‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 62 sur 143 · CHAP. XI. — HISTOIRE CIVILS DE L'ATTIQUB · texte numérisé non relu

CHAP. XI. — HISTOIRE CIVILS DE L'ATTIQUB

observe que cette classe possédait l'avantage du nombre , comme la seconde l'avait par l'importance de ses travaux, et la première par l'éclat de son rang. On ne mentionne pas de distinctions politiques entre la seconde et la troisième classe ; il est possible qu'il n'en ait pas existé. Denys d'Halicarnasse , comparant la première institution de Rome et d'Athènes, ne cite dans cette dernière ville que deux classes, une semblable aux patriciens, et l'autre aux plébéiens romains.

Par analogie, noua poumons peut-être supposer qu'une assemblée populaire n'était pas inconnue à Athènes, même à l'époque où le 'pouvoir des nobles était absolu. L'exemple de Sparte peut donner une idée des bornes qu'on imposait à ces réunions pour les empêcher; S'attenter aux privilèges du pouvoir exécutif. Tant que celui-ci se coirs"erfhit le droit de faire, de promulguer, d'interpréter les lois , il pouvait, sans péril , * soumettre un grand nombre de questions au jugement dif "peuple! Aussi ne fut-ce pas avec la démocratie, mais avec tes roiS; qu'il entra* d'abord en dispute. Sous le règne de Thésée lui-même, la légende montre que le pouvoir royal était en décadence. Menesthée, le rejeton *„" des anciens rois, ayant entraîné ses frères dans un complot contre A Thésée, finit, avec leur aide, par exiler ce prince et sa famille pour s'emparer ensuite du trône. Il est vrai qu'après la mort de l'usurpateur, la couronne fut rendue , pour plusieurs générations , à la postérité de Thésée; Thymœtes, un de ses descendants, dut encore abdiquer en faveur d'un étranger, Melanthus, qui n'avait d'autre droit qne son mérite supérieur. Après la mort de Codrus, tes nobles, prenant sans doute avantage de la querelle qui s'éleva entre ses flls, abolirent le titre de roi et lui substituèrent celui d'archonte. Ce changement tira son importance moins de ce qu'il altérait la nature de l'autorité souveraine, que de ce qu'il révélait avec éclat la faiblesse et l'instabilité du pouvoir royal. Les fonctions du prince continuèrent à durer pendant" tonte sa vie. Médon, fils de Codrus, les transmit même à ses descendants, bleu qu'il semble que, dans la famille des Hédonlides, la succession au trône fût réglée par le choix des nobles. On ajoute cependant que l'archonte était regardé comme un magistrat responsable, ce qui supposerait à ceux qnl l'avaient élu le droit de le déposer. Ce fait prouverait donc, qu'en conservant dans toute lenr étendue les attributions du roi, l'archonte était désormais soumis à un eertain Contrôle. Les anv bitieux ne se contentèrent pas longtemps d'avoir ainsi mis la main sur le pouvoir; nous voyons qu'ils travaillèrent sans relâché a atteindre le but définitif, c' est-à-dire a un partage égal et complet deia souveraineté. Après les douze règnes, qne termina celui d'AIcmieoii (l), le pouvoir fut limité à une durée de dix années ; puis , par la faute ou par le malheur d'Hippomèoe, quatrième archonte décennal (S), la famille de

sfinl aassi appelés àn*ftt*tttyvt dam r*Slym. M. EAnsTjnSau, — fl) Les soccessaurs de Médon furent Aeatltt», Archippos, Tbereippus, Fborbas, Mégacle;, Diognelua , Pherectes, Ariphroii, Thesinciis, Anmeator, ^'schjlua, Alcmtepn fot. vil L, A. C. 7S3). — (ï) Ses prédéteeseurs tarent Cnarope, JEsimedes, CKdicns; it eut pour successeurs Leocrales, Apsauder, cl Ecjiinj. Kréon fut le premier

