CHAP. IX. — GUERRES DE LA MESSÉNIE
indépendance après la chute dira, se confièrent à leurs vaisseaux, et atuh ». c. débarquèrent à Cyllène, port de l'Élide. Les Spartiates donnèrent Mé- *"' thone aux Naupliens, qu'Argos avait dépossédés de leur propre ville. Arrivés dans l'Élide, les Messéuiens prièrent Aristomène de les conduire dans une nouvelle patrie. Il ne voulut pas renoncer à la tache qu'il s'était imposée de combattre Sparte jusqu'à sa mort, mais il chargea ses deux fils, GorgusetMantlcIus, d'aller fonder avec eux la colonie projetée. Alors s'éleva la question de savoir vers quelle contrée ils devaient se diriger. Un de leurs chefs' leur proposa de s'emparer de Zacynthe, dont les ports leur permettraient d'inquiéter incessamment les cfltes de leurs conquérants. Manticlus leur conseilla de renoncer à ces pensées de vengeance et de guerre continuelle, et de mettre à la voile pour la grande Ile de Sardafgne, riche et facile conquête. Ni l'un ni l'autre de ces deux avis ne prévalut : une troupe d'exilés partirent cependant, sous la conduite des deux fils d' Aristomène, pour la ville de Rhégium, située sur le détroit qui sépare l'Italie de la Sicile. Là, ils trouvèrent quelques-uns de leurs compatriotes qui s'y étaient établis à la fin de la première guerre. A une période postérieure, dans la soixante-onzième olympiade, un Messénien, nommé Anaxilas, s'éleva au rang suprême à Ethégium, et avec son secours, ils s'emparèrent de la ville de Zancle, sur la rive opposée du détroit, qu'une troupe d'exilés samiens avaient déjà arrachée à ses légitimes possesseurs. Ils la nommèrent Messène (on l'appelle encore aujourd'hui Messine) , et ils y prospérèrent jusqu'à l'époque où la plupart d'entre eux prirent le parti de la quitter pour aller fonder une nouvelle Méssèrie dans leur ancienne patrie.
Cependant un grand nombre des exilés restèrent en Grèce, où ils at- Mort détendirent pour se venger de leur défaite une occasion qui se présenta ''"'o™*"*enfin après uu long délai. Aristomène mourut paisiblement à Rhodes dans la maison de son gendre, Dam âgé tu s, qui avait reçu de l'oracle de Delphes le conseil de s'allier au Meilleur det Grecs. Les habitants de Rhodes élevèrent un monument à sa mémoire, et instituèrent en son honneur les rites sacrés dus à un héros : ses descendants furent pendant longtemps la famille la plus illustre de l'Ile. Cette tradition semble moins fabuleuse que celle qui, basée peut-être sur une épithète poétique, rapportait que les Spartiates avaient fait l'autopsie de son cadavre, et qu'ils y avaient trouvé un cœur tout couvert de poils.
La Messénie parut dès lors soumise pour toujoursau joug de ses vainqueurs. A dater de cette époque, Sparte continua d'acquérir une prépondérance incontestée dans le Péloponèse et dans toute ta Grèce. Elle récompensa toutes ses alliées, abaissa ses rivales et punit ses ennemies. Desque la guerre fut terminée, elle prit le parti de mettre fin à une querelle qui existait depuis plus d'un siècle, si ellene remontait pas au retour des Héracfides, entre Elis et Pise. Plus d'une fois, le second de ces deux États avait maintenu avec succès, non-seulement son indépendance, ■ msjs encore le droit qu'il prétendait avoir de présider les jeux sacrés qui se célébraient sur son territoire ; d'abord, comme nous l'avons vu, avec le secours de Phidon, dans la huitième olympiade, puis ensuite
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ses aiSToiBE de la grèce.
A«nu.c. dans la trente-quatrième, lorsqu'il était gouverné par un prince indi- ***' gène, nommé Pantaléon. Pantaléon avait aussi prêté des secours aux Messénieits dans la seconde guerre, et il est probable qu'en agissant ainsi il détermina ses ennemis, les Éléens, à abandonner la cause mes sénienne et à s'allier avec les Spartiates. Sparte récompensa leurs services en réduisant sous leur domination tout la pays qui séparait l'Kllde Creuse de la Messénie. Pise était encore gouvernée par les rois indigènes, qui reconnaissaient toutefois la suzeraineté d'Eus, etPémophon, fils de Pantaléon, se vit forcé d'apaiser, par la soumission la plus abjecte, la Jalousie de l'État dout il était le vassal. Son successeur, Pyrrhus, excita à la révolte quelques villes triphylîennes et d'autres villes sujettes, mais cette insurrection eut pour résultat la soumission complète de tous ceux qui y avaient pris part. Game m- Sparte vit encore se terminer en sa faveur sa vieille lutte avec Tégée, TÏgé«."con- marquée jusqu'alors par une série de défaites honteuses. Vers le milieu c nûrié1* '"rï" sixième siècle avant notre ère, sous les règnes d'Ariston et d'AôttrjMies. naxondridas, un oracle ordonna aux Spartiates, s'ils voulaient triompher des Tégéates, d'apporter à Sparte les ossements d'Oreste, fils d'Agamemnon. Une autre réponse mystérieuse les détermina à chercher à Tégée ces restes précieux ; des fouilles leur firent découvrir quelques ossements gigantesques qu'ils emportèrent. Dès lors Tégée, ayant perdu son palladium, vit la fortune favoriser ses ennemis; elle tomba au rang d'une aillée dépendante de Sparte, et ne conserva que le privilège particulier d'occuper une des ailes dans les armées de son alliée. Sparte ne triompha pas aussi facilement d'Argos que de- Tégée : Argos ne pouvait pas supporter la perte de iaCynurie; l'accroissement de la puissance Spartiate donnait pour elle un' grand prix à ce petit territoire; c'était une barrière qui la protégeait contre ses invasions. Mais à peu près a la même époque où Tégée succombait, Sparte s'empara de la Cynurie, à ta suite d'un combat qui rendit immortel le nom d'Othryades. Les chants favoris de la jeunesse de Sparte célébraient les exploits de ce héros. Trois cents Spartiates s'étaient battus contre trois centsArgienspourdécider du sort de la Cynurie ; Othryades survécut seul à ses compagnons d'armes, et tandis que les deux champions d'Argos, qui avaient de leur coté échappé à la mort, couraient à Argos pour y porter la nouvelle de leur victoire, il éleva sur le champ de bataille un trophée sur lequel il inscrivit une inscription avec son sang, et il se laissa tomber sur son épée, Paiiunc« afin de partager le sort de ses compatriotes. La renommée de Sparte c!<Jt»am™de s eten<*'': 8' tolnqueCrésus, le grand roi de Lydie, ayant reçu de l'ora— spart* cle de Delphes le conseil de s'allier au plus puissant des peuples de \a Grèce, envoya des ambassadeurs avec des présents pour lui demander son alliance. Sparte s'empressa d'accepter l'or de Crésus, et de conclure avec ce roi une ligue étroite : peut-être même lui eût-elle envoyé des secours d'hommes, lorsqu'il fut menacé par Cyrus ; mais la ruine soudaine de ce monarque l'empêcha de réaliser ses projets, et la lutte dans laquelle elle semblait sur le point de s'engager avec la Perse fut ainsi remise à une autre époque.
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CBAP. X. — INSTITUTIONS NATIONALES. 361