LA56UB -FRA1IÇA15E
rieoXy niais assez superficiel, donna, en 1808, un Glossaire de la langue romane.
Ainsi, le branle était donné aux publications des anciens manuscrits, et le public était initié pour la première fois, d'une manière sérieuse, à la connaissance des dialectes primitifs de la France. Mais le temps des fortes études d'histoire et de critique n'était pas encore venu ; l'empire relevait avec peine l'enseignement désorganisé par la tourmente révolutionnaire.
D'un autre coté, l'espèce d'enthousiasme avec lequel les œuvres des poètes nationaux du moyen Age étaient recherchées égara un instant les meilleurs esprits.
L'empereur Napoléon, qui avait fait des poèmes d'Ossian l'une de ses lectures favorites, ordonna de rechercher les débris de l'ancienne langue celtique. Par son ordre, M. de Cliampagny, ministre de l'intérieur et de l'instruction publique, demanda et fit exécuter, dans tous les départements, en 1807, une traduction de la parabole de V Enfant prodigue, en langue vulgaire et traditionnelle. Cet essai révéla l'existence de plus de cent dialectes ou patois différents, parlés tant par les populations rurales que par la population ouvrière et marchande des villes.
Au milieu de cet élan patriotique, la Bretagne se signala par sa ferveur. Sa situation géographique, le défaut de communications, avaient conservé à ses quatre grands dialectes de Léon, de Vannes, de Tréguier et de Gornouailles, leur saveur et leur étrangeté natives. Une Académie celtique fut fondée et tint sa première séance le 9 germinal an XIII, — 30 mars 1805. Deux ans plus tard, en 1807, paraissait la grammaire Celto-Bretonne du modeste^et savant Legonidec.
Le tort, tort historique , de l'Académie Gehique , fut de considérer le bas-breton comme le type unique de la langue des Celtes, dont cet idiome n'est réellement qu'un dialecte. Nous montrerons en effet dans un des chapitres de ce livre que la désignation de Celtes s'était primitivement appliquée à tous les peuples de l'ancienne Gaule, sans exception, et que les Bretons, par conséquent, n'étaient ni plus ni moins Celtes que les Parisiens, les Auvergnats ou les Provençaux.
L'idée de considérer le bas-breton comme un type unique et national, et d'en faire dériver les cent autres dialectes de la France, était à la fois une conception fausse et un outrage adressé au dialecte devenu la langue française. Cette attaque fut vivement sentie.