oôgk

Médon fat dépouillée de ses privilèges , et la magistrature suprême fui dévolue au corps entier de la noblesse. Une révolution plus importante !*«■»■ «■ encore suivit celle-ci de près. Lorsque Tlesias, successeur d'Eryxias, eut complété le terme que son successeur n'avait pu achever, li durée de l'arcnontat Tut réduite a une seule année; les diverses branches de pouvoir furent rn même temps divisées et réparties entre neuf magistrats nouveaux. Parmi ces derniers, celui qui occupait le premier rang . conserva le titre de l'archonte, et donna son nom à l'année (1). Il représentait la majesté de l'Etat et exerçait une juridiction particulière, celle qui avait appartenu au roi , comme le père commun de son peuple, comme le protecteur des ramilles, le tuteur de l'orphelin, et en général de tous les droits d'héritage. On fit revivre en faveur du second archonte le titre de roi (S), et ses fonctions se rattachaient aux anciens souvenirs. Il représentait le roi en sa qualité de grand prêtre; il réglait ta célébration des mystères et des fîtes les plus solennelles ; il prononçait sur toutes les causes qui concernaient la religion ; il était charge de , punir les profanations que les individus pouvaient commettre par né-

gligence ou par impiété. Le troisième archonte portait le titre de palemarque (3) , et remplissait le rôle du roi comme chef des armées et comme gardien de la sécurité de tous en temps de paix. Dans les fonctions de ce magistrat était comprise la juridiction qu'il exerçait sur les | étrangers établis dans l'Attique , et sur les hommes libres. Les six autres archontes recevaient le titre commun de the&motketes (4) , qui a 11 ' lettre signifie législateurs. Ce nom leur était appliqué sans doute parce qu'ils étaient appelés à juger les nombreuses causes qui n'étaient pas | du ressort de leurs collègues. Dans l'absence d'un code écrit, ceux qui ; promulguent et Interprètent les lois peuvent en effet être regardés comme les ayant faites.

Gmait ii- Ces successifs empiétements sur les prérogatives royales et le triomn!S!!ù>in P™ phe définitif des nobles, tels sont les seuls événements qui remplirent î-Aîiiquc. *' '** °nuflks de l'Attique pendant plusieurs siècles. Ici comme ailleurs un étrange silence succède tout à coup au bruit des aventures et à la foule des caractères intéressants que nous présentent ordinairement les âges héroïques. L'existence semble ne plus offrir d'aliments à la poésie et a l'histoire. Regarderons-nous donc cette longue période pleine d'une apparente tranquillité comme une époque de bonheur, de mœurs simples et pures, d'harmouie universelle? Croirons-nous qu'elle est demeurée obscure parce qu'elle a été exempte de ces crimes et de ces malheurs qui laissent de profondes traces dans l'histoire? Nous le voudrions si ce n'était que, dans les ténèbres de ce temps, nous découvrons des

archonte annuel ; il entra en font lions en 684 A. C. — (1) Ô «tpx'". ***"' '™*T u*(, ou i iitùïuitc;. — (2) k?7m fritnXiù;. Wachsmulh soupçonne avec une grande probabilité que ce litre n'avait jamais entièrement disparu. — (3) nàipm^ eominandanl i la guerre. — (4) eeufioSini. Bumû est employé pour les lois du" l'ancien serment ou soldat de l'Attique (Polluas, vin, tOSJ, lecruel était probablement antérieur i Solon, dont les lois, dit-on, furent distinguées de celles de D™ iion ttopri par le nom de vs'jagi.

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aperçus qui nous révèlent malheureusement un état de choses moins Ami I. c. heureux. Sur la liste des magistrats qui exercèrent le pouvoir sans par- *aL rage, le nom d'Hippomène, le dernier archonte de la race de Codros, , Humir* est le seul qui éveille le souvenir d'un grave événement. Nous vonlons ». pp™^" parler de ta honte que s'attira la fille de ce prince et du châtiment extraordinaire qu'il lui infligea, n elle et à son amant (1). La tradition a, pendant longtemps, désigné le lieu maudit où elle fut enfermée pour périr de faim, ou livrée à la fureur d'un cheval sauvage emprisonné avec elle. Ce fut dans cette circonstance que les nobles, enchantés peutêtre de rencontrer une occasion favorable à leurs desseins, déposèrent Hippomène et rasèrent sa demeure. Cet épisode semblerait témoigner à la fuis de l'autorité et de la barbarie des anciennes mœurs ; mais nous savons, d'un autre coté, que le père fut poussé a cet excès de rigueur par l'accusation qui reprochait aux membres de sa famille leur mollesse et leur dissolution. Sans rien conclure de ce fait isolé, nous observerons encore que la législation de Dracon ne nous permet pas de supposer que le peuple ait joui d'un excessif bonheur sous le gouvernement , aristocratique et que les mœurs aient été particulièrement douces et innocentes.

