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CHAP. XIV. — BATAILLE DE LADE. US

tard par un monument élevé sur In placé publique de Samos. Néanmoins les Lesbiens suivirent le mauvais exemple. L'alarme devint alors générale, et la plus grande partie de la flotte se débanda. Presque seuls, les habitants de Chfos conservèrent leur fermeté au milieu de la consternation universelle, mais leur habileté et leur courage durent enfin céder a la supériorité du nombre. Ils furent forcés de prendre la fuite. Ceux dont les galères étaient hors d'état d'échapper à la poursuite de l'ennemi, gagnèrent le cap Mycale, où ils les abandonncrent/lls continuèrent ensuite leur route vers le nord. Tandis qu'ils traversaient le territoire éphésien au milieu de la nuit pendant que les femmes célébraient une fête, on les prit pour des voleurs et on les tua. Dionysiusde Phocée avait combattu jusqu'au dernier moment, et s'était emparé de trois vaisseaux ennemis. Quand il fut forcé de fuir, il se dirigea vers la Phénicie, coula plusieurs bâtiments marchands, et, chargé de leurs dépouilles, fit voile pour la Sicile. Il s'engagea ensuite dans une guerre sans pitié contre les vieux ennemis de ses concitoyens, les Tyrséaiei» et les Carthaginois.

La chute de Milet suivit de près le désastre de Lade. La capitale A*«mJ-c. de l'Ionie fut prise d'assaut par les Perses six ans après la révolte d'Aristagoras. Les vainqueurs mirent à exécution les menaces dont ils |„"™ avaient accompagné les offres pacifiques qu'ils ai aient faites avant la bataille. Une partie des habitants furent passés au fil de l'épie ; les aurtrès furent emmenés en captivité avec leurs familles. Par l'ordre de Darius, ces exilés furent transportés a l'entrée du golfe Persique, puisélablis dans une ville appelée Ampe, sur les marais situés vers l'embouchure du Tigre. Le sanctuaire de Branehides fut dépouillé de ses trésors sacrés. Milet devenant une colonie perse, on ajouta une partie de son territoire à celui de Pédase. Athènes déplora la destruction de cette ville comme une calamité nationale, et !e poète Phrynichus, qui osa blesser les sentiments du public en faisant de ce malheur le sujet d'une tragédie, fot condamné à une grosse amende. Dans l'année suivante, les autres villes de la côte ionienne éprouvèrent le même sort. Elles ne furent pas, à la vérité, aussi complètement ruinées, mais on enlevales plus beaux de leurs enfants pour peupler ou pour garder le harem du roi. Les Iles de Chios, de Lesbos et do Ténédos perdirent leurs habitants au moyen du procédé employé à Samos par Otanès. La sou mission de l'Ionie fut complète.

Histiée ne survécut pas à la ruine qu'il avait causée. Après la chute de Milet, ne se croyant pas eu sûreté dans le Bosphore, il se dirigea vers Chios avec son escadre lesbienne. Ce fut sans difficulté qu'il se rendit maître dej'lle épuisée par la bataille de Lade. Tl envahit ensuite l'Ile de Thasos avec une force augmentée des débris de la guerre. Mais la nouvelle de l'approche de la flotte perse l'interrompit dans le siège delà ville et le força de faire voile pour Lesbos. Ses troupes manquant de vivres, il passa sur le continent avec l'intention de récolter les moissons de la vallée du Ciùcus. qu'il s'attendait à trouvée sans défense. Il se trompait : un général perse, nommé Harpagus, se trouvait là avec une

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force considérable. Les maraudeurs furent surpris et mis en déroute. Quant a Histiée, ayant été surpris par un cavalier et croyant que la clémence de Darius épargnerait sa vie, il demanda quartier en langue perse, et se fit connaître. On le conduisit devant Artapherne, qui ordonna aussitôt de le mettre en crois, et envoya ensuite sa tête à Suse. La seule personne dans le inonde qui plaignit peut-être sa destinée, ce fut Darius lui-même. Ce monarque honora sa dépouille de riches funérailles, et blâma la trop prompte vengeance du vice-roi.

La flotte perse poursuivit le cours de ses conquêtes dans l'Hellespont. Les villes au nord de la mer Egée furent successivement prises et livrées aux flammes. Les habitants deByzance et de Chalcédoi ne n'attendirent pas l'attaque de l'ennemi ; ils abandonnèrent leurs villes pour en fonder une nouvelle, appelée Mésembrie, sur la cote occidentale de l'Euxin. MiMsd'È' d> Miltiade ne se crut pas non plus en sûreté. Il avait gouverné longtemps la principauté fondée, dans la Chersonèse, par son oncle Miltiade, fils de Cypsélus, pendant le règne de Pisistrate à Athènes. Les Dolonciens, tribu deTbrace, avaient besoin d'un chef qui les protégeât contre les incursions de leurs voisins les sauvages Apsinthfens. Sons la direction de l'oracle de Delphes, grâce à un concours de circonstances accidentelles ou préméditées, ils en trouvèrent un dans le fils de Cypsélus, fort heureux d'échapper à la surveillance jalouse de Pisistrate. Le nouveau général ayant pourvu à la sécurité de la Péninsule confiée à ses soins, au moyen d'une muraille qui traversait l'isthme, fit la guerre à Lampsaque. Il ne fut pas heureux, on le fit prisonnier. Après avoir été délivréà la prière de Crésus, il mourut sans enfant, laissant ses possessions a son neveu Stésagore, fils de Cimon, qui fut aussitôt après assassiné. A cette époque sou frère puîné, Miltiade, se trouvait à Athènes, et Stésagore n'ayant pas laissé de postérité, Pisistrate, qui, au rapport d'Hérodote, avait auparavant ménagé l'assassinat de son père (i ), envoya Miltiade prendre possession du trône vacant. A sou arrivée, celui-ci jugea nécessaire d'affermir son autorité par- la violence. Il se saisit des principaux personnages de la Chersonèse et les jeta en prison. Il prit ensuite cinq ceuts étrangers à sa solde, et accrut ses forces en épousant une princesse de Thrace (S). Cet homme était un tyran dans le véritable sens du mot. Durant l'expédition en Scythie, il accompagnait Darius, comme nous l'avons vu. Le rôle, qu'il joua dans ces circonstances fut apparemment inconnu ou oublié. Après l'Incursion chez les Scythes, à la suite de laquelle il fut chassé de son territoire, ii revint et demeura en paix jusqu'à ce qu'il fût menacé d'une invasion par les armées triomphantes de la Perse. Lorsque la flotte perse quitta Ténédos, il remplit de ses trésorscinq galères, et mit à la voile pour Athènes. Il échappa à la poursuite de l'ennemi qui le serrait de près avec quatre de ses vaisseaux. Le cinquième fut pris, et avec lui son fils Métiochus, que les vainqueurs envoyèrent, dit-on, à Darius comme uneeapture précieuse. Si le père avait en effet encouru la colère du roi, le fils

-;, 59, 103. — (2) C'était une fille d'Glor»*, à laquelle, te père de Thul'historien, qui appartenait à la famille de Miltiade, emprunta un no».

JD.

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