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Utile* pour entrer dans la confédération. On est également autorisé à croire que le prince aîné de cette maison exerçait une certaine suprématie dur les autres. Selon Strabon, qui se fonde sur l'opinion de Pnérécyde, Ephese était anciennement la capitale de l'Ionie, parce qu'elle était la résidence d'Androclus, regardé comme le chef de tous les colons ioniens. Le même auteur rapporte que, de son temps encore, Ephèse renfermait plusieurs desceudants des anciens rois, lesquels se distinguaient par certains insignes royaux et exerçaient quelques fonctions religieuses autrefois attribuées au rang de leurs ancêtres. Au reste, on ne doit pas attacher une grande importance à ce fait, car d'autres cités ioniennes parent le voir se manifester dans leur sein. Cependant l'active intervention d'Androclus dans les affaires des autres villes de l'Ionie semble puissamment confirmer l'assertion de Phérécyde. Quand nous voyons ce prince chasser les Epidauriens de Samos et protéger ensuite Priëne contre les Carlens, —entreprise qui lui coûta la vie, — il nous est raisonnablement permis de croire qu'il agissait ainsi comme chef de la confédération. Quoiqu'il en soit, il est certain que les cités ioniennes ne tardèrent pas à s'isoler complètement les unes des autres. Milet en particulier, même en admettant que Nélée eût réellement été le plus jeune frère, n'aurait pas longtemps souffert la suprématie d'Éphèse, qu'elle surpassa bientôt en richesse et en puissance. Aucune mesure n'était prise pour résister à une agression étrangère, ou pour maintenir la tranquillité intérieure. Bien n'était en commun, ni le trésor, ni les tribunaux, ni les magistrats, ni les lois. Il fut un temps cependant, ■mais sans doute très-reculé, où les Lyciens fournirent la preuve qu'une dira- étroite union fédérale pouvait se concilier avec l'Indépendance de """"'' tous. Ils distribuèrent leurs vingt-trois cités en trois classes, les cités delà première possédant chacune trois votes; celles de la seconde, deux; celles de la dernière, un. Toutes contribuaient à former un fonds commun en proportion de l'influence dont elles jouissaient. L'assemblée générale ne se tenait pas dans un lieu fixe, de manière à élever une ville au rang de capitale; elle se réunissait dans un endroit désigné pour la circonstance et d'un commun accord. Là, on élisait un magistrat suprême et d'autres officiers; on instituait un tribunal pour juger les contestations qui viendraient à s'élever entre les membres de la confédération, les diverses cités prenant part, suivant le rang qu'elles occupaient, aux fonctions de la magistrature nationale. Dans ces assemblées on traitait toutes les questions de paix ou de guerre, on discutait les intérêts généraux des populations unies. Si les 01*665 de la côte occidentale de l'Asie avaient adoptéade pareilles institutions, leur destinée, ftt même celle de leur métropole, eût peut-être été bien différente.
Mais quels qu'aient été les mauvais effets de ce manque d'union, plusieurs villes ne s'en développèrent pas moins et n'en devinrent pas moins prospères, L'absence de toute contrainte ne fit peut-être que hâter et précipiter leur agrandissement. L'abolition de la forme monarchique, qui suivit de près l'époque du premier établissement, eut aussi ce résultat avantageux, bien qu'elle ait entraîné de grands maux. Les ro-
CHAP. XII. — LBS COLONIES. MB
res fragments que nous possédons sur l'histoire intérieure des colonies asiatiques nous permettent de supposer qu'elles subirent les nombreuses vicissitudes dont nous avons parlé dans un précédent chapitre, et qu'elles souffrirent beaucoup de leurs dissensions intestines. Ainsi on rapporte que Milet, après le renversement d'une dynastie de tyrans, se „Facttata i partagea en deux factions dont les noms semblent indiquer une oligar- llel* chie et des communes (1). La première triompha, mais elle ne put se maintenir sens prendre des précautions extraordinaires. Une lutte .terrible s'engagea entre les citoyens puissants et le peuple, lutte signalée de part et d'autre par la plus horrible cruauté (3). On ne sait si Hérodote fait allusion à cette époque quand il parle d'une guerre civile, qui se. perpétua à Milet pendant deux générations et qui plongea cette ville dans une profonde détresse. Elle fut terminée par la médiation des Pariens, qui paraissent avoir placé l'autorité entre les mains des propriétaires qui avaient montré le plus de modération et qui ne s'étalent pas mêlés a la querelle (3). Ces révolutions eurent lieu dans la période où Milet s'éleva au plus haut degré de puissance comme État maritime, et où ses colonies et son commerce, étendant les limites du monde grec, formèrent des relations avec les contrées les plus lointaines. On ne peut que former des conjectures pour savoir s'il se fit des changements politiques en rapport avec la première expansion de la prodigieuse activité déployée par les Grecs asiatiques, et plus spécialement par les Ioniens, dans les sixième et septième siècles avant notre ère, 1) est pro- ' babie que la chute des anciennes aristocraties qui succédèrent à la monarchie héroïque, que la lutte d'un peuple qui s'affranchissait avec une oligarchie fondant uniquement ses prétentions politiques sur la supériorité de la fortune, étaient les conditions en dehors desquelles le génie ionien n'eût pas pu se développer avec autant de liberté. D'un autre côté, le peu d'aptitude pour un commerce aventureux que montraient les Doriens et les Italiens, tenait sans doute a leurs institutions politiques, non moins qu'à leur caractère national. Il est néanmoins certain que dans les deux siècles mentionnés tout à l'heure, le progrès de l'industrie mercantile et des découvertes maritimes marchait de front avec la culture des arts et des choses intellectuelles, à un point tel que l'histoire ne nous offre rien de comparable avant le commencement de la dernière période de lu civilisation européenne.