On ne mentionne pas la circonstance immédiate qui introduisit la UfiiimiiM législation draconienne. On ne connaît même pas bien les motifs qui 6t Dtie'"poussèrent le législateur à imprimer à son code le caractère de 'sévérité qui l'a principalement rendu célèbre. On sait, toutefois, que Dracon fut l'auteur des premières lots écrites des Athéniens ; et comme ce nouvel état de choses tendait a mettre des bornes à l'autorité des nobles, pour qui le droit cou tu mier, dont ils étaient les seuls interprètes, était un Instrument commode, nous pouvons raisonnablement admettre que l'innovation ne fut pas concédée à leurs vœux, mais qu'elle leur fut imposée par le mécontentement croissant du peuple. D'une autre part, dans la rédaction de son code, Dracon s étant certainement conformé à l'esprit et aux intérêts de la classe puissante à laquelle il appartenait, nous avons lieu de croire que la rigueur excessive de ses arrêts devait servir à la répression du mouvement populaire. Aristote remarque que Dracon ne changea rien à la constitution , et que ses lois ne renferment rien de remarquable que leur sévère pénalité. Il est essentiel pourtant de ne pas perdre de vue que la substitution de la loi à la coutume, d'un code écrit à une tradition flottante et flexible, était déjà un pas immense. Le législateur introduisit encore quelques changements dans la justice criminelle, el il confia à des magistrats appelés cphèitt (2) les causes de meurtre ou d'homicide accidentel , jadis dans le ressort des archontes. On ne sait pas au juste cependant s'il institua ou si seulement il modifia et développa cette juridiction. Démade exprima

(1) La nature précise de la terrible punition infligée au séducteur est renfermée vaguement dans In dewriplion d'Héraclidea Ponlicns. Cet auteur dit ipi' Hippomène le fit mourir en l'attelant à un char. L'événement est rapporté par ^sebines, Timarch., 183. — (2) Ewiitu [l'ollux, vin, 425), çourd'appel,

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u i. c. avM énergie le canoter* de ces lois en disant qu'elle» furent écrite* avec !ia' du sang au lieu de l'être arec de l'encre. On assure que Dracon justiûait lui-même sa rigueur en observant que les moindres offenses méritaient la mort et qu'il n'avait pas pu imaginer de peines pins sévères pour les grands crimes. Ces paroles sont le langage d'un homme qui avait un but élevé et qui puisait dans ses propres convictions la force de mépriser le jugement de ses contemporains. Il est pourtant difficile de croire que Dracon ait été conduit, par des principes de justice abstraite, à confondre tous les degrés du crime, on que, comme on l'a conjecturé ( l ) avec un peu pins de probabilité, envisageant toute espèce de faute splu tôt au point de vue religieux qu'an point de vue politique, 41 les supposait toutes de nature à exciter également la colère'des dieux et à être expiées dans le sang du criminel. On comprend plus facilement pourquoi la haute classe, ayant adopté cette nouvelle législation, la considéra comme nn Instrument propre à effrayer le peuple et à imposer silence au mécontentement que sa tyrannie, que sa cupidité avait fait naître. Nous ne possédons pas de bases suffisantes pour asseoir notre jugement lorsque nous voulons savoir à quel degré l'équité a été violé* par cette rigueur universelle. Dracon infligea le même châtiment; cela est certain, pour des vols de peu d'Importance que pour le sacrilège et le meurtre ; mais, comme il appliqua une punition plus douce a certains délite (3), nous devons supposer qu'il admettait une échelle de peines dont il ne nous est plus possible d'apprécier la sagesse et la Justice.

