‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 68 sur 143 · ILE M L'ATTIQUE · texte numérisé non relu

ILE M L'ATTIQUE

d'un citoyen devenu redoutable, sans avenue preuve, sans mène aucene Imputation, lors même que son influence était le légitime résultat d'un mérite supérieur. Solon avait arrêté qu'aucune loi relative au droit de chaque citoyen (c'est le priviltgium des Romains) ne pourrait être mise an jour sans une majorité de six mille voix au moins; mais le pouvoir tacitement conféré par cette restriction fut désormais expressément défini et étendu de manière à permettre a une majorité simplement relative d'exiler pour dix ans, et par des votes secrets, tout citoyen jugé coupable. Un semblable expédient manifeste assez la faiblesse et l'instabilité du gouvernement qui le croyait nécessaire à sa sécurité ; mais, quoiqu'il répugne aux principes abstraits delà justice, on se demande s'il n'eut pas des résultats salutaires , non-seulement en ce qu'il mettait un frein à l'ambition des particuliers, mais encore en ce qu'il ouvrait une issue naturelle et pacifique au mécontentement du peuple.

Ces nombreuses innovations ayant acquis une grande influence à leur auteur, le parti d'isagoras se trouva si faible qu'il crut ne pouvoir se q^ISSê^ soutenir sans l'assistance des étrangers. IsagoraSi bien vu de Gléomène depuis la dernière expédition, sollicita son secours. Le roi Spartiate envoya un héraut à Athènes, ressuscitant la vieille accusation qui pesait sur les Alcméonides et réclamant l'expulsion de la race maudite. Clysthène, contre qui l'accusation s'adressait plus directement, craignit de voir se raviver une haine fatale à sa famille, ou bien ne voulut pas exposer son pays à une nouvelle invasion ; il sortit de la ville. Cette concession encouragrantCléomène au lieu de l'apaiser, celui-ci se mit en route pour en prendre avantage, et pour placer les Athéniens sons la domination d'isagoras. Quoique l'assaillant eût des forces peu considérables, le peuple, déconcerté de l'absence de son chef, laissa d'abord Cléomène agir en maître absolu. Le roi de Sparte exila sept cents familles désignées par lsagoras, et essaya de supprimer le sénat des cinq-cents, pour remettre le ponvoirentre les mains de trois cents individus choisis parmi les partisans de son ami. Mais, les sénateurs ayant résisté a,cet acte de violence, le peuple s'enhardit et mit le siège devant la citadelle ou les deux alliés s'étaient réfugiés. Incapables de faire une longue résistance; Cléomène et lsagoras capitulèrent le troisième jour ; on leur permit de se retirer avec les troupes lacédémoniennes, mais ils furent contraints de laisser leurs adhérents au pouvoir des vainqueurs. Les Infortunés furent tous mis à mort. Clysthène revint bientôt en triomphe avec les sept cents familles bannies.

Pende temps après, le bruit se répandit que Cléomène faisait de l« sp«grands préparatifs pour venger son humiliante défaite et pour restaurer £"." , ""tlsagoras. Dans le premier moment d'alarme, les Athéniens envoyèrent "i"^ a Sardes afin de conclure une alliance avec la Perse, ou plutôt afin de rechercher sa protection. Comme cette ambassade n'eut pas d'effet immédiat, nous en parlerons en détail quand nous aborderons le récit des événements qui amenèrent la guerre de Perse. Cléomène, suivi de toutes les forces disponibles du Péloponèse, secondé par son collègue Déma- . rate, envahit l'Attiquedu côté d'Eleusis tandis que les Thébains, dont

las anénatana wniÊÊt été s— . anrténi d'«>weifttfatrtMtt,rtBHnafeutda villa d'Œnoé et d'Hyatès w la frontière de «ML La este méridionale était en mémo tempe ravagés par la Gnafcidiens venu de VUed'Eubée. La Athéniens BegUeénnt sens ca nouveaux «amis et se nottereatavee mata leurs reasemea contre 1m Spartiates, An moaat eu le cessant allait s'engager, tes Corinthiens, baouttei * ae -veilla ÙMrtruwsto de Cl&wikradBœ uaelnjnste querella anmadOnascnt l'année et retournèrent chez eux. D'an aube esté, Démarata, aoaa le prétexte peut-être qa'il n'avait peint été informé dn but de l'expédition, réfuta «on concoure. Lorsqu'ils virent les âemx rois en iléBaccard, ka antres alliés suivirent l'exempte des Corinthiens. Oéecnène, afoei foreé de nmoneer à son entreprisa, conçut contra son collègue an ressentiment dent la résultant eweat de l'importenr*. L'effet le osas xmmédiat de ltnr «sésmteHigenee, a fat use lot portraè Sparte, qui àéfeu- ■enjMM daitaoxdanx rois d'aller ensemble a la guerre. Libres désormais de punir lu A<M- ragre*«iondeleu™*otSÎn»s^taitnocaoï,lwAU»énieTi9iTwixhèreiitv«rï l'Enrf pe pour attaquer Chalets. Dons laBéotie, Ils rencontrèrent hw Tbé». bains, qu'ils mirent en déroute complètent sur lesquels il tarent sept eenls prisonniers. Le même jour lui traversèrent le détroit, et remportèrent sur la Ctaleidiens une victoire dont Ils tirèrent un résultat; très-nvnntagenx. Us consacrèrent à Minerve une partie de la plaine de Lélante ; puis, divisant ce qui restait des terra des grands propriétaires de Chalcis. Ils les partagèrent entre quatre mille colons attiques, qui demeurèrent liés s la métropole. Cet accroissement de territoire ne servit pas seulement à pourvoir un grand nombre de familles, il assura aux Athéniens la force qui leur manquait, un corps de cavalerie. Les fers qui enchaînaient les Tbébafns et les Chalcidlens, jusqu'au montant où ils payèrent une rançon, furent suspendus, comme un trophée de la valeur athénienne, aux murailles d'un temple dans la citadelle, et un chariot d'airain fut dédié à Minerve comme représentant le dixième de la rançon, avec une inscription rappelant èe premier succès de la république émancipée; Hérodote s'inspire xe cet événement poar faire une observation digne de remarque : a N'est-il pas évident, dit-il, que la liberté est une bonne chose quaud on voit la Athéniens, aussi faibles que leurs voisins tant qu'ils obéirent è des maîtres, se montrer, en devenant libres, de beaucoup supérieurs 1 C'est que sous les tyrans Ils n'avaient que faire de conquérir, pareils a dos ouvriers qui travaillent pour unautre, tandis qu'une fois indépendants, chacun travailla pour Soi, »

