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identiques avec nos patois français, et qui attestent, depuis deux mille six cents ans, la persistance invincible de la langue gauloise.
Ces aperçus, alors nouveaux, frappèrent quelques grands esprits. L'illustre Leibnitz, dans une lettre à Gérard Meyer, appréciait ainsi les idées de Pezron : a Je tiens pour Celtes les éléments communs à l'allemand, au latin ou au cambrique. Quand je pai'le du latin, j'entends les côtés par lesquels il diffère du grec; car, parmi les peuples de l'Italie, ceux qui ne proviennent pas des Grecs ou des autres populations situées sur l'autre bord de la Méditerranée, proviennent certainement des Celtes (i) ».
Deux causes différentes détournèrent les esprits appliqués à l'étude des origines de la langue française de la voie où Pezron et Jacques Martin venaient de s'engager.
La première, ce fut l'ardeur avec laquelle les érudits se jetèrent dans la publication des anciens manuscrits, composés en langue dite romane; — la seconde, ce fut la fausse interprétation donnée aux mots de langue celtique.
L'existence d'un très-grand nombre de récits, de poèmes, de traductions composés en vieux langage, la plupart sur des sujets plus ou moins nationaux ou religieux, était depuis longtemps constatée. Certains de ces manuscrits remontaient notoirement au onzième siècle, ce qui donnait aux dialectes dans lesquels ils sont écrits une ancienneté beaucoup plus grande. Des fi*agments nombreux en avaient été cités; le Roman de la Rose, commencé par Guillaume de Lorris , vers le milieu du treizième siècle, continué peu de temps après par Jean de Meung, était devenu, surtout depuis l'édition donnée par Marot, en 1527, le modèle le plus connu et le plus vanté de ces sortes de compositions. Il se faisait d'ailleurs un retour vers les traditions nationales, par l'abus excessif des sujets grecs et romains. La Chevalerie, les Troubadours étaient étudiés. La Cume de Sainte-Palaye. mort en 1781, venait de remettre ces études en honneur. Les érudits se jetèrent à l'envi sur les manuscrits du moyen âge.
Barbazan, mort en 1770, Legrand d'Aussy, mort en 1800, publièrent des Fabliaux et des Contes, Roquefort, compilateur labo-
(1) « Quod commane germanico, latino vel cambrico, id celtunn milii; laUno, inquam, qua grœco difTert; nam Itallœ populi, qui noD a grœcis vel aliis transmarinis, certe a Ceitiavenere. » — f x respons, S. S. Leibnit. ad Gérard, Meieri Uiter.'CoUeeian. EUmoloçic.<,Uim, XI, part. Il, oper. omnia. Gêner. 1768.