La métropole ne demeura pas absolument étrangère a l'Impulsion Progrèâ a qui causa ces progrès. Thucydide fixe le commencement du septième , "on.1""" siècle avant notre ère, comme l'époque où s'introduisit une amélioration considérable dans l'art des constructions navales ; amélioration adoptée par Corinthe, puis importée chez les habitants de Samoa par un
(i) Plut., Quest. gr., 52. IDjitI; (DÀtu-ri;?) et XeiacusΣX..Lc> oligarque* tenaient leurs conseils à bord d'un vaisseau. — 12) Athéu,, in, SU. D'après Hôraclide de Pont, le peuple est appelé Tirpit;, du nom de* anciens Teuciieus de la
popululïon ;n'o«*ii.'re <|ui érrase I os enfants de se» ennemi*. Le parti opposé M venge en brûlnu! vifs ses adversaires nvre leurs eufiinls. — (3) Hérod,, v, £&.
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Corinthien, nommé Améinoele. Ce fut peu de temps après, à ce qu'il semble, que les Milésiens commencèrent dû nombreuses colonisations sur la cote orientale de la Propontide. On attribue cependant à Cyzique, le plus important de ces établissements , une origine plus ancienne (t). La rivalité des Phocéens qui fondèrent Lampsaque sur le même rivage, et celle des Mégariens qui occupaient les meilleures positions sur la cote d'Europe, les contraignirent peut-être à élargir le champ de leurs entreprises. Ils explorèrent alors les contours de cette mer redoutée qui, à ce qu'on supposait, avait été traversée .plusieurs siècles auparavant par les Argonautes, mais qui fut ouverte par les Milésiens à la navigation ordinaire. C'est à ce peuple qu'il faut attribuer la gloire d'avoir changé le nom d'inhospitalière que portait la mer en question , pour l'appeler l'Euxfn. Les efforts qu'il fil pour se maintenir en face des hordes barbares répandues sur les côtes, lui acquirent la proverbiale réputation de courage dont il s'enorgueillissait jadis (2). Dans ces CoioniH parages, les-Milésiens établirent la plus grande partie de leurs nombreuses ' ""' colonies qui, suivant Pline, atteignaient lechiffredequatre-vingts. D'après Strabon, elles étaient placées, sans exception, sur la Propontide et surl'Euxin. Ces colonies, sans aucun doute, fondées dans des vues commerciales, demeurèrent probablement longtemps en rapport avec la métropole. Il y a même lieu decroirequ'à cette époque on regardait M 11 et comme la protectrice commune de tous les colons grecs établis dans ces régions. C'est pour ce motif peut-être qu'on a exagéré la fécondité de cette ville en lui attribuant des colonies créées par d'autres cités. Ainsi Strabon reconnaît les Milésiens comme les fondateurs de VHêraetie Poiltique, la plus occidentale des colonies grecques établies sur la coté asiatique de l'Euxin, et ajoute que les émigrants réduisirent les Mariandyniens, anciens habitants du pays, à un état d'esclavage exactement pareil à celui des Ilotes de Sparte. Mais ce fait est en contradiction avec le témoignage d'autres écrivains représentant Héraclée comme une colonie de Mégare où nous retrouverons les institutions doriennes. Les plus anciens établissements de Milet paraissent avoir été créés beau- ' coup plus à l'est. Sinope, dont l'histoire est, il est vrai, Irès-obseure, semble avoir droit à cette antériorité (3). Cette dernière ville devint
m Eusèhe présente deu* dates" : 756 el 675 A. CM. Clinlon,F. «.,1,8,156 el 673, croit que 1s première concerne une colonie île Milet, et lu seconde une colonie île Mégnre, mentionnée par Ljdus, de Mag., m, 70. A moins d'adopter la conjecture ™iactvri;, il est permis de douter qu'il y ail autorité suffisante pour dire que Cyîiqne fui fondée par les Mégariens. L'établissement de plusieurs antres colonie! milésiennes dans le voisinage, fondées à peu près à la même époque, telles qu'Abydos, Prîape el Proconnèse, fait supposer que Milel prit au moins part à la seconde colonisation deCyiique. — (2) UKMimf *a«v âXxuuiM&miuL. Athén., m, 26. — (3) Scvmnus(Fc, 210) cite comme le premier fondateur après les temps Tnhuleui un Milésien nommé Cimbron ; au moins il le représente comme ayant clé lue par les Cimmérîens avant qu'il eût accompli son entreprise. Lorsque ce dernier peuple parcourait l'Asie, sous le règne d'Ardys, roi de Lydie, entre 678 el 629, une nouvelle colonie fut établie avec plus de succès par des exilés de Milel. Suivant quelques versions, ceu«-ci avaient pour elief un nommé Critia* on Crilinei. Steph. F., Zivuim. Euslalh sur Denis, p; 7721