«pi»- Le péril qui menaçait les nobles ne tarda pas à surgir du coté même icCjton. on j|S M cr0ya|ent |B plus en sûreté. Douze ans après l'établissement de la législation draconienne (3), un des leurs conspira pour renverser le gouvernement. L'auteur du complot, Cylon, était aussi élevé par la naissance que par les richesses ; une victoire, qu'il avait remportée aux jeux olympiques, avait accru sa réputation et lui avait donné une haute idée de sa fortune ; son mariage avec la fille du tyran Théagène avait aussi considérablement augmenté son influence. Cet étonnant concours de prospérités le remplit d'orgueil et suscita a son ambition un but difficile A atteindre. Il résolut de se rendre maître d'Athènes. Ce n'était pas sans raison qu'il comptait sur le sincère appui de son beau-père, puisque ce prince, indépendamment du Heu qui l'unissait à Cylon, était très- intéressé à voir s'établir à Athènes une forme de gouvernement pareille à celle qu'il avait imposée à la ville de Mégare. Il est cependant probable que ses ressources ne lui auraient pas paru suffisantes et que même H n'aurait jamais formé un tel dessein si la désaffection du peuple envers ceux qui le gouvernaient, si l'irritation produite par les maux auxquels Dracon avait voulu remédier, si la nature violente de ce remède même, si les signes ordinaires d'un changement prochain qui com-

(1) La perte dea Irancliise* pour ceux qui auraient tenté de changer une de se) lois (Demmtli., Ariitocr., p. 610). Une amenda de dix bœufs {Pollua!, ri, 61). —

?) I.'urclionlat de Dracon, Bout lequel ce code fut établi, esl placé ol. 39, t, . . C. 624. — (3) Wecnsmuth, II, i, p. 240.

ceap xi. - ann»M cima du l'attique. an

meneait à devenir indispensable, ne Ni «valant phi MBM inverti» M«i.a ses prétentions, A cette «poque, on n'wntreprenatt rien en Ortc* mm *"' rechercher la Sanction d'an oracle. Ce n'est cependant pas sans étonar> ment que nous apprenons de Thucydide que Gylon alla consulte» le dieu de Delphes sur la manière dont il devait s'y prendre pour s'emparw dd gouvernement de son paye. Mous ne somme* pas moins surprit d'entendre l'oracle déclarer que l'usurpateur doit se rendre maître de la eitedélie d'Athènes durant la principale fête de Jupiter (l). Oylon crut naturellement que la voit du eiel avait désigné les jeux olympiques t le théâtre de se. gloire, et résolut de mettre son plan à exécution. Aidé par un détachement de troupes fourni par Théagène et par ses propres partisans, il vint a bout de pénétrer dans la citadelle. Comme il n'est plus fait mention des auxiliaires do Hégare après le menés de l'entreprise, il est probable que, se fiant aux bonnes dispositions du peuple, il les eimgédia immédiatement. Quoi qu'il en soit* l'insurrection ne fut pas conduite avec habileté. Ceux qui avaient de nombreux motifs pour désirer une révolution ne crurent pas que celle-ci leur serait avantageuse, le concours d'étrangers suffisait seul pour détruire toute espérance dans le cœur des patriotes. Cylonet ses amis ne tardèrent pas a être assiégés par les troupes que le gouvernement rassembla de toute part. Une grande partie des forces réunies ayant abandonné le blocus qui traînait eh longueur, il ne resta bientôt plus qu'un petit corps d'armée sous le commandement des neuf archontes pour attendre que la famine eut forcé les assiégés à capituler. Cylon parvint A s'enfuir avec son frère ; quant à ses complices auxquels II ne restait aucun espoir de merci, ils demeurèrent à leur poste jusqu'à ce que la disette les eut privés de plusieurs dé leurs compagnons ; ils renoncèrent ensuite à la défense de la citadelle awnugtde et se réfugièrent dans le temple de Minerve. L'archonte Mégactès et ses m**"*1*"collègues, reconnaissant alors que les malheureux étaient dans un état de faiblesse extrême, craignirent que leur mort ne profanât le sanctuaire. Pour parer à ee danger, ils les sommèrent de se rendre, en leur promettant qu'ils auraient la vie sauve. Thucydide rapporte que les archontes manquèrent a leur parole, et que les prisonniers furent tués des qu'ils eurent quitté leur asile. Il ajoute qu'un certain nombred'entreeux furent même massacrés devant les autels des redoutables diet$e», — les Eumenides , les Furies, — où ils s'étaient rérugiés à la faveur du tumulte. Plularque complète ce récit par un détail qui caractérise trop liien cette époque pour qu'on le suppose inventé après coup. Afin de mieux assurer leur salut, et avant de quitterai» citadelle, les suppliants attachèrent une corde autour de la statue de Minerve, et traversèrent les rangs de leurs ennemis en tenant dans leurs mains ce fil sauveur.

