‹ Histoire des origines de la Grèce ancienneChapitre 97 sur 143 · CHAP. XIV. — CONQUÊTE DE L'IONIK · texte numérisé non relu

CHAP. XIV. — CONQUÊTE DE L'IONIK

n'en fut pai moins généreusement traité. Au lieu de le tuer ou de l'earpri sonner, on lui donna une belle position et une femme perse. Quant bu tyran chassé de ses États, il redevint citoyen d'Athènes.

Lorsqu'il eut apaisé le premier transport de sa fureur, lorsqu'il eut suffisamment vengé l'outrage que la rébellion avait fait à la majesté de J'empire, Artapherne organisa le pays conquis, et, pour me servir da langage des Romains, il le réduisit en province. Afin d'effacer tout vestige d'indépendance dans les villes ioniennes, il leur défendit de. décider leurs querelles à la pointu de l'épée. Il appela leurs dé pu tés à Sardes (l), et les força à se lier entre eux par des traités et à soumettre toutes leurs contestations à l'arbitrage. Ensuite il fit dresser un état de leurs territoires, et proportionna leurs tributs à l'étendue de leurs possessions. La somme totale de l'impôt ne fut pas augmentée. Ainsi se rétablit la tranquillité, ainsi revint l'ordre, mais cela aux dépens delà liberté; les villes ressuscitèrent et recouvrèrent sans doute beaucoup de leurs anciens habitants qui avaient pris la fuite pour se soustraire aux premières violences de l'ennemi victorieux. Ces réinstallai ion s Jointes à l'afilueuee de nouveaux colons nous font supposer que la nouvelle population grecque de Milet dut monter à un chiffre plus élevé. Un as après la Tin de la guerre, le gouvernement perse adopta un expédient propre à calmer le mécontentement de ses sujetsioniens età les détourner d'une nouvelle révolte. Mardonlus, gendre du roi, qui succéda i Artapherne, signala son arrivée en Ionie par la déposition des tyrans que son prédécesseur avait placés dans les villes, et par l'établissement d'une constitution démocratique. Ce changement sembla répugner si fort aux principes de la Perse, qu'Hérodote le trouve suffisant pour détruire les objections de ceux qui ne voulaient pas admettre que la démocratie eût rencontré un avocat parmi les sept conspirateurs. Quoi qu'il en soit, cet acte démontre plus de connaissance des hommes, des vues plus larges, des principes politiques plus équitables qu'on ne les aurait attendus d'une cour barbare et despotique. C'est une mesure qui fait honneur à l'intelligence de Mardonius ou de Darius. Une forme populaire de gouvernement donnait carrière aux esprits inquiets qui auraient pu mettre en danger le repos public, et puis la jouissance de la liberté civile et de légalité faisait presque oublier la domination du roi étranger.

Mardonius était arrivé avec de grandes forces destinées à venger A™*^-c- Darius d'Athènes et d'Érétrie. Le général perse comptait en méma temps répandre au loin la terreur. du nom de son maître et fortifier sa dBEl^!ld™ puissance en Europe. Une flotte considérable devait balayer la mer ^™- Egée et requérir l'obéissance des lies, tandis que Mardonius pénétrerait en Grèce par la vole de terre, et soumettrait en route les tribus de la Thrace et de la Macédoine qui n'avaient pas encore été subjuguées.

(1) Parmi ses députés, au rapport de Diodore (Mat., il. p. 38), se trouvai! Hé citéc. C'esl à lui que lea Ioniens durent les conHilirms ji^mos dr douceur qu'ils obtinrent d'Arlapherne. Diodore dil d' Artapherne ! initia** tc.5( ïtl[iOu;t«Î! m&lsyi. Ces expression* s'Appliqueraient mleun à Hardonibft.

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La flotte se dirigea d'abord vers l'Ile de Thasos, qui tirait an grand revenu de ses mines d'or, exploitées pour la première fois par les Phéniciens, et d'autres mines situées sur le continent voisin. Ces richesses ' avaient déjà tenté Histiée, et ses attaques avaient décidé les habitants de cette Ile à augmenter leur marine et à améliorer leurs fortifications. Cette fois, ils se livrèrent sans résistance aux Perses. L'année suivante, lorsque Darius, soupçonnant que leurs préparatifs étaient dirigés contre lui, leur ordonna de démolir leurs murailles et de lui remettre leur flotte, ils obéirent avec un égal empressement. La flotte des Perses fut bientôt après arrêtée au milieu de ses succès par une violente tempête, qui ne détruisit pas moins de trois cents vaisseaux et de vingt raille existences. Mardonius lui-même ne fut pas beaucoup plus heureux. Tandis qu'il traversait la Macédoine, les Brygiens, tribu indépendante d'origine thrace, surprirent son camp au milieu de ta nuit. Il pei'dit un grand nombre de soldats et fut blesse lui-même. Il est vrai qu'il tira vengeance de cette agression et qu'il ne quitta pas le pays sans avoir dompté les Brygiens ; mais ces désastres l'affaiblirent tellement qu'il crut prudent de terminer la campagne par celte conquête et de retourner eu Asie.

Ces accidents n'ébranlèrent pas lu résolution deJDarius, qui reprit l'année suivante ses préparatifs pour envahir la Grèce. Avant de commencer In guerre, il envoya des hérauts auprès des villes grecques qui avaient encouru sa colère. Pour les éprouver, il leur demandait de se soumettre. L'arrivée de ses ambassadeurs donna lieu à quelques changements dans la situation de la Grèce, changements que nous allons rapporter, après avoir brièvement cherché leur origine. Nous avons vu les Athéniens échapper au danger dont les menaçait la vengeance de uktaa'ct c,(;omene P°r l'amitié des Corinthiens et le dissentiment survenu entre tin». les deux rois de Sparte. Nous avons vu aussi qu'ils châtièrent sévèrement Thèbes et Chalcis, et que* les Théhains, trop faibles pour exercer des représailles, avaient demandé l'appui d'Ëglnc, avec laquelle Us étaient liés par une affinité fabuleuse. Mais les Éginètes n'avaient pas besoin de ce motif pour épouser la cause de Thèbes. Us trouvaient des raisons plus fortes dans leur gouvernement oligarchique et dans l'ancienne querelle qui avait suscité une haine implacable entre eux et les Athéniens. Athènes était intervenue en faveur d'Épidaure, son alliée, lorsque celle-ci fut insultée parÉgine, sa colonie révoltée. Les Athéniens envahi ri> nt l'Ile; mais les forces réunies des indigènes et des habitants d'Argos les repoussèrent avec perte. Cet événement motiva, nous venons de le dire, une profonde inimitié enlre les voisins. Une tradition rapporte qu'à dater de ce jour les Athéniens firent changer l'ancien costume de leurs femmes, qui était commun à toute la race dorienne, pour adopter les modes d'iunie. Eu revanche, les marchandises de l'Àttique étaient sévèrement interdites à Égine pour les usages sacrés et peut-être aussi pour les usages profanes. Se rappelant ces anciens griefs et comptant sur la supériorité de leur marine, les Éginètes épousèrent chaudement la cause des Thébains, et firent en Attique l'invasion dont

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