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CHAP. XIV. — INVASION DE L'ATTIQUE. »•

Lydie. Ce dernier, comme neveu du roi, avait an rang supérieur ; mais le privilège de l'Age et de l'expérience militaire se trouvant probablement chez son collègue , celui-ci semble avoir été le véritable chef de l'expédition. Les généraux trouvèrent sur les cotes deCilicie une flotte desix cents trirèmes et des vaisseaux de transport pour le* chevaux. L'armée entière s'embarqua et fit voile d'abord pour Samos. Ensuite, au lieu de Taire le tour de la mer Egée, elle se porta directement vers les Gycla'des. Naxos.quiavaittrompéles efforts d'Aristagoras quand il était soutenu par la puissance perse, fut l'objet de la première et principale attaque. A la vue d'unes flotte si formidable, les Naxiens, perdant courage, abandonnèrent leurs murailles et se réfugièrent dans les montagnes. Les Perses enlevèrent tous ceux qui n'avalent pas eu le temps de s'échapper et livrèrent aux flammes la ville et ses temples. L'Ile sacrée de Délos avait des raisons particulières pour trembler à l'approche d'uu ennemi qui faisait la guerre aux dieux de la Grèce. Ce peuple pacifique, dont la vie s'écoulait au milieu des sacrifices et des fêtes, s'enfuit à Ténos, laissant son temple et ses trésors sous la garde de ses divinités tutélaires. Les Perses avaient entendu dire que Délos était le berceau de deux divinités semblables a celles qui occupaient le principal rang dans leur système religieux, le soleil et la lune. Quelques Grecs, qui déliraient préserver le temple, leur suggérèrent probablement cette comparaison. Le rapprochement semblait confirmé pnr l'Intime union que la légende de Délos établissait entre les divins jumeaux dont la naissance simultanée n'était pas un dogme de la théologie grecque. De là vint que lorsqu'aucun d'eux n'eût inspiré séparément du respect aux barbares, leur commun sanctuaire fut épargné. Si nous en croyons même la tradition accréditée du temps d'Hérodote, Datis accorda les plus grands honneurs au temple. Il ne permit pas que ses vaisseaux touchassent le rivage sacré, et les laissa près de l'Ile de Rhénée, qui en est séparée pnr un étroit canal. Il envoya un héraut auprès des fugitifs pour leur reprocher leurs alarmes mal fondées, et pour les assurer qu'il regardait leurs personnes comme aussi sacrées que leur lie. Enfin, il brûla un énorme amas d'encens précieux sur l'autel. Quoiqu'il soit surprenant, on ne peut nier le fait principal. On ne peut mettre en doute que le temple échappa au désastre. Mais le reste de l'histoire n'est pas moins douteux que le tremblement de terre par lequel, au rapport des habitants ("e Délos, leur Ile fut ébranlée après le départ des Perses, comme pour annoncer les calamités dont la Grèce allait être le théâtre.

La flotte parcourut les îles pour recevoir leur soumission, pour y sw*«de.?Jprendre des renforts et des otages. Ensuite elle se dirigea vers l'Kubée XïV* afin d'accomplir l'un des deux objets principaux de l'expédition. Elle jeta d'abord l'ancre devant Caryste. Les habitants repoussèrent la demande des Perses et ne voulurent pas combattre avec eux contre leurs voisins et leurs frères. Tandis que cette ville se défendait, brétrte, prévoyant une attaque prochaine, envoya demander du secoure aux Athéniens. Ceux-ci confièrent le devoir de protéger Érétrie aux quatre mille citoyen» «ntre lesquels Ils avaient distribué, comme nous l'avons VU,

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les possessions des riches Chalcidiens. Quant à la rite rile-méme. el le était irrésolue et divisée. Une partie des habitants, plus patriotes que hardis, proposaient de suivre l'exemple des Naxiens en se retirant dans les montagnes; d'autres, au contraire, paraissaient impatients d'acheter les bonnes grâces de la Perse. A l'arrivée des Athéniens, on des chefs d'Érétrie leur révéla la situation des affaires et le danger qu'ils couraient d'être abandonnés ou sacrifiés par leurs alliés. D'après son ai is, ils revinrent en Atlique, et l'événement démontra la prudence âe leur retraite. Après la chute de Caryste, les Perses mirent le siège devant Érétrie. Les citoyens qui désiraient se livrer d'eux-mêmes à l'ennemi forcèrent leurs compatriotes à abandonner leur projet de fuite el à soutenir un siège. Pendant sis jours on se défendit avec bravoure, mais le septième, les portes furent ouvertes par trahison. L'infamie de cette action retombe sur deux hommes qu'Hérodote représente comme deux citoyen» de haut rang. Leur trahison fut peut-être dictée par des motifs politiques qui leur faisaient envisager Athènes comme un ennemi plus redoutable et plus haineux que les Perses. Les vainqueurs exécutèrent à la lettre les ordres du roi, afin d'épouvanter les Athéniens en les ren- DutincUoo dant témoins du sort d'Érétrie. On pilla les temples de la ville, on les d'Rréui*. jy^k et on leB faM jUSq„»ail soi Suivant une tradition, qui ne repose, au reste, que sur le témoignage à demi poétique de Platon, l'armée perse dépeupla le territoire entier d'Érétrie, comme elle l'avait déjà fait a Santos et ailleurs. On réunit tous les captifs en un lieu sur, en attendant qu'on pat les conduire près du roi. Ensuite la flotte lit route vers les côtes de l'Attique.

Ut p«m Le vieux tyran, Uippias, qui avait été l'ardent instigateur de l'exà îiinthou. p&jjtj,,^ guidait maintenant les barbares contre sa patrie. D'après son avis, les vaisseaux jetèrent l'ancre dans la baie de Marathon , où ils étaient abrités des venta du Mord par un promontoire qui prend naissance au pied du mont Parnès. L'armée débarqua ensuite dans la plaine oit un espace uni, long de cinq milles (huit kilomètres) et large de deux (trois kilomètres), offrait aux mouvements de la cavalerie une situation favorable qui'se trouve rarement sur le sol inégal de l'Attique. Du côté .* de la terre, la plaine est bornée par des pentes escarpées qui descendent des plus hauts sommets du Pentéltque et du Parnès. Le rapprochement graduel de ces montagnes forme au nord une étroite vallée où coule un petit ruisseau qui, dans sa course vers la mer, partage le ravin en denx parties inégales. Prés du rivage, les terres basses formenl des marécages, ou sont couvertes de petils étangs. C'est dans cette position que les généraux perses s'établirent en attendant le moment opportun de livrer une bataille décisive.

prip.tâtifi Aussitôt qu'on leur annonça la nouvelle du débarquement des Perses ""*' '""à" Marathon, les Athéniens marchèrent à l'ennemi. Ils ne négligèrent rien d'ailleurs pour assurer lesuccèsdu combat. Nou-seulement ils armèrent tous les citoyens en état de servir, mais encore ceux de leurs esclaves , qui se montrèrent disposes à gagner leur liberté à la pointe de l'épée. , En même temps, ils envoyèrent demander du secours à. Sparte par un

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