CHAP. HT. .— AFFAIRES DE MACÉDOINE. MS
senta, dans ledessein peut- Être de trancher la question, comme candidat pour un des prixdécernés aux jeux olympiques. Ses compétiteurs contestèrent le droit qu'il prétendait avoir à figurer sur les listes, alléguant ' que les lois fondamentales de l'institution excluaient les barbares. Mais Alexandre prouva d'une manière si évidente son origine grecque, qu'H détermina les juges à prononcer en sa faveur.
, Àmyiitos consentit à devenir le vassal de Darius et il reçut les am- i* "»«*bassadeurs à sa table avant qu'ils retournassent auprès de Mégabaze. um d**"!» La sobriété n'était pas une vertu des Perses ; les convives s'enivrèrent, p"**et, enorgueillis du succès de leur mission, perdirent tout respect pour les lois de l'hospitalité et de la décence. Ils contraignirent Amyntas a violer les usages de la société grecque en appelant les femmes de sa famille dans la salle du festin à un moment où la prudence aurait dû les faire éloigner si la coutume eut autorisé leur présence. Les conséquences de cet acte furent telles qu'on pouvait le craindre. Le vieux roi dissimula sa colère en voyant l'insolence des étrangers ; mais Alexandre, justement indigné, trouva un prétexté pour introduire quelques jeunes gens' armés qui massacrèrent les Perses. Toutefois, Pressentiment qu' Amyntas avait éprouvé ne put le décider à opposer de la relis tance à Darius. Aussi ce monarque ne vengea point la mort de ses envoyés. Un détachement de Perses se rendit, il est vrai, en Macédoine, pour s'enquérir du sort de leurs compatriotes ; mais Alexandre apaisa le général de Darius en lui donnant la main d'une de ses soeurs et une grande somme d'or.
Dans le cours de son expédition contre les Psoniens, Mégabaze avait remarqué l'usage qu'Histiée avait fait de la générosité de son maître. * Il s'aperçut qu'il rassemblait à Myrcine les éléments d'une puissance formidable qui pouvait nuire un jour à celle de la Perse. Lorsqu'il conduisit ses captifs à Sardes, le général fit part de ses soupçons au monarque, dont I) éveilla la jalousie. Darius résolut d'ôter à Histiée tout moyen de lui nuire. Il lui envoya un messager , en lui faisant dire qu'il avait à le consulter sur une entreprise importante; mais quand il arriva a Sardes, le prince lui annonça qu'il ne pouvait se résoudre à se priver de sa compagnie et de sa conversation : « Quittez Milet, lui dit-il , ainsi que votre nouvelle ville de Thrace, et suivez-mot à Suse, où vous aurez une place à ma table et à mes conseils. » Histiée suivit le roi dans la brillante prison où il devait passer le reste de sa vie, avec' les dispositions d'un ambitieux qui voit ses espérances trompées au moment où elles promettent de se réaliser. Avant de retourner a Suses, Darius nomma Artapherne, son frère d'un autre lit, satrape de la côte asiatique de la mer Egée et des provinces méridionales du royaume de Créant. Sardes, la capitale, continua à être le siège du gouvernement pour cette partie de l'Asie. Le roi chargea Otanès, qui remplaçait Mégabaze, de réduire les cités maritimes qui résistaient encore vers le nord de la mer Pgée. Otanès, qu'il ne faut pas confondre avec le conspirateur de même nom, poursuivit avec vigueur l'œuvre commencée par son prédécesseur. Entre autres villes , il prit dans cette contrée Byzancç et Chaloé-
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tu MSTOIBE DE LA GRÈCE,
doine. Avec t'aide d'une escadre formée par les habitants de Lesbos, il subjugua les lies d'Imbros et de l.emnos, occupées par une population pélasgienne. Lemnos ne se rendît pas sans une vive résistance ; elle fut remise à un frère de M a-andrius, tyran de Samos. Le succès de ces campagnes compensa largement l'échec que Darius avait éprouvé dans son expédition contre les Scythes. Jamais l'empire de Perse n'avait été aussi vaste et aussi prospère. Du soleil levant au soleil couchant, aucune puissance ne pouvait rivaliser avec lui en éclat et en grandeur. Bien n'aurait pu résister à ses armes. Vers la fin du sixième siècle avant notre ère (505-401,), depuis les bords de l'indus jusqu'aux bords de la Thessalie, les peuples se reposèrent à l'ombre de cette monarchie. Ils jouirent d'un de ces intervalles de calme profond qui, dans l'histoire comme dans la nature, précèdent souvent le déchaînement d'une tempête.
