‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 92 sur 143 · CHAP. XIV.— CONQUÊTE DB LA P^ONIE. M · texte numérisé non relu

CHAP. XIV.— CONQUÊTE DB LA P^ONIE. M

de laisser quatre-vingt mille hommes en Europe sous le commandement de Mégabaze, qu'il chargea d'achever la conquête de la Thraee et des autres villes grecques situées sur l'Hellespont, ce qui ne les empêcha pas d'essayer d'entraver la retraite des Perses (l). Darius redoutait tellement de la part des Scythes une invasion 'qu'ils paraissaient méditer (2) et qu'ils tentèrent même sans succès (8), qu'il fit incendier les villes grecques de ta cote asiatique de l'Hellespont {Abydos entre antres), pour les mettre hors d'état de fournir des moyens de transporta ses ennemis (4). Darius demeura quelque temps à Sardes. Il eut soin, dès qu'il fut de retour en Asie, de récompenser les services de Coès et d'Histiee. D'après sa demande, le premier obtint la tyrannie de Mity lène. Histiée sollicita » un territoire traversé par le Strymon, où il fonda une ville appelée Myraine. Le pays voisin abondait en bois de charpente et renfermait des • mines d'argent. La position choisie par Histiée commandait la navigation de Strymon, et sa ville se trouvait favorablement située pour servir d'entrepôt au commerce qui se faisait entre les tribus thraees de l'intérieur et les villes grecques de la côte. Histiée songeait a élever dans ce lieu un État plus florissant que Milet elle-même, dont il avait confié le gouvernement à son cousin Aristagore. I) parait qu'en récompensant ainsi les bons services, on oublia de rien faire pour punir la trahison de * Miltiade, qu'on laissa jouir paisiblement de son gouvernement de la Chersouèse.lly fut troublé par une Invasion des Scythes trois ans avant d'èlre obligé de l'abandonner enfinaux Perses. Cette impunité jette beaucoup de doute'sur la réalité de l'offense, qui était aussi glorieuse pour Athènes que dangereuse pour lui, environné qu'il était par les forces de In Perse.

Mégabaze était un officier capable et actif. 11 commença ses opérations l«» en soumettant Périnthe; il s'avança ensuite pour subjuguer toutes les pJJJjJï tribus thraees qui n'avaient pas encore reconnu le joug de son maître. Tandis qu'il pressait l'exécution de ce projet, il reçut une mission nouvel le qui lui lit tourner ses armes d'un autre côté. A l'époque où Darius résidait a Sardes, deux Pœonieus, cherchant fortune, vinrent dans cette ville avec leur sœur. Ils se flattaient d'exciter la curiosité et l'admiration du roi en lui montrant une femme que les ajustements et les manières de son pays natal rendaient plus belle encore. Ils espéraient le décider à réunir la Pœonie à son empire et à lesehoisir pour gouverneurs de cette nouvelle province. Le dessein de ces ambitieux eut des conséquences auxquelles ils ne s'attendaient pas. Darius fut en effet frappé de la beauté de leur sœur, lorsque, revêtue de Bon costume le plus riche, elle traversait les rues de Sardes pour se rendre au bord de la rivière, portant un vase sur sa tète, conduisant un cheval et faisant tourner Un fuseau entre ses doigts. Il s'informa avec intérêt de la race à Inquelle elle appartenait : quand on lui eut fait connaître la situation de la Pœonie, il envoya à Mégabaze l'ordre de l'envahir et d'en trans- , porter les habitants en Asie, disant qu'il voulait rapprocher de sa périt) Hér., v, 27 — (S) Ibld., Vf, 8i. — (51 IWd., «, iO. — (4) Slrabnu, un,

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sonne un peuple aussi singulier et aussi Industrieux. Les Peeonlens oc-* cupalent les montagnes situées au nord de la Macédoine ; la tribu qne Darius avait conçu le désir de soumettre habitait la vallée supérieure du Strymon. Voyant que les forces réunies de la nation gardaient les passages les plus voisins de la cote, Mégabaze prit des guides et conduisit son armée au cœur même du pays. Lorsque les Patoniens surent que les Perses s'étalent rendus maîtres de leurs villages et de leurs ramilles, Ils se dispersèrent : une partie d'entre eux firent leur soumission, . et Mégabaze emmena en Asie la tribu contre laquelle 11 avait été principalement dirigé. Darius' envoya cette population en Phrygie,

Le territoire d'Amyntas, roi de Macédoine, touchait à la région dans laquelle Mégabaze avait pénétré. Avant de sortir de la Pfennie, le général perse envoya sept ambassadeurs d'un haut rang auprès du prince grec, pour lui demander, au nom de Darius, la terre et l'eau, symboles accoutumés de la soumission. A cette époque, le royaume de Macédoine s'étendait peu à l'est de l'Axius et ne renfermait pas la partie supérieure du cours de ce fleuve. Au sud, il atteignait la base des monts Cambunlens; à l'ouest, ses frontières se perdaient ou milieu du territoire des tribus montagnardes de l'Illyrle, qui, selon leur caprice, reconnaissaient ou défiaient le pouvoir du souverain. La Macédoine avait acquis son étendue actuelle par la conquête successive de plusieurs petits États dont quelques-uns demeuraient distincts, quoiqu'ils fussent généralement soumis et gouvernés par des princes du sang royal, vassaux ou alliés dépendants du roi. La population se composait d'une race-mélangée dans laquelle les conquérants illyriens s'étaient diversement confondus avec les Pélasges plus anciens. Mais la dynastie régnante était de race hellénique sans mélange. Les anciens possédaient deux versions a ce sujet : Ils s'accordaient à regarder cette famille comme la postérité de l'Héraclide Téménus ; mais ils différaient quant à la date île son établissement en Macédoine. Dans l'une des deux traditions, Perdiccas, le fondateur , est le plus jeune des trois frères issus de Téménus. Il s'enfuit d'Argos en Ulyrie et de là en Macédoine, où la faveur des dieux le tira d'une condition servile pour l'élever sur le trône. La version la moins romanesque attribue la fondation de la monarchie à Caranus, frère de Phidon, prince ou tyran d'Argos. Une expédition, a la suite de laquelle un membre de sa famille s'établit dans un pays éloigné, s'accorde si bien avec tout ce que nous savons de cet homme puissant et ambitieux, qu'elle a tout à lait l'apparence d'un fait historique. Il n'est pas nécessaire cependant de rejeter comme une vaine fiction la plus poétique des deux versions , ou de nier que plus d'une bande d'Héraclides on de Dorlens ait pu s'établir à différentes époques dans la même contrée. Dans tous les cas, on a très-anciennement admis, comme deux faits également certains, que les rois furent Grecs et que la population se composa de barbares. Ce dernier point n'a jamais été rais en doute ; quant au premier, il est attesté par un jugement solennel qui eut lieu sous le règne du fils d'Amyntas, le même Alexandre qui occupera une place importante dans l'histoire de cette époque. Il se pré-

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