (l). A la huitième olympiade, il priva les Éléens de leur présidence des jeux olympiques, fondés, selon les légendes, par son divin aïeul, et il la con fera aux habitants de Pise. Dans le même but, il fournit à sou frère Caranus les moyens de fonder un petit royaume (jui devint le cœur de la • monarchie macédonienne. Ce prince actif et puissant établit un nouveau système des poids et mesures, auquel il donna son nom; et il remplaça la grossière monnaie antique par une nouvelle monnaie plus convenable, qu'il appela cegînétalne, parce qu'elle se fabriquait à jEgine, sur son territoire. Enfin il étendit ses conquêtes sur la cote occidentale du golfe argotique Jusqu'à Malée; ce district aride et nu dont il s'empara n'avait que peu de valeur, mais 11 lui ouvrait un passage dans le cœur de la Laconie,

A la mort de Phidon , son génie et sa fortune abandonnèrent les Argiens. Toutes ses conquêtes retombèrent au pouvoir de Sparte, qui atteignit ainsi l'apogée de sa grandeur. Mais une domination basée sur l'injustice, et exercée sans merci, n'est jamais solide. Une nouvelle génération peuplait alors laMessénte, qui gémissait sous un joug honteux. Elle oubliait les désastres de la guerre soutenue par ses ancêtres pour se rappeler seulement leurs actions héroïques. Les Messénlëns, que Sparte avait exemptés, par politique ou par générosité, de la condition servile A laquelle leurs concitoyens étaient réduits , eurent honte de ce privilège qui leur semblait le prix d'une soumission ignominieuse. Un grand nombre d'entre eux, qui étaient nés dans l'exil, avaient un vif désir de recouvrer leur patrimoine. Quand tous les cœurs furent pleins, quand toiwles esprits excités u attendirent plus que le signal delarévolte, le champion désigné par le sort apparut ; ce fut Aristomèue, un second Aristodème.

Aristoméne était de naissance noble, comme le héros qu'il allait remplacer, car il descendait aussi de la race d'/Epy tus ; on disait même qu'il comptait, comme Hercules et Thésée, des dieux parmi ses ancêtres. Il surpassait Aristodème en force et en courage ; aucun triste souvenir ne pesait sur son Ame. D'Andanie , le lieu de sa naissance , il soutenait les espérances des exilés, il excitait l'Indignation du peuple opprimé , il arrachait des promesses de secours aux villes étrangères. Argos et l'Arcadie étaient plus que jamais hostiles à Sparte , et Elis se montrait aussi disposée A concourir A la délivrance de la Messénie. Trente-neuf ans après la prise d'Ilhôme, la quatrième année de la vingttroisième olympiade (685 avant Jésus-Christ), la seconde guerre de Messénie commença.

commen- Les Messéniens livrèrent leur premier combat avant qu'aucun sekS™' cours leur fut arrivé de l'étranger. La victoire resta incertaine ; toute- » d0 Moïse- fois, la valeur d'Aristomène frappa ses ennemis de terreur, et inspira à ""' ses compatriotes uneconilaucc enthousiaste, ils lui offrirent la couronne,

{!) 8trab.,vin,p. 388.

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CHAP. IX. — GCKKHE9 DE LA HESSÉMF. 2S9

mais il refusa le titre de roi, et se contenta des charges et des dangers A«nt J. c. du commandement suprême. Pour se montrer digne de cette autorité, es8' et pour commencer la guerre avec un heureux présage, il traversa les montagnes, descendit pendant la nuit sur la plaine de Sparte', et suspendit à ta muraille du temple de Minerve, surnommé Chalcioecos, un bouclier qu'il avait pris sur le champ de bataille, et sur lequel on lisait ces mots : « C'est des dépouilles des Spartiates qu'Arlstomène a consa-» cré ce bouclier à la déesse. »

Les Spartiates reconnurent dès lors qu'ils avaient à combattre un ennemt redoutable, et ils envoyèrent consulter l'oracle de Delphes. La dieu leur ordonna de prendre un conseiller athénien. Aucune relation, amicale ou hostile, n'avait eu lieu entre l'Attique et la Lacouie depuis l'époque reculée où les deux (ils jumeaux de Jupiter avaient, selon la tradition, enlevé leur sœur Hélène après le sac de la ville attique d'Aphydnte. La même ville fournit alors un allié et un conseiller à Sparte; car, selon leslégeudes les plus dignes de foi, elie était la patrie ou la de- ArMom» ■ meure de Tyrtée; quelques écrivains pourtant prétendirent que Tyr- * lée fut Milésien (i), et sa famille au moins semble être descendue de la colonie athénienne de Mflet. Le caractère légendaire de Tyrtée est presque aussi merveilleux que celui d'Aristomèue. 11 est . toutefois parfaitement prouvé que le héros combattit, et que le poète chanta ; car il nous reste quelques fragments de la poésie de Tyrtée, animés de l'ardeur belliqueuse qu'il communiquait à ses auditeurs. Mais; d'après une tradition devenue populaire à uue époque postérieure, les Athéniens, craignant, d'une part, de manquer de respect au dieu de Delphes, et ne voulant pas, d'autre part, favoriser la cause de Sparte, crurent que, pour rester neutres, ce qu'ils avaient de mieux à faire, c'était de choisir un boiteux qui apprenait à lire aux enfants pour le conseiller qui leur était demandé (2). La vérité a été évidemment altérée; toutefois , il est impossible de ta rétablir dans sa pureté primitive avec certitude ; le seul fait de cette tradition qu'on n'ait aucune raison de mettre en doute, c'est que Tyrtée vint de i'Atlique a Sparte (3}. Mais