{1) On liante cependant dans Albenée, xili, p. 602, un Fail de re genre, rapparié, à ce qu'il paraît, sur l'autorité d'Hérarlide de Pont, h tft moi Éobtimoi, an. sujet du Itrnn l'huions. . lies conspira 1«ir* consultent l'oracle de Delphes : &niM nOtfi inUùi-Mu, H le dieu accorde un répit * P ha la ris en raison (te la clémence doni j) n n*é envers (^ ha ri Ion el Ménaiippe, l'Harmodius et l'A ri striai ton d'Agrl* gante.

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itifflj.n. Malheureusement, la corde s'étant rompue an moment où ils passaient 61ï' devant le sanctuaire des Euménides, Mégaclès déclara, avec l' approbation de ses collègues, que les coupables, ainsi rejetés par la divinité, n'étaient évidemment plus sons sa sauvegarde. On les arrêta immédiatement et on les égorgea, sans que la sainteté redoutable des autels voisins pût sauver la Me des fugitifs. Ceux qui parvinrent à exciter la compassion des femmes réussirent seuls à se tirer sains et saufs de cet affrem massacre (t).

La conduite des principaux acteurs de cette sanglante tragédie n'aurait encouru aucun châtiment, aucun blâme peut-être, si elle avait su- .. - I émeut été empreinte de trahison et de cruauté; mais elle était entachée d'une violation flagrante des lois religieuses. Aussi Mégaclès et tous les siens ne furent plus regardés qu'avec horreur, comme des êtres souillés d'un sacrilège. Tous lesdésastres, toutes les calamités publiques ne furent plus désormais considérés que comme les marques de la colère divine, et les partisans de Cylon qui avalent survécu à la catastrophe ne manquèrent pas de dire que les dieux ne s'apaiseraient qu'après avoir tiré une éclatante vengeance de ceux qni les avaient offensés. Cet événement n'aurait peut-être pas eu de conséquences graves s'il eût été le seul qui préoccupât l'esprit public ; mais on doit le considérer comme un nouveau ferment de discorde au milieu du conflit des partis opposés, des griefs d'un grand nombre de citoyens, de l'ambition de plusieurs individus. Il fallait dès lors un remède souverain. Voilà comment la conspiration de Cylon et ses résultats exercèrent une grande v Influence sur l'histoire d'Athènes, qui en garda un long souvenir, et préparèrent la voie à la nouvelle législation de Solon. Hittoind* Solon, fils d'Exécestide, descendait de la race de Codrus. Son père

soi™. ayant considérablement diminué sa fort une par d'imprudentes libérali-

tés, il fut forcé, dans sa jeunesse, pour réparer les brèches faites a soi patrimoine, de se lancer dans les entreprises commerciales. Cette manière de s'enrichir n'était pas dédaignée alors par les hommes du plus haut rang, qui trouvaient souvent ainsi le moyen de se marier honorablement dans les contrées étrangères, ou même de s'élever au pouvoir souverain par la fondation de quelque colonie. Quoi qu'il en soit, Solon fut conduit dans les pays lointains moins par l'ambition que par l'amour de la science. Le résultat le plus important de ses voyages, ce forent les renseignements qu'il recueillit snr les mœurs et sur les Institutions

(1) Plut., Sol., 12. Hérodote, v, 71, raconte autrement cette histoire. SeM*'-

les magistral* appelés pryl a nés des Naucraries (repuTim; Tûvmunpapmjidw'u™™' nitle pouvoir avec les mêmes termes qu'emploie Thucydide (i, 1 26) en pariant des ■rrlionles (ftiiiti to'ti ià; ÀW'i;, tbti t« irt/JÀ tns «duTusm irroanocv) . doonèreiil leur parole aux suppliants, qui furent ensuite massacrés par les Alcnueonides. Wasclimulli (I. ], p. 246) concilie ces versions différmiles avec habileté en supposant que les magistrats menliiumés pai- Hérodote étaient les assesseurs du (i«rtier archonte, et que dons les événements publics on les confondait avec lui H

■» collègues. L'explication du docteur Arnold (Thucyd., i, p. 664) semble

le nouvelles difficultés, et ne concilie pas les opinions d'Hérodote et de ïw-

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