CHAP. .XIII. — GUERRES KHTBE LA LYDIE ET L'IONIE. *I
struisit deux nouveaux temples en remplacement de celui qui avait été brûle, mais encore il conclut un traité de paix et d'alliance avec Milet. Selon le même historien, ee roi de Lydie régna encore plus de cinquante ans après cet événement. Il mourut sans obtenir aucun autre avantage sur les Grecs que la prise de Smyrne. De son vivant, ses deux fils, Crésus et Pautaléon, ries de .mères différentes, se disputèrent la succession au trône. Il se déclara en faveur de Crésus, è qui il accorda, diton, le gouvernement à' Adramytium et de la plaine de Thèbes, au pied de L'Olympe de Mysie (l). Ce fut peut-être à cette époque que Crésus s'engagea dans une guerre mentionnée par Strabon avec Pruglas, pHnce deBithynie, lequel avait foudéPruse(Brusaa) au piedde l'Olympe mysien. Nous voyons aussi que Crésus prit part à une expédition de son père en Carie (a). On ne sait pas quels furent les résultats de cette dernière entreprise. Ceux qui reconnaîtraient volontiers ia vérité historique dans un agréable conte d'Hérodote où il est question d'une visite de Solon à la cour de Crésus seraient assez disposés à en conclure que le sage d'Athènes trouva Alyatte associé au règne de son père. Que Solon ait pu voir le fils de Crésus sur le trône, c'est ce qui est contraire a tout calcul fondé. Ceserait alors, dit-on, qu'enorgueilli peut-être de quelquevictoire récente, il aurait reçu de Solon un avertissement sur l'inconstance de la fortune et la révélation du secret de la félicité humaine.
Crésus avait trente-cinq ans lorsqu'il arriva au pouvoir. Ce fut alors, lT*5«." si ce n'est pas auparavant, qu'il exécuta tous les projets de son père. D'abord ilassiégea Ephèse, gouvernée par le tyran Pindare,dont la mère étaittille d' Alyatte. A l'instigation de leur chef, les citoyens mirent leur de ^SnT ville sous la protection de leur déesse tutélaire, en liant par une corde Les murailles de ia cité et celles du temple situé à ia distance d'un mille environ. Crésus traita les vaincus avec beaucoup de douceur, mais il força Pindare à céder son pouvoir à son fils {*). 11 attaqua Tune après l'autre, avec le même succès, toutes les villes grecques du continent qui avaient jusque-là conservé leur indépendance. L'humanité des conditions qu'il offrait, sa réputation personnelle, et l'esprit de son gouvernement, facilitèrent peut-être beaucoup ses conquêtes. Il se contentait de l'exercice modéré du pouvoir. Il exigeait un tribut qui était moins un fardeau qu'une marque de soumission. Sur tous tes antres points il permettait à ses nouveaux sujets de régler eux-mêmes leurs propres affaires. Là où l'autorité suprême résidait entre les mains d'un seul homme, le tyran, assisté d'une protection efficace, ne demandait généralement pas mieux que de placer sa position sous la sauvegarde d'un puissant prince, même lorsque cela le forçait à sacrifier quelque
(1) Nie. Damasc., p. 26*9, éd. Tauchn. Conf. Slrab., un, p. 613. Tiv AÎpojhûttW h Si itoTifcni AuSoÎîkïI iri ItbîM Aù^tai ■diiûrrai t* Aîpaiwrrîu AuSû», &; ftit tw" mon tBtotfTWY. — (2)*"j P- 36*. XTijfmnp6UaiiUtt5irpà;Kp6ioi»m)>!frfoiïto'î. Toutefois la leçon est douteuse; et cependant il serait difficile de substituer Ktipt-v en se fondant Sur le passage de Memuon (ap. Pliot., 22*0, G, 39. Bekk.). — (3) Nie. Damasc., u. s. — (4) Hérodote ne parle ni de Pindare ai du siège. Il n'est fait mention dt ces faits que dan» les récita à'Miïeu, IU, 26, et dePalien, ri, bU
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chose de sa dignité. L'esprit de liberté n'était nulle part assez actif pour que la jouissante paisible de la constitution et des lois existantes ne compensât pas largement les inconvénients d'une domination étrangère.
Lorsque Crésusse fut ainsi rendu maître de toute la côte occidentale, il jeta uu regard d'envie sur les lies voisines. Il se disposait à équiper une flotte daus le but de les subjuguer, lorsqu'un Grec lui donna le sage conseil de renoncera ce dessein en luifaisant envisager qu'il allait exposer ses sujets auK chances ii' une lutte inégale sur uu élément qui leur était étranger. Dirigeant donc ses vues d'un autre côté, il agrandit ses possessions sur le continent, au point d'envelopper toutes les nations à l'ouest du fleuve Halys , les Lyeiens et les Cilieiens exceptés. L'empire de Lydie, arrivé à cetétat de puissance , était le plus grand et le plus florissant de tous ceux que les Grecs eussent vus. La repu ta- 14 tion de Crésus se répandit dans tonte la Grèce. Les fleuves de Lydie coulaient, disait-on, sur des sables d'or. Les entrailles des montagnes recelaient des métaux précieux. Le trésor du roi étant immense , sa main était toujours ouverte. Ami des Grecs , il les accueillait à sa cour. Leurs oracles étaient pour lui un objet de respect , et il leur faisait des dons magnifiques. On ajoutait qu'il était .disposé à recherche)' l'amitié de leurs principaux États. Les Lacédémonieus, ayant besoin d'or pour orner l'image d'une divinité, en envoyèrent acheter à Sardes. Crésus donna aux messagers tout ce qu'il leur fallait. L'Athénien Alcmœon ayant reçu amicalement les ambassadeurs que le roi envoyait à Delphes, Crésus l'invita à venir dans sa capitale et lui permit de prendre autant d'or dans son trésor royal qu'il en pourrait emporter. Le Grec employa une ruse pour rendre le fardeau aussi léger que possible. Ce que voyant, le monarque se mit à sourire et récompensa son adresse eu doublant son présent (i). Si les nécessiteux étaient attirés à la cour par l'espérance, de mettre à contribution la munificence du roi, tes sages vinrent à leur tour pour voir et pour s'instruire. C'est ainsi que l'iltacus et Bias eurent occasion de donner à Crésus le conseil de renoncer à l'entreprise imprudente qu'il avait formée contre les insulaires. C'est ainsi que Solo», dans le cours de ses voyages, fut attiré par la curiosité à Sardes, où il reçut l'hospitalité du prince. Seul, le philosophe regarda sans envie et sans admiration les merveilles du palais. Il étonna Crésus en préférant la mort, après une vie remplie de bonnes actions, à une existence embellie par la fortune, mais soumise à tous ses caprices. Belle leçon, mise en oubli Jusqu'à ce que la prospérité de Crésus eût excité lu jalousie des dieux, qui l'accablèrent à son tour de nombreuses calamités.
A l'époque la plus éloignée où les Grecs puissent faire remonter le cours des événements survenus dans l'Asie occidentale, la race assyrienne avait fondé une monarchie puissante. La capitale de cet empire,
t rtço, peiidnnt la lie de ton père.
...t..i de Prié ne, le récompensa, lors-
qu'il fui sur le IrAoe, par le don d'un cliariol chargé d'argent.