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CHAPITRE SIXIÈME

septentrional, et attribuait ainsi, dit Strabon, presque toute l'Espagne aux Gaulois (I).

C'est donc une confusion de noms et de limites qui aura porté Xiphilin ou ses copistes à attribuer sans fondement aux Cantabres la nationalité celtique; comme une fausse apparence, fondée sur un passage de PUne, a porté M. Bladé à croire qu'il y avait des Celtibères en Portugal et en Andalousie.

a Les Celtiques de la Béturie , dit Pline, sont des Celtibères venus de Lusitanie ; tout le prouve, le culte, la langue, les noms des villes (2). »

Nous avons en effet trouvé des Celtes établis sur toute la côte du Portugal; entre la Guadiana et leTage, les Cynèteset les Vénètes; entre le Tage et le Mondégo, les Celtes de Pline; entre le Mondego et le Duero, tous les Celtes de Mêla.

D'où étaient venus ces Celtes qui couvraient ainsi la côte du Portugal, de l'ouest à l'est, jusqu'à la rive gauche de la Guadiana, en Andalousie? — Strabon nous l'apprend, en disant qu'ils appartenaient à la famille des Celtes Nériens, établis, avec les Artabres, autour du cap Finisterre (3).

Du moment que les Celtes portugais et andalous venaient du cap Finisterre, Pline pouvait très-correctement les appeler Celtibères, car le cap Finisterre était compris dans la CelHbérie géographique et administrative de l'Espagne, depuis le commencement du règne d'Auguste.

En résumé, il faut en revenir, pour la consanguinité des Cantabres et des Vascons, aux faits matériels et indiscutables. Or, trois de ces faits prouvent sans réplique qu'entre les Vascons et les Cantabres il y avait identité de langue et par conséquent de nationalité.

C'est un premier fait incontestable que les anciens Vascons, qui portent depuis le huitième siècle le nom de Basques, occupent encore, et depuis deux mille ans, en Espagne le versant méridional des Pyrénées , entre le rio Aragon , à l'est , et la mer, k l'ouest. Ce peuple a conservé invariablement les établissements nationaux de ses ancêtres. Il possède toujours pour villes principales Calahorra et Pampelune, comme du temps de

(1) Strab., Geogroph.t lib. lY, cap. lY, $ 6.

(2) Plin., HUtor. natur., Ub. III, cap, III.

(3) Strab., Geograpk., lib. III, cap. III, $ 5.

Serlorius et de Pompée^ et Oiayrzun, près de Fontarabie, comme du temps du géographe Ptolémée.

C'est un deuxième fait incontestable que la langue des Basques n'est point parlée seulement dans ce territoire, qu'ils occupent traditionnellement, et qui appartient tout entier à la Navarre, sauf la pointe septentrionale comprise entre Oiayrzun et le cap du Figuier, et qui appartient au Guipuscoa. La langue basque s'étend encore beaucoup plus au sud, hors du territoire des anciens Vascons; elle couvre trois provinces dites Vascongades, dont les deux premières longent la mer; le Guipuscoa, du cap du Figuier à Motrico ; la Biscaye, de Motrico à Santona. La troisième, TAlava, est dans les terre», à la suite des deux premières, et s'étend, à l'est, jusqu'à Logrono, sur l'Èbre.

Enfin , c'est un troisième fait incontestable que la position occupée depuis deux mille ans par les Cantabres correspond au moins à la Biscaye et à TAIava actuels. En effet, des textes authentiques ne permettent pas de reculer les anciens Cantabres, le long de la mer, plus au sud que Santona, limité de la Biscaye. Ptolémée place entre les Astures et les Cantabres , et au sud de ces derniers, un peuple maritime qu'il nomme les Pœsici y et qui avait pour capitale Flavionavia (1), dans laquelle on est unanime à reconnaître Santander ; ce qui pousse les Cantabres, au nord, jusqu'à Santona; d'un autre côté, Pline déclare formellement que l'Èbre prenait sa source chez les Cantabres, ce qui les pousse, à l'est, jusqu'à l'extrême limite de l'Alava (2).

La conséquence qui découle de ces trois faits matériels est visible, logique et concluante (3).

(1) Cellarias, Geograph. aniic., 1. 1, c. II, sect. 3, § LVI.

(2) Plin., Hist. nat., l. III, c. III.

(3) La tentative de M. Bladé, pour donner des nationalités différentes aux Cantabres et aux Vascons comprend deux thèses distinctes.

Dans la première, il énumère les peuples placés entre les Vascons et les Cantabres.

Dans la seconde, il conclut de cette séparation que ces deux peuples étaient de nationalité différente, et il affirme spécialement que les Cantabres étaient des Celtes.

La première partie, avec tous ses développements, est empruntée à Othénart, Nota, utriusque Vasconix, lib. I,cap. l, II, V, VI.

La seconde appartient en entier à M. Bladé.

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