La paix universelle fut troublée par une contestation qui s'éleva entre deux partis opposés dans la petite lie de Kaxos. La faction démocratique avait obtenu l'ascendant et forcé ses adversaires, les citoyens les plus opulents, à quitter leur patrie. Us avaient formé, avec Histiée, de ces liens politiques que les partis en Grèce s'efforçaient de contracter avec des étrangers puissants, lorsqu'ils ne se sentaient pas les plus forts chez eux. Aristagoras occupant toujours la place de son paient, à Milet, lesexilésdeNaxoslui demandèrent des secours. Aristagoras était fort disposé à leur rendre service, car Naxns, gouvernée par ses créatures, eut été placée danssa dépendance; mais l'entreprise surpassait ses moyens. L'Ile était la plus grande des Cyclades, sa fertilité et l'industrie de ses habitants l'avaient rendue riche et puissante. Elle entretenait une marine considérable et pouvait mettre huit mille hommes en campagne. Il fallait l'assistance de la Perse pour attaquer un tel adversaire avec quelques chances de succès. Si Aristagoras parvenait à engager Artapherne, son ami personnel, dans cette entreprise, il avait la plus belle chance de remplir sou but immédiat, et de rendre en outre à la Perse un important service qui augmenterait son crédit. Les exilés de Naxos, également pleins de confiance dans l'appui d'un semblable allié, pressèrent encore Aristagoras de bâter ses démarches. En conséquence, il se rendit à Sardes et représenta à Artapherne la facilité avec laquelle il pourrait réunir, non-seulement Naxos, mais encore toutes les Cyclades a l'empire de Darius. Il dirigea même ses vues sur une conquête plus séduisante encore, celle de la grande et puissante ile d'Eubée; il s'offrait à payer lui-même les frais de l'expédition, et promettait en outre au satrape une forte somme. Cent vaisseaux su diraient pour obtenir le succès. Artapherne fut séduit par cette proposition; il offrit de mettre à la disposition d' Aristagoras deux cents vaisseau* avec des troupes dès qu'il aurait obtenu le consentement du roi. Dès qu'il eut une réponse favorable, il confia le commandement de ces forces a Mégabate, Perse d'une haute qualité, en lui ordonnant de mettre à la voile pour Milet, et de prendre a bord les troupes ioniennes rassemblées par Aristagoras.
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CHAT. XIV. — EXPÉDITION DB NAXOS. ta
Le général de Darius désirait entretenir la sécurité de l'ennemi en ii lui laissant supposer que l'expédition avait un but différent et lointain. N" Mégabate se dirigea donc vers l'Hellespont; mais lorsqu'il fut proche de Chios il jeta l'ancre, prêt a prendre avantage du premier vent favorable pour attaquer Naxos et surprendre sa capitale. Tandis qu'il était dans cette situation, il fit un jour la revue de la flotte pour s'assurer si la discipline était bien maintenue par les officiers inférieurs. Il ne trouva point de sentinelle sur un vaisseau deMyndus dont le commandant était absent. IM'envoya chercher, et dès qu'il fut venu, il ordonna de l'attacher sur le bord de sa propre galère, la tête placée dans une des ouvertures qui étaient pratiquées dans les vaisseaux des anciens pour y faire jouer les rames. Tandis que cet officier se trouvait daus une si humiliante posture, on alla raconter ce qui se passait à AHstagoras. Outre que la victime était son ami, il jugea peut-être que la sévéritéde l'amiral perse, tout à fuit étrangère aux sentiments des Grecs, était impolitique et excédait les bornes de son autorité. Ayant essuyé un refus lorsqu'il sollicita le pardon de la faute commise par le prisonnier, il le mit lui-même en liberté. Cet acte d'autorité excita la fureur de Mégabate, fureur qui s'accrut jusqu'à la rage lorsque le Grec refusa de lui obéir et maintint son droit au commandement suprême. Pour blesser son adversaire à l'endroit le plus sensible, Mégabate résolut de désorganiser l'expédition. Il envoya un avertissement secret aux habitants de Naxos pour les mettre en garde contre le danger. Ceux-ci commencèrent aussitôt leurs préparatifs de défense, transportèrent toutes leurs richesses dans la cité, amassèrent de grandes provisions, et fortifièrent leurs murailles. Lorsque la flotte perse parut enfin devant la ville, elle la trouva en état de soutenir un long siège. Vers la fin du quatrième mois, les assaillants n'avait fait aucun progrès, et avaient employé toute la somme d'argent allouée pour cette guerre. Ses trésors étant épuisés, Aristagoras érigea quelques forteresses dans lesquelles il plaça les exilés de Naxos, puis il leva le'siége et s'en retourna a Milet.
