‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 90 sur 143 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

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Darius, flls d'Hystaspe. ne fut pas conquérant comme Cy rus et Cambyse; Il semble avoir eu pour règle principale de chercher plutôt la sécurité et l'affermissement de son empire que son agrandissement. Le cours de son règne est presque tout entier signalé par des guerres, maïs elles eurent généralement un caractère défensif, et témoignèrent plutôt de sa prudence et des difficultés de la situation qu'une ambition réfléchie. Ainsi, il arriva que son attention se fixa principalement sur la partie occidentale de ses possessions , où des causes accidentelles le mirent en hostilité avec les Grecs et produisirent les mémorables événements que nous allons maintenant raconter. Si son génie avait ressemblé à celui de ses prédécesseurs, il aurait sans doute tourné ses vues du côté de l'Orient, où les royaumes de l'Inde s'ouvraient devant ses armes. Il parait que l'Indus fut la frontière de son empire; les Indiens qui composaient la vingtième satrapie, et dont le tribut, selon Hérodote, excédait d'un tiers celui des autres sujets, habitaient probablement le moderne Candahar, le Caboul, et les terres voisines situées à l'ouest de l'Indjis. Le prince ne connut que par oui-dire la vaste et riche contrée qui se trouvait au delà, quoique cependant la renommée de la prodigieuse fertilité de ces pays se fût sans doute répandue au loin. Il parait n'avoir jamais formé aucun projet sérieux de conquête de ea côté, bien qu'il ait employé un navigateur grec, Scylax de Caryande , à suivre le cours de l'Indus jusque dans l'Océan, et à visiter la côte depuis son embouchure occidentale.

■ Aussitôt après son avènement an trône, il fut engagé à diriger ses farces contre la Grèce par des Grecs dont l'égoisme avait étouffé tous ras sentiments patriotiques. Les malheurs de Polycrate fournirent l'occasion ou le prétexte. Lorsque le tyran tomba entre les mains du satrape de Sardes, 11 était accompagné, non-seulement par des habitants de Samee, mais encore par un certain nombre d'hommes appartenant à d'autres pays. Comme nous l'avons vu, on congédia les Samiens, mais les étrangers furent détenus dans une prison de Sardes jusqu'à la mort d'Orœte. A cette époque, on les transféra a Suse. Parmi les captifs se

CHAP. XIV. — DÉMOCÈDE. «s

trouvait un médecin nommé Démocède , né a Crotone. Cet homme Dtnocèd. s'étnit acquis une si grande réputation en Grèce, qu'il fut engagé par k Suw- Églnètes pour le service public , avec un salaire annuel. Plus Jard, tes Athéniens se l'attachèrent en lui donnant une somme plus forte des deux tiers ; mais Polycrate, avec sa générosité habituelle, lui fit des offres telles qu'il l'attira a Samos, Démocède resta pendant quelque temps dans l'abandon, à Suse, mais bientôt un accident le rendit à la liberté et à son pays natal! Darius s'étant démis un pied a la chasse, ses chirurgiens égyptiens, les seuls en Perse qui pratiquassent leur art, ne possédèrent pas les connaissances nécessaires pour la circonstance. Au lieu de soulager le malade, ils aggravèrent ses souffrances. Tandis que le roi " se trouvait dans cette situation douloureuse, Il entendit parler de l'habileté de Démocède. Le Grec aurait voulu dissimuler, son talent, dans la crainte de voir prolonger son exil. A la fin, cependant, il se décida a oser de sa science, et il opéra aussitôtuneguértson complète. Le roi lui fit de riches présents et lui promit de lui accorder ce qu'il lui demanderait, excepté la permission de retourner dans son pays.

Quelque temps après, Atossa, fille de Cyrusct la femme favorite de. Darius, eut aussi besoin des secours de Démocède. Dans le cours de son service, le médecin excita la curiosité delà royale malade, en lui taisant la description de son pays natal. Il lui inspira le désir d'avoir auprès d'elle des jeunes filles grecques, ou du moins, Il lui persuada d'adresser à cet égard une demande au roi. Suivant Hérodote, Darius fut ainsi entraîné à laisser aller Démocède dans sa patrie, sous la garde d'un petit nombre de Perses, chargés de visiter, sous la direction du médecin, les côtes de la Grèce et de l'Italie méridionale. Les envoyés devaient ensuite revenir avec leur chef à la cour du monarque. L'auteur que nous venons de citer considère cette expédition comme une démarche préliminaire faite dans le but de procéder plus tard à l'invasion de la Grèce. Revenu a Ciotone, Démocède refusa de quitter sa ville natale. Ses compagnons ne purent réussir à l'entraîner avec eux. A leur retour, les Perses firent naufrage sur les côtes méridionales de l'Italie et furent réduits en esclavage. Ils furent rachetés et reconduitsen Perse par un Tarentin nommé Gillt», alors en exil, qui espérait rentrer dans son pays avec l'appui de la Perse. D'après l'ordre de Darius, les Gnidiens employèrent en sa faveur leur influence, qui était grande à Tarente ; mais Us n'obtinrent aucun succès.

