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CHAPITRE SllLlÉME

La langue et la nationalité sont deux choses qui se confondent; et puisque le pays qui a été sans interruption et de tout temps le séjour des Cantabres parle la langue des Basques, c'est une preuve irréfragable que les Basques et les Cantabres ont la même origine et appartiennent à la même nation.

La tradition historique confirme ces principes élémentaires de la philologie.

De tout temps les Cantabres et les Vascons ont été confondus.

De tout temps le nom de langue cantabre a désigné la langue Basque.

D'abord les Romains appelaient indifféremment Vascons ou

Cantabres les habitants de la Yasconie. La preuve en est dans Ju-

vénal. Ayant à caractériser la sauvage énergie des habitants de

Calahorra pendant la guerre de Sertorius , il les appelle d'abord

Vascons, ensuite Santabres.

a On dit que les Vascons prolongèrent leur vie en buvant du

Non-seulement Oïhénarl ne conclut pas de la séparation des Vascons et des Cantabres qu*i]s étaient de nationalité différente; mais il affirme nettement que ces deux peuples étaient de même race et de même langue, et il donne les raisons de son sentiment, dans le chapitre YI.

En général, Oïhénart, Basque très- instruit, est un excellent guide en ces matières. Néanmoins, les meilleurs historiens ont des détails faibles, que la critique doit examiner de près.

Tel est le cas de son chapitre III du livre F*', où, dans son désir de rejeter les Cantabres au sad, il les pousse, par dessus TAsturie de Santillane, jusqu'à TAsturie d^Oviédo. Cette théorie se brise devant les deux nécessités que nous venons d'indiquer, et qui sont :>

1** Nécessité de placer les Cantabres au nord de Santander,' pour laisser la place aux Pstsici, que Ptolémée y place, à la suite des Astures.

2^ Nécessité de faire arriver les Cantabres jusqu'aux sources de PÈbre, au fond de l*Alava, pour rester fidèle au texte de Pline.

En faisant commencer les Cantabres à Laredo, au nord de Santona, pour les étendre, par dessus Santander, jusqu*à TAsturie d'Oviédo, Oïhénart enlève leur place wïxPœsici, peuples d'autant plus autorisés à rester chez eux qu'ils y sont encore, sous le nom de Pasiégos, ainsi que l'explique d'une façon fort intéressante M. Graslin, ancien consul de Trance à Santander, dans son livre intitulé De VIbérie.

An reste, la séparation géographique des Cantabres et des Vascons perd beaucoup de son intérêt si l'on reconnaît, avec Oïhénart, que cette séparation n'implique pas des nationalités différentes.

Ils parlent la même langue, donc Us sont frères; car la langue est le signe extérieur de la nationalité.

sang humain ; b — a Mais un Gantabre pouvait-il être Stoïcien, surtout du temps de l'antique Métellus (i) ? i>

Cette confusion des Yascons et des Cantabres continua^ après la chute de l'empire romain et l'envahissement de l'Espagne par les Gotbs. Les lecteurs qui auraient intérêt à connaître sur ce fait les témoignages des dirooiqueurs contemporains les trouveront dans Oïhénart (2). Nous nous bornerons à traduire ici le passage dans lequel, après avoir exposé la confb^on traditionnelle des peuples de la Yasconie et de la Cantabrie» (Khénart mentionne les causes qui l'avaient, suivant lui, naturellement amenée :

a  ces faits viennent se joindre des considérations importantes, la communauté du nom , des mœurs et de la langue. En effet, ces trois peuples de la Biscaye, de l'Alava et du Guipuscoa, les Français les appellent également tous des Basques, nom qui, avec un petit changement dans la forme, reproduit celui de Yascons. Les Espagnols nonunent ces trois peuples Bascongados, et leur langue Bascuence, double appellation que le nom des Yascons a également produite (3). »

Il serait superflu d'insister encore sur l'identité des Cantabres et des Basques ; elle est désormais hors de toute contestation sérieuse. Ajoutons seulement que les hommes les plus versés dans l'histoire de ces peuples désignent indifféremment l'idiome basque par le nom de langue Cantabrique ou Vascongade. C'est ce que constate Oïhénart, dans le premier chapitre de son livre; et Hervas s'exprime ainsi dans lar traduction espagnole de son Catalogo : s> la lengua Cantabra, Uamada communmente Bascongada (4) ; » c'est-à-dire, la langue Cantabre, appelée ordinairement Bascongade.

Yoilà donc nettement dégagé, du sein des populations générales et permanentes de l'Espagne , l'élément étranger qui ,

(1) Yascones, ut fama est, aliméntis talibos usi, Produxere animas...

Sed Caotaber nude Stoicus, antiqui pnesertim œtale Metelli?

Juven., Satir. XV, v. 94, 95, 109, 110.

(2) Oïhénart, Nùtit. utriusque Vasconia, 1. 1, cap. I et.V. (3)/6ief.,lib. I, cap. VI.

(4) Henras , Catalogo de las lenguas de las naciones conoddaSy tratado III, t. m, in-8^ Madrid, 1800.

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