Il avait compté que le succès lui fournirait les moyens d'exécuter les a magnifiques promesses qu'il avait faites a Artapheinc. L'issue désas- "« treuse de l'expédition le mit hors d'état de s'acquitter de In dette con- '°" tractée envers le gouvernement perse. Sa position était désespérée. Il ne trouva rien de mieux pour se tirer d'embarras, et pour essayer de rétablir ses affaires, que d'exciter ses compatriotes a la révolte. Au moment même où il roulait ces desseins dans son esprit, il reçut un message d'Histiée qui détermina sa résolution. Histiée pensait, de son côté, qu'une insurrection générale en Ionie pourrait y rendre «a présence nécessaire ou utile, et lui fournirait la seule chance qui lui restât d' échapper à la captivité. Il rasa la tète d'un esclave fidèle, traça quelques lettres sur son crâne avec un fer chaud, et quand sa chevelure fut repoussée il l'envoya à Milet. Aristagoras prit connaissance de ces singulières lettres de créance, et y trouva une invitation à ta révolte. Toutes les villes ioniennes étaient mécontentes de la forme de gouvernement imposée par les Perses, et se montraient disposées à tout risquer pour s'affranchir
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Ut HISTOIRE DE LA GRECE.
du joug. Pour arrêter un plan d'action, Aristagoras assembla quelquesuns des principaux chefs, parmi lesquels se trouvait l'historien Hécatee de Milet ; celui-ci aimait son pays, il appréciait l'indépendance autant que le plus ardent de ses concitoyens; mais il avait lu, voyagé et pensé plus que la plupart des hommes de son temps. Il connaissait la vaste étendue, la puissance colossale de l'empire des Perses. Aussi dissuadant ses amis de s'engager dans une lutte sans espérance. Gependaut ect avis ayant été rejeté, il Insista sur la nécessité de se rendre maître de la mer, et indiqua une des ressources dont on pouvaitjdisposer dans ce but. Les trésors accumulés dans le temple de Branchides, grâce à la piété de plusieurs générations et à la générosité de Crésus, devaient fournir lesmoyensd' équiper une flotte avec laquelle ils pouvaient espérer de faire face à la puissance des barbares. Hécatée exhorta ses compatriotes à s'emparer de tant de richesses avant qu'elles tombassent entre les mains de l'ennemi. Mais les. conjurés étaient plus téméraires que résolus. Le trésor était sacré, ils oublièrent que leur cause ne l'était pas moins. Se décidant à faire la guerre, ils ne surent pas mettre i profit la belle occasion qui se présentait pour s'en procurer les moyens. Une autre mesure reçut l'approbation générale, moins peut-être à cause de ses avantages politiques que parce qu'elle favorisait des passions et des intérêts particuliers. On arrêta qu'un des leurs se rendrait au camp de Myus on étaient encore réunies les troupes revenues du siège de Naxos, et se rendrait maître de la personne des tyrans qui avaient commandé sur la flotte des Perses. Cette tentative fut heureuse, et devint le signal d'une Insurrection générale. Aristagoras, sachant bien que sa sûreté dépendait de la force et du zèle du parti démocratique, se le concilia en résignant sa propre autorité et en livrant les prisonniers faits à Myus aux villes dont ils avaient été |les maîtres. On permit à un grand , nombre d'entre eux de se retirer en exil, mais Coès, le conseiller de * Darius, fut lapidé par le peuple de Mitylène. La liberté se trouva rétablie dans toutes les villes insurgées.
à JMittf"" Après avoir ainsiraffermi la résolution de ses concitoyens, Aristagoras s'embarqua pour la Grèce afin de décider quelques-uns des principaux États à épouser sa cause. Il se, dirigea d'abord vers Sparte, où Cléomène était roi pour la ligné d'Eurystbène, et Dcmarate, pour celle de I'roclès. Cléomène était fils d'Anaxandridas par une seconde femme que les éphores l'avaient forcé d'épouser, tout en lui permettant de conserver la première, à laquelle il était fort attaché quoiqu'elle, parût être stérile. Cependant cette première épouse donna le jour à trois fils, après le second mariage d'Anaxandridas, qui furent lïorieus, Léonldas et Ctéombrote. Dorieus, jeune homme d'un grand courage, espérait succéder à son père. Quand Cléomène lui eut été préféré comme l'héritier légal, il quitta Sparte avec une bande de compagnons. A la suite de plusieurs aventures sur les côtes d'Afrique et d'Italie, il engagea un combat avec les Phéniciens près de Ségeste en Sicile. Le caractère opiniâtre de Cléomène parait lui avoir donne l'avantage sur son collègue, d'un tempérament plus paisible. Il n'avait pas de répugnance pour les entrepri-