La ruine de Samos fut là première conséquence des malheurs de Po- Syi060r. lycrate. Syloson, le plus jeune frère du tyran, au moment de son exil, s'était réfugié en Egypte. Il y rencontra Darius qui figurait parmi les gardes de Camnyse et il eut le bonheur de rendre service au roi futur. Lorsqu'il entendit parler de la révolution qui donnait un troue à un homme qui était son obligé, Syloson se rendit à la cour et obtint d'être introduit devant le prince. Darius lui demanda quelle récompense il voulait. Celui-ci témoigna le désir d'être mis en possession de l'héritage de son frère et d'être fait tyran de Samos. A cette époque, l'Ile était soumise à Mœandrius, que Polycrate avait nommé gouverneur

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lorsqu'il s'était mis en route pour accomplir son dernier voyage. Après la mort du tyran, son lieutenant voulut d'abord résigner son autorité. Il consacra un autel et un terrain à Jupiter Libérateur ; puis, rassemblant ses concitoyens, il leur déclara son intention de leur rendre la liberté. Il demandait seulement l'autorisation de se réserver uue somme d'argent suffisante pour le maintenir dans une position décente; il sollicitait en outre la jouissance du sol consacré et tes fonctions sacerdotales qui y seraient attachées. Quelque ennemi particulier de Maeandrius, ou quelque farouche républicain, repoussa imprudemment cette ivant alors qu'il ne pouvait pas se dépouiller sans ! Polycrate résolut de conserver son pouvoir et ■s des principaux citoyens. Durant une maladie levolr point se guérir, un de ses frères les mit ■aérne moment, Darius envoya Otanès avec une ylosou daus ses droits. La supériorité de la Perse rendait toute résistance inutile. Mœandrius ca- ■ pitula, à condition qu'on lui permettrait de quitter l'Ile. L'offre fut acceptée, et les généraux perses s'établirent au pied de la citadelle pour attendre l'exécution du traité. Mceandrius avait un autre frère nommé Charilaùs, jeune étourdi qu'il avait mis en prison à là suite de quelques fautes. Charilaùs aperçut à travers les barreaux de son cachot les nobles perses tranquillement assis dans le faubourg. Il sollicita une entrevue avec son frère et le pressa de mettre à profit la négligence imprudente de l'ennemi. 11 s'offrit lui-même pour tenter l'entreprise. Mceandrius, qui n'était pas fâché de contrarier le triomphe de Syloson, autorisa le jeune homme à faire ce qu'il voudrait. Tandis qu'il se. dirigeait à travers un passage voûté vers le vaisseau destiné a l'emmener, Charilaùs arma la garnison, ouvrit les portes de la citadelle, et, tombant soudainement sur les Perses sans méfiance, il les mit en complète déroute. Mais ses progrès furent bientôt arrêtés par le principal corps de l'armée ennemie. La citadelle fut reprise, et Otanès, furieux d'avoir été trahi, ordonna un massacre général, bien que Darius lui eût commandé d'épargner, la vie desSamiens.

Il disposa ses troupes sur une ligne allant d'un rivage de l'Ile à l'autre; puis, chassant toute la population de l'Ile devant lui, il l'accula dans un angle et la fit prisonnière. Syloson prit possession d'un désert. La solitude qu'il avait faite autour de lui passa en proverbe (l). La ville se repeupla dans la suite, mais l'étoile de 'Samos ne retrouva jamais son ancien éclat. Maeandrius s'embarqua avec ses trésors pour Sparte, espérant qu'il déciderait le roi Cléomènc à embrasser sa cause, et qu'il l'aiderait à chasser son rival. Il conduisit le Spartiate à sa demeure au moment où ses esclaves nettoyaient ses vases d'or et d'argent étalés sur un buffet. Cléomène ayant attentivement considéré ces richesses, Mœan- . drius l'invita à choisir ce qui lui plairait le plus ; mais sa vertu ou sa

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