La Thébains brûlaient du désir de se venger; mais, intimidée par leur défaite, ils voulurent auparavant consulter le dieu de Delphes. Un oracle inintelligible, Ingénieusement Interprété, les décidas demander de l'aide è Ëgine, alors au plus haut point de prospérité, habitée par nne population industrieuse, enrichie par le commerce et embellie des plus beaux chefs-d'œuvre de l'art naissant. Les Égtnètea avaient conservé une haine mortelle contre lu Athéniens, suite de l'ancienne querelle entre la deux États an sujet d'Épidaure. Ils consentirent donc avec it A secourir les Thébains. Tandis que ceux-ci renouve-

CHAP XI. - jnOU CIVILE DE I.'ÀTTïQUE. MB

laieut leurs hostilités sur les frontières du nord, Ils expédièrent une es- *«■■ i. c. cadre de galères armées, et débarquèrent sur plusieurs points de la M' cote, pillant les villes maritimes et causant partout de grands dommages. En défit d'nn^oraele plutôt dicté par usa prudente politique que par un esprit de malveillance, lequel .lent conseillait de remettre leur vengeance à une autre génération, les Athéniens se disposaient à user de représailles vi«-à»Tfis.cl,Égine, lorsqne leur attcntionfut sollicitée par l'approcha d' km nouveau danger. Les Spartiates, ayant- découvert à cette époque i* ' fraude employée -par Clytthène d'accord avec la pythie, profondément chagrina d'avoir ainsi causé la ruine de leurs amis les PlsistratidM dans l'intérêt d'une Dation Ingrate , encouragés en outre par d'anciennes prédictions retrouvées, disait leur roi Oéomène, dans la citadelle d' Athènes, lesquelles les menaçaient des attaques des Athéniens ,; outrés enfin de voir leurs ennemie devenir chaque jour, dit Hérodote, de plus en plus puissants, se décidèrent à envoyer des émissaires à Si» gée pour engager fiippiaa a venir à Sparte. Lorsque le prince déchu nr~ Hippiu t riva, les Laoédémoniens assemblèrent en congrès tous les députes des sp"1*' nations alliées du ftjoponèse, s'affligèrent hautement en leur présence du mal qu'ils avaient fait aux Pislstratides, et proposèrent de mettre un frein à l'insolence croissante des Athéniens en réunissant leurs forces contre eux, et en rétablissant Hippias sur son trône. Le plus grand nombre des alliés ne furent pas dupes de ues suggestions. Ils comprirent quel intérêt Sparte pouvait avoir a imposer sa créature a Athènes; ils sentirent qu'en prenant part à cet acte injuste, ils ne recueilleraient autre chose que de la honte. Ile n'auraient toutefois pas osé exprimer ouvertement leur opinion, si le député de Corinthc, Soiiclès, n'avait eoproché uvee force aux Spartiates l'inconséquence avec laquelle ils prétendaient rétablir a Athènes une forme de gouvernement opposée A celle dont ils jouissaient eux-mêmes, et n'avait terminé son discours en faisant l'énumération desmaux que Corinthc avait soufferts sous la tyrannie de Périandre. Stimulés par l'éloquence de leur collègue, les antres députés s'enhardirent alors à se refuser aux propositions qui leur étaient adressées. Les Spartiates» forcés de se rendre à l'avis, unanime de leurs alliés , abandonnèrent leurs dessains. Hippias retourna à Slgée , puni alla à la cour du roi Darius, où il demeura pendant quelqui s années, ne ■ • - « cessant pas d'entretenir de bien vaines espérances. Mais avant d'aborder les nouveaux événements qui le ramenèrent encore une fols dans l'Attique, il est nécessaire de sortir un moment de la Grèce elle-même, pour jeter un regard sur la situation et sur les progrès des firecs dans le» autres parties du monde.

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