‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 83 sur 143 · CHAP. XIII. — GUERRES ENTRE LA LYDIK ET L'IONIE · texte numérisé non relu

CHAP. XIII. — GUERRES ENTRE LA LYDIK ET L'IONIE

Lydiens à Lydus, fils d'Atys. Mais, d'après le calcul de cet auteur, l'événement aurait eu lieu avant la guerre de Troie; car, la dynastie des Hérncléides, qui succéda aux descendants deLydus, passe pour avoir régné cinq siècles avant de céder la place aux Mermnades. Ou peut conjecturer que l'avènement de cette dernière dynastie est le véritable, fondement de lu monarchie lydienne proprement dite. C'est là sans doute ce qui a fourni prétexte à la tradition suivant laquelle Gygès, le premier des Mermuades, détrôna son maître Candaule. On suppose qu'il fut aidé par des auxiliaires cariens, et les Cariens regardaient les Lydiens comme une race alliée. Ils reconnaissaient Lydus pour le frère de Car, aussi bien que de Mysus.

Cependant, ce qui est plus certain et plus important, c'est qu'au dé- je,1™^^ but de cette dynastie uu nouvel ordre de choses commença pour les tl*ns- Grecs asiatiques. Jusque là les contrées intérieures avaient été sans cesse troublées par l'irruption des Tb races et d'autres bordes barbares dont quelques-unes s'établirent d'une manière permanente dans le pays, tandis que la plupart d'entre elles traversaient le territoire comme une tempête. Les Trêves et les Cimmériens qui ont été décrits d'une manière à nous laisser dans le doute s'ils formaient des nations distinctes ou des branches de la même race, étaient les plus redoutables de ces tribus. Nous voyons, dons les fragments conservés de ta plus ancienne poésie élégiaque , quelle terreur les Ioniens, et Ëphèse en particulier, ressentaient à l'approche des Cimmériens qui prirent Sardes et qui étaient campés sur les bords du Caystre lorsque le poète Callinus d'Éphèse suppliait Jupiter d'arracher sa ville natale à la cruauté de ses ennemis. Plus lard, sous le règne de Candaule, Magnésie sur le Méandre fut entièrement détruite par les 'frères. La férocité des vainqueurs rendit proverbial le malheur de la ville ruinée. L'invasion fut d'ailleurs passagère. L'année suivante les Milésiens prirent possession dn pays abandonné. Les Cimmériens cependant tourmentèrent la Péninsule pendant de longues années. S'élançant du haut des montagnes de la Paphlagoirie, ils envahirent plus d'une fois les plaines fécondes du Midi sous le règne d'Ardys, successeur de Gygès ; ils s'emparèrent encore de Sardes, à i'ex* ception de la citadelle. Ces barbares furent peut-être détournés par le . bruit répandu qu'une force supérieure de Scythes venait d'entrer en Asie et marchait a leur poursuite le longdes bords de la mer Caspienne. Al jatte, petit-fils d'Ardys , devint enfin assez puissant pour délivrer l'Asie des Cimmériens. C'est aussi vers cette époque que les Mèdes délivrèrent le pays de la présence des Scythes.

Les rois de Lydie devenaient de plus en plus redoutables pour les Grecs leurs voisins. Le peuple , quoique guerrier, cultivait les arts de la paix. Il profitait avec empressement des inventions de la Grèce, et mêlait les usages de ce pays aux coutumes asiatiques. La contrée était riche et possédait surtout beaucoup de métaux précieux. Ce fut des Lydiens que les Ioniens apprirent l'art de frapper lu monnaie. Ils leur durent peut-être aussi les premiers matériaux employés pour écrire. Plus les Lydiens poussaient leurs conquêtes dans le' coeur île l'Asie, plus

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ifint j. c- lis regrettaient d'être séparés de la mer, plus ils ambitionnaient lacouflia' quête des florissantes cités bâties sur la côte. Les invasions des barbares du Nord empêchèrent longtemps l'exécution de leurs plans et sauvèrent l'indépendance des colonies grecques; mais quand ils eurent triomphé de cet obstacle, aucune puissance de l'Asie occidentale ne Grg*i fait pouvait plus s'opposer à leurs progrès. Gygès s'empara, dit-on, de Co-

Y<Jte!F *"* lophon et envahit les territoires de Smyjne et de Milet. Jl se rendit maître de toute la Troatle, et les Milésiens durent obtenir SOU autorisation avant de fonder Abydos(l) sur la frontière septentrionale de cette contrée. Son fils Ardys continua la guerre et occupa Priène. Le troisième roiSadyate dlrigeases attaques principalement contre Milet, et son successeur Alyatte donna suite aux hostilités. Les agresseurs ne purent cependant venir à bout de cette ville; ilsne réussirent pas même à nuire à sa AiT.tte h- prospérité. Pendant les onze années suivantes, dont cinq appartiennent

uqiwHiiat. au règne d' Alyatte, l'armée lydienne pénétra chaque été dans le territoire de Milet, au bruit d'une musique joyeuse , comme s'il s'était agi d'une Tête (î). Les soldats ravageaient les récoltes, mais ils laissaient subsister les maisons, afin que le laboureur put continuer à cultiver la terre. A cela près les Miléslens n' avaient rien à craindre, si ce n'est quand par hasard ils rencontraient l'ennemi dans la campagne. Lenr ville était à l'abri de toute attaque, et la mer leur fournissait des vivres en abondance. Sans doute les rois de Lydie pensaient que, fatigués de se voir privés de la jouissance de leurs jardins et de leurs vignobles, les Milésiens se soumettraient à leur puissance. Dans le cours de la donsterne de ces expéditions II survint un événement qui délivra pour quelque temps la ville de cette vexation. Les Lydiens ayant mis le feu à un champ de blé mur situé auprès d'un temple de Minerve, les flammes consumèrent l'édifice sacré; le roi tomba malade, et, attribuant son mal au sacrilège commis par ses troupes , il se soumit aux injonctions de l'oracle de Delphes qui lui prescrivit de réparer l'outrage fait au sanctuaire. H faut eroire que cette alarme lui Inspira des idées plus pacifiques, car on a peine à croire qu'il ait été la dupe du stratagème rapporté par Hérodote (3). A cette époque Milet était gouvernée par Thrasybule qui, ayant eu connaissance de l'oracle rendu pour Alyatte, se disposa à tromper l'envoyé qu'il savait devoir venir de sa part. Un héraut vint demander une trêve jusqu'à ce que le temple eût été rebâti. Il avait reçu l'ordre d'observer les signes de -détresse qui se manifesteraient dans la ville. Thrasybule prit ses mesures de telle manière que le messager rencontra partout la joie et l'abondance. Alyatte perdit courage quand il entendit le rapport de son envoyé. No n -seulement ilcon-

(1) Slrab., xni, p. 590.

(2) Hérod., I, 17. (mi mprfwn Tt kk'i mUTÎeuv xal aiXcâ <n«*«»sfw ti mi «t- Jputtu. Pindare [Alhén., nv, 37) disait deïerpandre qu'il avait inventé le p«p&Tts:

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tt.™ m. Alhén-, p. BS7. dT J

{31 On ne saurait rien conclure contre ce fait de ce qu'un stratagème lerabhlib tarait été employa à Priise par Bis*. Dtog. de Laérte, i, 83.

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