(1) Suidas. Tustûo; \py ifigpo':™ Aiuuv -h MiXiwis;. Ce passage de Suidaa a été considère comme le plus authentique, parce qu'il conservait le nom du père du poClo (voir Bach ad Tyrtamm, p. 45). Mais Huiler (Oor., vol. I, p. 167, trad. anglaise) pense que «Archimbrolusn trahit une invention étymologique: ie maître des homme). Welcker (Ep. cycl., p. 577) pense que Tyrtée vint de Hilet dam le but de faire connaître à l'Attique la poésie d'Homère et"d'Arclinua. — (2) Plus., lï, 13. Selon Mùller, c'est une fable absurde et altérée. Weber.ûte elegitchen Diclt- 1er des Hellenen, y. 458, ne voit rien d'incroyable dans aucun des détails racontés par Pausanias, bien que dans un passage l'historien rapporte que Tyrtée passait pour être faible d'esprit : mù-i rôiira £/.»■< Sgbûv. (5) Comme Tyrtée, dans bu de ses poèmes, — parlant évidemment comme un Dorien, — dit qu'il a quitté, avec ses camarades. 1 Erinéus exposée aux vents (ville de la Doride) pour ie Péloponèse, Slrahon (vin, p. 362), prenant ce passage à la lettre, eu conclut qne les auteurs

3ui, ainsi que Philocorus el Callisthènos, ont fait venir Tvrtée d'Athènes ou 'Aphidnsc, contredisent le propre témoignage du poète. Letle explication est encore plus admissible que celle de Frank, qui dans son édition de Callinus et de Tyrtée, se refuse même à croire qu'Erioéus soit le nom d'une ville de l'Allique, el émet l'opinion que c'était le nom d'un arbre.

aSO HISTOIRE DE LA GRÈCE.

A.1UIJ.C. l'oracle peut avoir été, selon l'usage, une conséquence de l'événement, •**" etTyrtéenefutprobablement ni boiteux ni maître d'école(i). Il avait, il est vrai, des élèves, mais il ne leur apprenait que des vers, comme Pindare ou Sîmonide, et tes vers inégaux des strophes dans lesquelles il exprimait ses fortes et grandes pensées suggérèrent peut-être l'idée qu'il était affligé d'un défaut personnel ; peut-être aussi la tradition conserva-t-elle simplement, sous cette forme, le fait avéré qu'il avait fourni aux Spartiates plutôt un secours moral qu'un secours matériel. Le motif qui le détermina à vouer sa muse au service de leur cause est encore plus douteux ; tout ce que nous pouvons conjecturer, c'est qu'il se rattachait à la légende mythique mentionnée ci-dessus, concernant l'invasion des Jumeaux laconiens. Nous savons que, dans les derniers temps de l'histoire de la Grèce, des relations politiques furent souvent contractées sur des bases qui n'étaient guère plus solides. Aphidnus, ce héros qui passait pour avoir donné son nom à la patrie de Tyrtée, avait, disait-on, adopté les frères d'Hélène (2) comme ses fils. Les habitants d'Aphidnœ peuvent avoir regardé les compatriotes de Castor et Pollux comme un peuple uni à eux par des liens de parenté, et chargé Tyrtée, qu'il fût guerrier ou barde, d'accorder aux Spartiates le secours de son bras ou de sa voix (3).

Corinthe et Lépréum , heureuses d'assister les ennemis d'Éiis, envoyèrent aussi des renforts aux Spartiates. De leur côté, les Messéniens reçurent des secours de leurs compatriotes exilés, qui amenèrent avec eux les ministres du temple d'Eleusis, et de leurs alliés de Slcyone, d'Àrgos, de l'Arcadie et d'Elis ; car l'issue de ce combat devait avoir pour résultat de déterminer quel état serait prépondérant dans le Pélopovictotm nèse. Une grande bataille fut livrée sur la plaine de Stényclaros, près

d^\rt«omè - d'un monument appelé, selon une ancienne légende, la colonne ou le tombeau du Sanglier. Les prêtres messéniens et Tyrtée ne prirent point part à la mêlée, et se contentèrent d'animer les combattants par leur voix. Aristomène, à la tête d'une petite troupe des plus braves Jeunes guerriers messéniens, enfonça successivement chaque division du l'armée Spartiate, et les força toutes de se disperser en désordre dans diverses directions. Il poursuivit les fuyards avec une ardeur impétueuse, et oublia les avis du devin Théocle , qui lui avait recommandé de ne pas dépasser un «rtlre qu'il lui avait désigné du doigt sur la plaine , et sous lequel , lui avait-il dit, les Jumeaux se tenaient assis, sans doute pour protéger la retraite de leurs compatriotes. Le héros franchit la limite fatale, et laissa tomber son bouclier, qui disparut à ses yeux, emporté par une main invisible; tandis qu'il !e cherchait, les fuyards, qu'il allait atteindre, parvinrent à lui échapper. La Messénie fut délivrée pen-

(1) Dans l'opinion de Welckcr, il esl assni vraisemblable, non qu'il enseignait à lire ou qu'il était un instituteur public, mais qu'il était le précepteur privé de fils de personnages distingués, qu il leur apprenait à lire Homère et d'autres poêles, comme Tile Live et Ennius (selon Saliusle) traduisaient les 'poésies grecques e( lisaient leurs propres vers ans jeunes gens de Rome. — (2) Plat,, TMt., 39.— (5) Muller, Dor., trad. angl., Il, i, p. 1«7.

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